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Le Manitoba met fin au système d'alertes à la naissance qui séparait des enfants de leur mère

Une femme tient un enfant dans ses bras.

Selon un des membres du Comité de révision de la législation en matière de protection de l’enfance du Manitoba, Michael Redhead Champagne, le système des alertes de naissance a été extrêmement préjudiciable pour le bien-être des mères, des enfants et des familles autochtones.

Photo : HTeam/Shutterstock

Radio-Canada

Le Manitoba mettra fin à son système controversé d'alertes à la naissance d'ici le 1er avril, après qu'une revue de ces alertes a démontré qu’elles ne protègent pas réellement les enfants, selon la ministre des Familles du Manitoba, Heather Stefanson.

Ces alertes consistent à informer l’hôpital des antécédents d’une personne jugée à risque, ce qui peut amener les services sociaux à retirer l’enfant à sa mère dans les minutes qui suivent l’accouchement.

Au Manitoba, une alerte à la naissance est émise pour tout parent qui est passé par les services à l’enfant et à la famille ou qui a déjà un enfant pris en charge par ces services.

La ministre des Familles souligne que ce système a créé une perte de confiance dans la population et une rupture entre elle et le gouvernement. Elle ajoute que la province veut mettre fin au système justement pour redonner confiance aux mères afin qu’elles n’hésitent pas à demander de l’aide auprès des services compétents, alors qu’en ce moment certaines craignent que leur enfant ne leur soit enlevé à la naissance.

Un nouveau système sera mis en place par les Services à l’enfant et à la famille, en collaboration avec les hôpitaux, qui devra fonctionner aussi bien pour les enfants que pour les familles.

« [Nous devons] nous assurer que nous mettons en place tous les mécanismes pour éviter que les enfants ne passent pas entre les mailles du filet », dit-elle.

Une transformation demandée

Un des membres du Comité de révision de la législation en matière de protection de l’enfance du Manitoba, Michael Redhead Champagne, souligne que le système des alertes à la naissance a été extrêmement préjudiciable au bien-être des mères, des enfants et des familles autochtones.

M. Champagne explique qu’il connaît de nombreux jeunes Autochtones qui ont peur d’avoir des enfants par crainte que ceux-ci ne leur soient enlevés « pour la simple raison qu’ils sont eux-mêmes passés par les services à l’enfant et à la famille ».

Ils ont peur que, s’ils ont des enfants, peu importe leur degré de responsabilité, en tant que parents, s’ils sont Autochtones et qu’ils ont été pris en charge plus jeunes, les services à l’enfant et à la famille reçoivent une alerte à la naissance de leur bébé et qu'ils aient à se battre pour garder leur propre enfant, explique-t-il.

Un rapport publié par le Comité de révision de la législation en matière de protection de l’enfance du Manitoba en septembre 2018 demande à la province de créer des services communautaires et culturellement sûrs pour repérer et aider les parents à risque pendant et après les grossesses.

Les gens ne font déjà pas confiance au système de protection de l’enfance et pour une bonne raison, dit M. Champagne. Les alertes à la naissance font que les gens ont le même sentiment et la même méfiance envers le système de santé.

Une femme sérieuse s'adresse au micro.

La ministre des Familles du Manitoba, Heather Stefanson.

Photo : Radio-Canada

Mme Stefanson affirme que la province dirigera maintenant les mères vers d’autres agences sans toutefois donner des détails.

Elle rappelle cependant que la fin du système des alertes à la naissance ne signifie pas que les enfants ne seront plus enlevés à leur famille. «Nous mettrons toujours la sécurité des enfants au premier plan, dit-elle. Si un enfant n’est pas dans une situation sûre, ces retraits auront lieu. »

Le grand chef de l’organisation autochtone Southern Chiefs Organization, du Manitoba, Jerry Daniels, salue la décision, mais se demande pourquoi le changement n'est pas immédiat.

Nos enfants sont plus résistants lorsqu'ils sont entourés de leur famille et de leur communauté, et non par des étrangers dans des refuges d'urgence et des familles d'accueil, dit-il.

Avec des informations de CBC

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