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Mésentente autour de l'implantation du site d'injection supervisée à Québec

Des boxes d'injection vides dans un centre supervisé

Un centre d'injection supervisée.

Photo : The Associated Press / Rick Rycroft

Malgré une volonté partagée et des années de discussions entre l'organisme Point de Repères et le CIUSSS de la Capitale-Nationale, les deux partenaires dans l'implantation d'un premier service de consommation supervisée à Québec n'arrivent toujours pas à s'entendre sur la forme que prendra le futur bâtiment.

Radio-Canada avait eu la confirmation du CIUSSS de la Capitale-Nationale, l'automne dernier, qu'une annonce était imminente pour la mise en place du projet dans le quartier Saint-Roch.

Une porte-parole avait du même coup laissé entendre que, si tout allait bon train, les services pourraient être prodigués dès la fin de 2020 dans des installations temporaires, le temps de construire un bâtiment neuf. On évoquait alors décembre pour le grand dévoilement.

Or, les pourparlers sont toujours en cours et l'annonce a de nouveau été retardée.

Si les deux parties ont assuré chercher des voies de passage, tant Point de Repères que le CIUSSS de la Capitale-Nationale ont préféré ne pas accorder d'entrevue à Radio-Canada.

Le CIUSSS a tout de même dévoilé quelques informations dans une déclaration écrite transmise le 30 janvier.

Une propriété du CIUSSS

On y apprend que le projet serait constitué d'un bâtiment de deux étages dans lequel d'autres services dits compatibles avec les SCS seraient offerts. Pour la première fois, on confirme officiellement l'emplacement du terrain, à l'angle des rues Saint-Anselme et Prince-Édouard, près du parc Victoria.

Vue aérienne du terrain choisi pour le futur site d'injection supervisée de Québec

Vue aérienne du terrain choisi pour le futur site d'injection supervisée de Québec.

Photo : Radio-Canada

Les locaux seraient opérés par l’organisme dans les locaux du CIUSSS et en collaboration avec le CIUSSS pour le personnel infirmier, précise Vincent Lamontagne, directeur adjoint des communications.

Notre priorité est d’implanter le plus rapidement possible des services de consommation supervisée à Québec, d’abord dans une installation temporaire et ensuite dans un site permanent.

Vincent Lamontagne, Directeur adjoint des communications, CIUSSS de la Capitale-Nationale

M. Lamontagne affirme que les pourparlers actuels visent à préciser les délais et les ententes de collaboration dans la poursuite du projet. On dit avoir espoir de s'entendre avant la fin février.

Bâtiment trop officiel?

Selon nos informations, Point de Repères s’inquiéterait de la fréquentation des utilisateurs de drogue par injection (UDI) si le bâtiment ne répond pas à leurs attentes. L'organisme est considéré comme le chef de file à Québec pour rejoindre cette clientèle.

La future construction et le terrain étant des propriétés du CIUSSS, on craindrait une infrastructure trop officielle, trop apparentée à celles du réseau de la santé.

Un rapport sur la consommation de drogue par injection (Nouvelle fenêtre) du défunt Centre de santé et de services sociaux de la Vieille-Capitale, daté de 2014, est clair sur le sujet. [Ces consommateurs] utilisent moins les services de santé plus traditionnels et sont plutôt rejoints par les services qu’il est convenu de désigner comme étant à bas seuil d’accessibilité, peut-on y lire.

Sinon, on risque d'investir de l'argent dans un service qui ne sera pas utilisé, car il ne sera pas adapté, était-il aussi mentionné.

Long débat

Ce même rapport recommandait l'implantation d'un SCS à Québec. On y voit des avantages pour limiter la transmission d'infections comme le VIH et l'hépatite C, un moyen d'éviter les surdoses mortelles, en plus de sortir certains consommateurs des lieux publics.

Le projet semblait aller bon train. Un premier site choisi pour l'implantation du SCS avait été annoncé au printemps 2018.

Quelques mois plus tard et après avoir entendu une multitude de critiques contre le choix du terrain situé sous les bretelles de l'autoroute Dufferin-Montmorency, les deux partenaires disaient évaluer de nouvelles options.

Le projet a tous les appuis des autorités de la Ville de Québec. À commencer par celui du maire, Régis Labeaume, qui s'était montré réticent dans le passé, ainsi que du Service de police de la Ville de Québec.

Plusieurs villes canadiennes, dont Montréal et Ottawa, ont des SCS.

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