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Des parents critiquent la suppression de classes d'immersion française en Ontario

La crise des programmes d'immersion française se poursuit en Ontario.

Photo d'enfants qui se tiennent la main en marchant vers l'entrée de leur école avec leurs sacs à dos.

Des élèves francophones arrivent en classe, mardi matin, à Parry Sound.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Radio-Canada

Des parents appellent à une meilleure stratégie de recrutement des enseignants francophones alors que le Conseil scolaire du district de Peel vient de supprimer 30 classes d’immersion française de première année pour la rentrée prochaine.

L'éducation en français est si populaire dans la province que les conseils scolaires anglophones peinent à répondre à la demande grandissante. En raison d'un manque d'enseignants qualifiés, le conseil scolaire de Peel affirme avoir dû supprimer environ 600 places dans ses programmes d'immersion à compter de septembre 2020.

Nous sommes déçus, a déploré Nicole Thibault, directrice générale de l'organisme Canadian Parents for French.

Ça fait plusieurs années qu’on parle de cette pénurie-là, alors pourquoi est-ce-qu’on ne planifie pas la relève. C’est très facile de faire ces coupures en donnant cette raison, estime-t-elle. Montrez-nous ce que vous avez fait pour trouver des solutions dans votre district.

Quand on a une bonne volonté, une bonne planification, un leadership, ou un intérêt au français, je pense qu’on pourrait trouver d’autres solutions.

Nicole Thibault, directrice générale de l'organisme Canadian Parents for French

Mme Thibault estime qu'il faut faire plus pour attirer les enseignants. Le climat et les conditions de travail sont importants pour la rétention des professeurs.

Un recrutement agressif

Le Conseil scolaire du district de Peel a approuvé cette semaine une motion visant à réduire ses classes d'immersion française de première année du nombre actuel de 143 à 113, affirmant vouloir maintenir un enseignement de qualité.

Nous sommes très agressifs en termes de recrutement, affirme pourtant Jamie Robinson, directeur des services de soutien des ressources humaines du conseil scolaire de Peel.

M. Robinson explique des équipes de recruteurs sont notamment envoyés aux salons de l'emploi des universités.

Nous voyageons à travers le pays dans des universités proposant des professeurs de français. Nous recrutons assez massivement sur l'avantage de vivre dans la zone de Peel, mais le logement est une énorme barrière dans la région de Toronto, admet-il.

Le Conseil scolaire du district de Peel considère que le changement apporté en 2015 au programme de préparation des enseignants - qui a prolongé la formation à 2 ans au lieu d'un an - a réduit le nombre d'enseignants disponibles.

Malgré les stratégies de recrutement supplémentaires de Peel, le nombre de postes vacants en immersion en français continue d'augmenter.

Document du Conseil scolaire du district de Peel

Selon le document du conseil scolaire, en date du 2 décembre 2019, il y avait deux postes vacants d'immersion française sous contrat et 28 postes d'agent en formation linguistique en immersion française vacants dans le système.

Actuellement, avec notre processus de recrutement, nous aurons probablement environ 25 à 30 nouvelles recrues pour des postes français pour l'année à venir, ce qui n'est pas autant que la proportion que nous perdrons à cause des départs à la retraite, des démissions ou des congés, explique Jamie Robinson.

Selon les plus récentes données de l'Ordre des enseignants de l'Ontario, 533 enseignants ont été certifiés pour travailler en français dans la province en 2018.

Quels recours?

Peu de recours légaux existent pour les parents anglophones ontariens qui désirent que leurs enfants soient en immersion française.

Un homme en costume cravate en entrevue.

L'avocat Marc Power, de la firme Juristes Power, encourage les parents à faire appel au Commissariat aux langues officielles du Canada.

Photo : Radio-Canada

Mark Power, un avocat spécialiste en droits linguistiques, croit que les parents peuvent tout de même se faire entendre.

La commissaire aux services en français de l’Ontario, Mme Burke, détient certains pouvoirs de persuasion, [le commissaire aux langues officielles du Canada] M. Téberge également, et j’encouragerai les gens à approcher ces deux instances-là et de se plaindre et d’exiger que ces acteurs parlent en leur nom.

Mark Power, un avocat spécialiste en droits linguistiques

Une mesure prise sans consultation

Cette mesure a été prise sans consultation des parents d'élèves.

Les parents n'ont pas été consultés à ce sujet, car il a été déterminé qu'il s'agissait d'une situation d'urgence, d'autant plus que nous nous dirigeons vers notre processus de recrutement et que nous avons actuellement 30 classes d'immersion française auxquelles aucun professeur de français n'est affecté, a justifié la directrice des communications du Conseil, Carla Pereira.

Cette mesure fait suite à des réflexions entamées en 2012 lorsqu'un examen de l’immersion française avait notamment conclu avec la recommandation d'imposer un plafond d'inscription à tous les programmes d'immersion en français élémentaire de première année.

L'examen d'immersion en français de 2012 a examiné les questions du recrutement de personnel, du temps d'enseignement et de locaux, afin de planifier la durabilité d'un programme d'immersion en français de qualité et de programmes de français prolongés au sein du conseil, précise le document.

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Toronto

Éducation