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Les jeux vidéo de sport se féminisent peu à peu

Une capture d'écran des joueuses de l'équipe nationale féminine de soccer du Canada dans le jeu FIFA 2016.

C’est dans l’édition 2016 de la célèbre franchise de jeux de soccer d’EA Sports, FIFA, que les équipes féminines ont fait leur entrée dans le monde des simulations de soccer.

Photo : Capture d'écran YouTube / Electronic Arts

Agence France-Presse

Longtemps exclusivement masculines, les simulations de sports d’équipe dans les jeux vidéo accordent de plus en plus de place aux sportives de haut niveau, signe de leur importance grandissante sur les terrains physiques.

C’est dans l’édition 2016 de la célèbre franchise de jeux de soccer d’EA Sports, FIFA, que les équipes féminines ont fait leur entrée dans le monde des simulations de soccer. Une douzaine d’équipes nationales féminines avaient alors été intégrées aux jeux.

Signe de l’importance du soccer féminin en Amérique du Nord, l’éditeur avait alors associé une joueuse à Lionel Messi sur la couverture du jeu : l’Américaine Alex Morgan aux États-Unis et la Canadienne Christine Sinclair, depuis peu meilleure buteuse de l’histoire des sélections, tous genres confondus.

Cette évolution est évidemment vue d’un bon œil par les joueuses.

On s’identifie plus facilement, c’est évident, c’est comme pour la diffusion du sport féminin à la télévision, ça permet de le mettre en avant, souligne la joueuse professionnelle de jeux vidéo Floriane Zini, qui s’interroge cependant : Est-ce que cela va plus inciter des femmes à acheter un jeu qui reste identifié plus “mec”?

C’est un choix important que FIFA ait des équipes féminines. Mais cela s’est fait de manière un peu spéciale, car en 2016, quand on a intégré les femmes, elles n'ont pas mises en avant d’un point de vue marketing, sauf dans quelques marchés comme aux États-Unis, relève Fanny Lignon, chercheuse au CNRS et maîtresse de conférence à l’Université Lyon 1, spécialiste des représentations de genre dans les jeux vidéo.

Entreprise américaine, Electronic Arts, le développeur de FIFA, aurait pu tenter bien plus tôt l’aventure du soccer féminin, alors qu’aux États-Unis, ce dernier est professionnel depuis le début des années 2000. Mais à l’époque, les Américaines étaient encore une exception.

Dès lors qu’ils ont senti que le soccer féminin montait en Europe et au niveau international, ils ont commencé à intégrer les filles, souligne Vincent Chaudel, fondateur de l’Observatoire du sport business.

Une intégration qui reste limitée

Après le soccer, le basket féminin a fait son apparition dans les simulations d’EA Sports, avec l’intégration de la WNBA dans NBA Live 18. L’éditeur a été suivi deux ans plus tard par son concurrent, 2K, avec NBA 2K20.

Pour 2K, la réaction des joueurs et joueuses a été très positive jusqu’ici, avec des millions de matchs de WNBA joués depuis la sortie de la dernière édition, selon un porte-parole du groupe.

Nous réfléchissions à intégrer la WNBA depuis un moment, et NBA 2K20 nous a semblé être le bon moment. Cela nous a demandé un travail important, pour apporter le même niveau de détail que pour la NBA, afin de nous assurer que les matchs féminins soient un reflet fidèle de la WNBA, détaille ce porte-parole.

Capture d'écran mettant en scène une joueuse de basket dans le jeu NBA 2K20. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Après le soccer, le basket féminin a fait son apparition dans les simulations d’EA Sports, avec l’intégration de la WNBA dans NBA Live 18. L’éditeur a été suivi deux ans plus tard par son concurrent, 2K, avec NBA 2K20.

Photo : 2K Games

L’intégration des joueuses dans NBA 2K reste cependant limitée puisqu’elles peuvent que faire des matchs simples ou jouer une saison de WNBA : pas de mode carrière, franchise ou même MyTeam, les modes pourtant les plus plébiscités par les adeptes.

Dans un cas comme dans l’autre, le fait d’intégrer des équipes féminines demande un travail important de la part des équipes de développeurs et développeuses, qui doivent retranscrire, pour permettre à la personne qui joue de ressentir, manette en main, les spécificités propres aux joueuses, comme leur technique, leur rythme ou leur manière de jouer.

Pour être crédibles, les éditeurs doivent faire un énorme travail de données sur les sports féminins, c’est beaucoup d’investissement. Côté “gamers”, dans un premier temps c’est sans doute de la curiosité, mais petit à petit cela peut aller bien au-delà, estime Vincent Chaudel.

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