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Une garantie restrictive pour votre auto qui peut coûter cher...

La voiture est de couleur rouge.

Le pare-chocs de la voiture est légèrement égratigné.

Photo : Radio-Canada

Les concessionnaires automobiles offrent parfois à leurs clients qui louent des véhicules une garantie, appelée protection esthétique, contre les dommages qui dépassent l’usure normale. Mais les nombreuses exclusions au contrat font de cette protection une assurance bien partielle contre les incidents. Conséquence : des clients se retrouvent avec des réclamations inattendues.

En 2016, Valérie Robichaud signe un contrat de location d’une durée de trois ans pour sa Kia Forte. La même année, Pierre Desjardins loue une Mazda CX-5 pour la même durée.

Pour qu’ils dorment en paix, les concessionnaires les persuadent d’acheter la garantie protection esthétique qu’ils paient à gros prix : plus de 1100 $ pour monsieur Desjardins et près de 1500 $ pour madame Robichaud.

Ils ont insisté beaucoup en mettant le fait que j'avais un enfant en bas âge. Ça pourrait être bénéfique pour moi finalement de la prendre, pour me protéger de certains bris.

Valérie Robichaud
Un reportage d'Yvan Lamontagne

Valérie Robichaud, cliente

Photo : Radio-Canada

Selon l’Association pour la protection des automobilistes, environ un véhicule sur trois est suffisamment endommagé à la fin d’un contrat de location pour que le client reçoive une facture. Valérie Robichaud et Pierre Desjardins achètent donc cette garantie supplémentaire qui doit les protéger jusqu’à la remise de leur auto.

Mais en lisant attentivement le contrat de la garantie, on se rend compte qu’il existe un grand nombre d’exclusions, dont les taches, coupures ou déchirures à l’intérieur du véhicule. Pierre Desjardins ne s’attendait pas à recevoir une facture de 350 $ plus taxes à la fin de son contrat de location en 2019. Lors de l’inspection, l’évaluateur a découvert une éraflure dans le coffre arrière.

Ce n’est pas encavé. C’est à peine visible. Je ne l’avais même pas remarqué quand j’ai remis l’auto.

Pierre Desjardins
Un reportage d'Yvan Lamontagne

Pierre Desjardins, client

Photo : Radio-Canada

Jacques Castonguay, avocat en droit de la consommation, est d’avis que les assureurs ou les compagnies qui vendent ce type de garantie ont une façon de faire qui désavantage le consommateur.

On mise sur le fait que vous allez avaler la pilule. Et puis si vous n’êtes pas satisfait, eh bien poursuivez.

Jacques Castonguay

LGM Services Financiers administre les garanties supplémentaires de Kia et de Mazda. Son vice-président des ventes nationales, Robert Sévigny, rétorque que ses produits sont là pour protéger le consommateur.

Valérie Robichaud doute que ses intérêts aient été bien protégés lorsqu’elle a remis sa Kia Forte. Lors de l’inspection, l’évaluateur indique dans son rapport qu’un déversement de peinture avait endommagé une portion du tapis permanent ainsi qu’un tapis de surface.

Selon lui, ces taches ne peuvent être nettoyées, il faut donc les remplacer. Coût de la facture : près de 900 $ plus taxes.

Nous avons pris soin d’apporter un tapis d’auto taché de peinture latex chez un expert du nettoyage. Madame Robichaud nous dit qu’il s’agit du même type de peinture que celle qui se trouvait dans son auto.

En moins d’une heure, le technicien a réussi à faire disparaître complètement la peinture et il soutient qu’il aurait pu nettoyer l’auto de madame Robichaud pour un montant variant de 150 $ à 225 $.

Un reportage d'Yvan Lamontagne

Jacques Castonguay, avocat en droit de la consommation

Photo : Radio-Canada

C’est dommage, mais je peux vous dire que je vois ça tous les jours. Des gens, des consommateurs qui ont parfaitement raison, pis qui doivent se battre pour faire valoir leurs droits dans des contrats en matière d’automobile. Ça arrive souvent.

Jacques Castonguay

Pierre Desjardins a décidé de se battre. En contestant vivement sa facture, il a réussi à la faire annuler. LGM a reconnu qu'une erreur humaine était à l'origine de la réclamation faite à M. Desjardins et dit regretter tout inconvénient que cette situation a pu lui occasionner. Valérie Robichaud n’a pas eu cette chance. Sa facture de près de 900 $ plus taxes a miné, semble-t-il, sa cote de crédit. Elle a dû la payer, mais elle compte aller plaider sa cause aux petites créances pour tenter de se faire rembourser.

Le reportage du journaliste Yvan Lamontagne et de la réalisatrice France Laroque sera diffusé mardi soir à l’émission La facture, à 19 h 30 sur ICI TÉLÉ.

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