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Peut-on espérer rapidement un vaccin contre le coronavirus?

Structure en trois dimensions du virus.

Illustration du nouveau coronavirus.

Photo : via reuters / Centers for Disease Control

Si un test a rapidement été mis au point pour identifier le nouveau coronavirus, la création d’un vaccin pourrait se révéler beaucoup plus longue et complexe.


1. Est-ce qu’un vaccin est actuellement en cours de production?

Non, mais le travail pour y arriver a commencé.

Au départ, quand on tente de créer un vaccin pour un virus en particulier, on ne sait pas nécessairement qu’elle est la façon ou la méthode qui va donner de bons résultats, explique le Dr Raymond Tellier, microbiologiste au Centre universitaire de santé McGill.

Les chercheurs travaillent actuellement sur plusieurs pistes, notamment à partir de ce qu’ils ont appris au moment de crise du SRAS en 2003.


2. Qui travaille à la création du vaccin?

Des gouvernements (par le biais d'agences publiques) donnent des subventions de recherche à des laboratoires privés et publics. Des compagnies pharmaceutiques investissement également dans l’élaboration d’un vaccin.

C'est un peu une chasse ouverte.

Le Dr Raymond Tellier

Un laboratoire de l'Université de Saskatchewan, qui a déjà créé avec succès des vaccins contre les souches de coronavirus liées aux animaux d'élevage, tente actuellement de mettre au point un vaccin. Il a reçu l'autorisation de l'Agence de la santé publique du Canada pour effectuer des tests.


3. Existe-t-il une coordination internationale?

Il n'y a pas d'organisme international qui a autorité pour chapeauter tous les travaux, explique le Dr Tellier.


4. Pourrions-nous nous inspirer de la crise du SRAS pour créer un vaccin?

Vous pouvez être certain que les groupes qui travaillent sur un vaccin se sont inspirés des travaux qui avaient été faits pour le SRAS, affirme le Dr Tellier. Ces recherches ont été interrompues après la maîtrise de l’épidémie et l'éradication du virus.

Il restait encore beaucoup de travail à faire. Il y avait des pistes prometteuses qui donnaient des bons résultats, mais qui n'étaient pas encore au point.

Le Dr Raymond Tellier

Un vaccin n’était pas encore sur le point d'être breveté, mais il y avait certainement des avenues qui pourraient être reprises avec le même degré de succès pour ce nouveau virus, poursuit le chercheur.

Le coronavirus du SRAS vu sous un microscope.

Le coronavirus du SRAS vu sous un microscope.

Photo : AFP/British Health Protection Agency


5. Est-ce que ce type de virus est un bon candidat pour l’élaboration d’un vaccin?

Oui, les coronavirus sont de bons candidats pour des vaccins.

Ce ne sont pas des virus qui causent des infections chroniques, ce ne sont pas des virus qui ont des stratégies très développées pour échapper continuellement au système immunitaire.

Le Dr Raymond Tellier

En outre, ce ne sont pas des virus qui attaquent le système immunitaire comme le virus du VIH.

Il y a suffisamment de choses qui permettent d'être optimiste.

Le Dr Raymond Tellier

6. En combien de temps peut-on espérer obtenir un vaccin?

Au minimum plusieurs mois, voire un an, estime le Dr Tellier.

Après les tests sur les animaux et les humains, des permis doivent être délivrés et les vaccins doivent être fabriqués en masse.

Évidemment, si on a affaire à une pandémie catastrophique, il y a des étapes qu’on peut peut-être accélérer, tout en sachant qu’il y a des risques de possibles effets secondaires qui n’ont pas été éliminés.

Le Dr Raymond Tellier

7. Quelles sont les étapes habituelles de la création d’un vaccin?

Dans un premier temps, on teste notre [candidat] vaccin dans un modèle animal, explique Pierre Talbot, directeur du Laboratoire de neuro-immunovirologie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).

Des essais cliniques sur l’humain sont ensuite réalisés. Si un vaccin jugé sécuritaire induit la réponse immunitaire et la protection attendues, il peut être produit en masse pour permettre la vaccination de la population.

Phase un pour les mesures de toxicité, phase deux pour l’efficacité. Puis une dernière étape : le vaccin est alors testé à plus grande échelle, c'est-à-dire sur plusieurs centaines ou même plusieurs milliers de patients.

Pierre Talbot

La phase trois des essais permet aux chercheurs de mieux comprendre l'efficacité et les avantages du médicament, ainsi que les réactions négatives que celui-ci peut provoquer, affirme Pierre Talbot.


8. Est-ce possible que le coronavirus disparaisse avant qu’on arrive avec un vaccin?

Oui. C’est ça que je me tue à dire aux journalistes, mais ils ne veulent pas m’écouter!, dit en riant Pierre Talbot.

Le SRAS avait disparu en huit mois. Comme le nouveau coronavirus lui ressemble beaucoup, et qu’il serait même moins méchant, je pense que dans quelques semaines, quelques mois au plus, l’épidémie pourrait être stoppée par les mesures mises en place en Chine et dans les pays où il y a des personnes infectées.

Pierre Talbot

9. Serait-il judicieux de continuer la recherche d’un vaccin même si, comme dans le cas du SRAS, la présente épidémie est finalement maîtrisée avant sa création?

Il est aujourd’hui raisonnable de penser que d’autres types d’épidémies semblables se présenteront à intervalles irréguliers dans l’avenir.

Après le SRAS, on pouvait toujours dire : non, c'était un événement unique, mais on en est au troisième coronavirus émergent majeur en quelques années, donc cet argument est de plus en plus convaincant, explique le Dr Tellier.

Il faudrait qu'on trouve une méthodologie ou une recette pour faire un vaccin qui, [même s]'il ne sera peut-être pas utilisable immédiatement pour le prochain coronavirus, permettra de montrer une approche qui marche pour créer un vaccin.

Le Dr Raymond Tellier

10. Est-ce possible que l’on ne réussisse pas à créer un vaccin?

La chose serait surprenante, estime Pierre Talbot.

Je pense que le virus est assez simple dans sa méthode de propagation pour qu’un vaccin soit possible.

Pierre Talbot

De son côté, le Dr Tellier reste ouvert à cette possibilité.

Le problème, comme je le dis parfois à la blague, le design de vaccin est un peu comme du vaudou.

Le Dr Raymond Tellier

On a beaucoup de recettes, mais il n'y en a aucune qui est infaillible. On ne sait pas à l'avance qu'est-ce qui va marcher. Il faut essayer bien des choses, et il y a des fois où, avec les virus, on n'y arrive toujours pas, conclut le Dr Tellier.

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