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Bandelettes d’incontinence : Johnson & Johnson condamné à payer 344 M$ US

Les effets indésirables de ce dispositif – incontinence, infections, saignements et douleurs chroniques – ont été montrés par Enquête l'an dernier.

Cynthia Gagné et une bandelette sous-urétrale.

Cynthia Gagné, qui tient une bandelette dans ses mains, a fondé un groupe de soutien sur Facebook qui regroupe environ 600 femmes qui se disent « victimes » du dispositif. Elle s'est rendue aux États-Unis l'an dernier pour faire retirer la sienne.

Photo : Radio-Canada / Éric Carbonneau

Radio-Canada

Le groupe pharmaceutique Johnson & Johnson a été condamné jeudi par un tribunal de San Diego à payer 344 millions de dollars pour publicité trompeuse et mensongère au sujet de ses bandelettes d’incontinence, aussi appelés « mesh », dont la dangerosité a été démontrée l’an dernier par Enquête.

Le juge Eddie Sturgeon a conclu que la compagnie connaissait les risques et les effets indésirables potentiels de ses produits – incontinence, infections, saignements et douleurs chroniques – lorsqu'il les a mis sur le marché, via sa filiale Ethicon. Il ne le mentionnait cependant pas dans son matériel promotionnel distribué aux médecins et aux patients.

Les complications pouvaient être si graves qu'il était nécessaire de retirer la bandelette mais, contrairement à d'autres implants, le retrait est difficile et peut demander plusieurs opérations chirurgicales. Johnson & Johnson savait également que certaines des complications les plus graves de ce dispositif pouvaient être irréversibles.

Extrait du jugement rendu jeudi

Johnson & Johnson connaissait les dangers de ces produits, mais a fait passer les profits avant la santé de millions de femmes, a fustigé le procureur fédéral de Californie, Xavier Becerra. Aujourd'hui, nous avons rendu justice aux femmes et aux familles marquées pour toujours par la malhonnêteté de Johnson & Johnson.

Les implants pelviens de Johnson & Johnson sont destinés à traiter la descente d'organes et l'incontinence urinaire chez les femmes. La firme a vendu plus de 470 000 implants aux États-Unis entre 2008 et 2014, dont 30 000 pour la seule Californie. Deux millions de femmes le porteraient à l’échelle de la planète.

Au Canada, des dizaines de milliers de femmes se sont fait installer ce dispositif, composé de bandelettes et de renforts pelviens implantables par chirurgie. Certaines d’entre elles avaient confié à Enquête ses effets indésirables – incontinence, infections, saignements et douleurs chroniques.

Une trentaine de Québécoises ont d'ailleurs dépensé des milliers de dollars pour faire retirer leur bandelette d’incontinence par un chirurgien américain, parce qu'elles ne faisaient plus confiance aux urologues du Québec.

Une pancarte avec le logo de Johnson & Johnson devant des bureaux de la compagnie.

Le laboratoire d'analyse médicale de Johnson & Johnson à Irvine, en Californie.

Photo : Getty Images / AFP/Mark Ralston

Johnson & Johnson en appel

Une porte-parole de Johnson & Johnson, Mindy Tisley, a fait savoir que la compagnie allait porter la cause en appel. Elle soutient notamment que le juge Sturgeon n’a pas présenté de preuves pour soutenir ses conclusions.

La compagnie a aussi assuré par voie de communiqué que sa filiale Ethicon avait communiqué de façon responsable les risques et les bénéfices de ses bandelettes transvaginales aux médecins et aux patients.

En octobre dernier, Johnson & Johnson avait accepté de verser 117 millions de dollars US dans le cadre d’une action collective menée par 41 États et le District de Columbia en raison d’allégations similaires. La compagnie n’avait cependant admis aucune faute et avait continué de défendre son produit.

D’autres procédures judiciaires en lien avec les bandelettes d’incontinence sont en cours, aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

Johnson & Johnson fait face à une kyrielle d’autres poursuites, non seulement en raison des effets secondaires de ses produits, mais aussi pour son rôle dans la crise des opioïdes aux États-Unis. Des milliers de femmes allèguent en outre que sa poudre pour bébés peut entraîner le cancer.

En attendant que ces procédures judiciaires aboutissent, la compagnie a présenté des résultats financiers positifs au quatrième trimestre de son exercice financier. Ses revenus et ses profits ont bondi de 32 %.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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