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Coronavirus : les États-Unis ferment les frontières aux étrangers arrivant de Chine

Un avion sur la piste d'un aéroport.

Le reportage de de Normand Grondin.

Photo : Reuters / Kerry Tasker

Agence France-Presse

À compter de dimanche à 17 h (HNE), les autorités interdiront l'entrée sur le territoire des non-Américains s'étant rendus en Chine dans les 14 jours précédant leur date d'arrivée aux États-Unis.

Dans le même temps, le secrétaire à la Santé, Alex Azar, a déclaré l’état d’urgence sanitaire lié au virus 2019-nCoV.

Par ailleurs, les citoyens américains qui se sont rendus dans la province de Hubei dans les 14 jours précédant leur retour au pays seront soumis à une quarantaine pouvant aller jusqu’à 14 jours, dans des immeubles réservés à cette fin.

Quant aux Américains qui viendraient d'une province chinoise autre que celle de Hubei, une quarantaine auto-imposée leur sera demandée, chez eux, avec une surveillance des autorités.

Les membres de leur famille immédiate, ainsi que les résidents permanents aux États-Unis, seront soumis au même régime que les citoyens américains.

Ce sont des mesures préventives, le risque est faible aux États-Unis.

Une citation de :Le secrétaire à la Santé, Alex Azar

Les États-Unis ont annoncé plus tôt avoir placé en quarantaine les 195 Américains qui avaient été rapatriés mercredi de Wuhan, pour une durée de 14 jours, soit jusqu'au 4 février. Ils se trouvent sur une base militaire en Californie.

Des pays asiatiques ferment leurs frontières

Par ailleurs, des Français et des Britanniques rapatriés de Wuhan sont arrivés vendredi dans leurs pays, au moment où plusieurs pays d'Asie commencent à fermer leurs frontières aux voyageurs en provenance de Chine, où le bilan de l'épidémie de coronavirus s'est alourdi à 258 morts.

Le Vietnam a annoncé suspendre la délivrance de visas de tourisme à tous les Chinois et aux étrangers ayant séjourné en Chine au cours des deux dernières semaines. Singapour et la Mongolie ont suspendu l'entrée de l'ensemble des voyageurs en provenance du territoire chinois.

Ce que l’on sait sur l’épidémie de coronavirus :

  • Nombre total de morts : 259, dont 204 dans la province chinoise de Hubei
  • Nombre de cas : près de 12 000
  • Nombre de pays et autres États touchés : 23

La Chine a fait état vendredi de 43 nouveaux décès en 24 heures, le bilan s'élevant désormais à 258 morts. Le nombre de patients contaminés est supérieur à 11 000 en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), dépassant celui atteint lors de l'épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003.

Dans un contexte de forte inquiétude à l'étranger, un avion transportant quelque 200 Français de Wuhan, épicentre de l'épidémie, a atterri à la mi-journée à Istres, dans le sud de la France. Ils seront mis en isolement durant 14 jours dans un centre de vacances à Carry-le-Rouet, près de Marseille. L'un des rapatriés présente des symptômes du coronavirus, ont annoncé les autorités.

Un avion transportant 83 Britanniques et 27 étrangers, affrété en coopération avec les autorités espagnoles, a par ailleurs atterri sur la base aérienne de Brize Norton, à environ 120 kilomètres au nord-ouest de Londres, alors que deux cas d'infection au virus ont été confirmés vendredi au Royaume-Uni.

Une femme et son bébé lors d'un test médical où quelqu'un prend la température de l'enfant.

L'inquiétude est notamment vive à la frontière de la Chine avec le Myanmar, où les autorités médicales ont signalé une première hospitalisation liée au coronavirus vendredi.

Photo : AFP / Phyo Maung Maung

Washington, qui a déjà évacué ses premiers ressortissants, a recommandé aux Américains de ne pas se rendre en Chine.

Le Japon a formulé vendredi une recommandation similaire.

Et la Russie, où ont été annoncés vendredi les deux premiers cas de coronavirus, s'apprête aussi à évacuer ses ressortissants de Wuhan et de l'île chinoise de Hainan, prisée des touristes et où se trouvent 2665 Russes en voyages organisés.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), critiquée précédemment pour ses atermoiements, a déclaré jeudi que l'épidémie était une urgence de santé publique de portée internationale.

Des gens descendent d'un avion.

L'avion britannique s'est posé dans un aéroport militaire en milieu rural.

Photo : Getty Images / Leon Neal

Si l'immense majorité des cas de contamination restent localisés en Chine, au premier chef dans la province de Hubei et sa capitale Wuhan, une centaine ont également été déclarés dans près de 20 autres pays, y compris en Europe.

Outre l'Asie, les mesures de précaution internationales s'intensifient également ailleurs dans le monde.

L'Italie et Israël ont annoncé suspendre tous les vols en provenance de Chine, tandis que plus d'une quinzaine de compagnies aériennes, dont Air France, British Airways et Lufthansa, ont déjà interrompu leurs vols vers le pays.

L'OMS a cependant souligné que les restrictions à la circulation des personnes et des biens pendant une urgence de santé publique pourraient se révéler inefficaces, perturber la distribution de l'aide et plomber l'économie des pays touchés.

En Chine même, Wuhan, ville où est apparu en décembre le nouveau coronavirus, reste coupée du monde depuis le 23 janvier, tout comme la province environnante de Hubei : un cordon sanitaire interdit à quelque 56 millions d'habitants d'en sortir.

Un convoi de motos et d'autobus.

Les citoyens français rapatriés de Wuhan ont été escortés par les gendarmes après avoir atterri près de Marseille.

Photo : AFP / Pascal Guyot

À la suite des États-Unis, du Japon et de la Corée du Sud, plusieurs pays continuent d'organiser l'évacuation d'une partie de leurs ressortissants piégés à Wuhan.

Après le premier avion arrivé vendredi en France, un second vol est prévu plus tard cette semaine afin d'évacuer d'autres Français, ainsi que des ressortissants d'autres pays européens.

L'Inde a elle aussi envoyé un avion pour récupérer quelque 300 de ses ressortissants.

Trois personnes évacuées en avion par le Japon ont été déclarées positives à leur arrivée sur le sol japonais. Deux d'entre elles ne présentaient aucun symptôme, ce qui illustre la difficulté de détecter le nouveau coronavirus.

La Corée du Sud a annoncé que 18 des 350 ressortissants rapatriés de Wuhan ont été hospitalisés après avoir montré des symptômes suspects.

Des médecins masqués sous une tente blanche.

À Séoul, les autorités sanitaires sud-coréennes ont mis sur pied des cliniques éphémères pour les citoyens craignant d'avoir été contaminés.

Photo : Getty Images / Chung Sung-Jun

D'autres pays — Italie, Allemagne, Canada ou Bangladesh — planifient également leurs propres opérations.

À Wuhan, qui garde des allures de ville fantôme, la circulation des véhicules non essentiels est interdite, les hôpitaux restent débordés et des milliers d'étrangers demeurent sans certitude de pouvoir partir.

Notre plus grande préoccupation est la possibilité que le virus se propage dans des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles, s'est alarmé jeudi le directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Contaminations entre humains

De nombreux pays ne sont pas prêts à faire face à l'épidémie, signale également le Conseil de supervision de la préparation globale (GPMB), organe de contrôle international basé à Genève.

D'autant que des transmissions interhumaines se multiplient hors de Chine, en Allemagne, au Japon, aux États-Unis ou en France.

Aux États-Unis, le mari d'une sexagénaire ayant contracté le virus en Chine a été contaminé à son tour, portant le nombre de cas à six au total. En France, un sixième cas d'infection a été annoncé : un médecin contaminé par un patient chinois l'ayant consulté avant de rentrer en Chine où il a reçu un diagnostic de la maladie.

En Italie, aucun cas n'a été finalement détecté parmi les 7000 passagers d'un navire de croisière confinés à bord jeudi. Mais le pays a ensuite déclaré deux cas, ceux de touristes chinois, et a proclamé l'état d'urgence.

À travers la Chine, où les congés du Nouvel An lunaire sont prolongés jusqu'au 2 février, les habitants effrayés désertent commerces et restaurants, tandis que des villages se barricadent derrière des barrages sauvages.

Les personnes originaires de Wuhan se heurtent partout à la suspicion, tandis qu'à l'étranger les communautés chinoises font part d'une recrudescence d'attitudes discriminatoires à leur encontre.

L'impact de l'épidémie sur l'économie mondiale dépendra notamment de sa durée, a par ailleurs soutenu le Fonds monétaire international, alors que beaucoup d'entreprises et d'usines chinoises resteront fermées jusqu'au 9 février au moins.

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