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Deux bombardiers stratégiques russes frôlent l'espace aérien canadien dans l'Arctique

Vue en contre plongé d'un avion derrière lequel traîne un long tuyau muni d'un entonnoir qui s'approche du nez d'un plus petit avion qui le suit.

Un avion de ravitaillement en vol russe (à droite) effectue le plein d'un bombardier stratégique russe TU-160 (à gauche), le même type de bombardier qui a frôlé l'espace aérien canadien vendredi matin.

Photo : Associated Press / Alexander Zemlianichenko

La Presse canadienne

Vendredi matin, deux bombardiers russes à longue portée, capables de transporter des missiles nucléaires, ont frôlé l'espace aérien canadien, ce qui apporte de l'eau au moulin d'un officier supérieur qui jugeait récemment que le système d'alerte précoce de l'Amérique du Nord était désuet.

Le Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD) a indiqué que les deux bombardiers stratégiques Tu-160 russes ont traversé le pôle Nord et se sont approchés de l'espace aérien canadien depuis l'ouest de la Russie. Ils sont toutefois demeurés dans l'espace aérien international avant de faire demi-tour.

Le NORAD a suivi les bombardiers supersoniques lorsqu'ils traversaient la zone canadienne d'identification de défense aérienne. Cette zone de l'espace aérien international est surveillée par les militaires afin de la protéger contre toute attaque éventuelle. Toutefois, le commandement nord-américain n'a pas fait décoller d'urgence des chasseurs pour intercepter les Russes.

C'est la première fois que des bombardiers russes sont détectés près de l'Amérique du Nord depuis le mois d'août. À ce moment-là, la Russie avait, entre autres, effectué un certain nombre de vols de bombardiers dans l'Arctique et les pays baltes.

Nos adversaires continuent de faire étalage de leurs systèmes d'armements à longue portée et de s'engager dans des efforts de plus en plus soutenus, notamment en s'approchant des États-Unis et du Canada, a indiqué vendredi, dans un communiqué, le général Terrence J. O'Shaughnessy, commandant américain du NORAD.

Le NORAD est motivé par une seule priorité, inflexible : défendre nos patries, les États-Unis et le Canada, contre toute attaque.

Une citation de :Terrence J. O'Shaughnessy, commandant américain, NORAD

Système obsolète

Ce vol fait suite à des avertissements en nombre grandissant d'officiers militaires canadiens et américains, dont le commandant O'Shaughnessy, qui déplorent depuis quelque temps l'obsolescence de la technologie utilisée par le NORAD pour détecter les menaces contre l'Amérique du Nord par voie aérienne et maritime. Plusieurs officiers, canadiens et américains, ont souligné que le système d'alerte précoce du NORAD, qui comprend une chaîne de radars des années 1980 dans l'Arctique canadien, est devenu désuet.

Cette semaine encore, le commodore canadien Jamie Clarke, directeur adjoint de la stratégie du NORAD, estimait que ce système ne pouvait détecter les bombardiers russes à longue portée avant qu'ils ne soient en mesure de lancer des missiles sur le continent. Le gouvernement canadien soutient qu'il est déterminé à moderniser le système, mais les pourparlers avec Washington ont été réduits et aucun budget n'a été réservé à ce qui devrait être un projet de plusieurs milliards de dollars.

La technologie du NORAD a été mise à niveau pour la dernière fois dans les années 1980, en pleine guerre froide. Les États-Unis peuvent toutefois, depuis le milieu des années 2000, tirer sur des missiles entrants, mais le Canada a décidé en 2005 de ne pas participer à ce programme de défense antimissile balistique.

Depuis lors, la Russie et la Chine mettent au point et fabriquent de nouvelles armes pouvant frapper l'Amérique du Nord à distance, notamment des missiles de croisière et hypersoniques ainsi que des drones. Cet arsenal compte également des sous-marins et des navires plus perfectionnés, ainsi que des armes spatiales et cybernétiques.

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