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Coronavirus : la lutte contre la désinformation est multilingue

Quatre personnes tiennent des téléphones intelligents.

À l'ère des réseaux sociaux, la désinformation circule très vite.

Photo : Getty Images / PeopleImages

Marguerite Gallorini
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour lutter contre les fausses nouvelles sur le coronavirus qui circulent librement sur les réseaux sociaux, des acteurs de la communauté chinoise souhaitent une campagne d'information qui soit multilingue.

Alors qu’il n'y a eu que trois cas confirmés de coronavirus au Canada, les fausses nouvelles continuent de circuler librement sur les réseaux sociaux et compliquent le travail des autorités de santé publique, qui doivent s'assurer que la bonne information soit délivrée à toute la population.

Rendre l’information accessible dans plusieurs langues

D’après le recensement de Statistiques Canada de 2016, la population d’origine chinoise représente 684 000 personnes, soit 12,7 % de la population de la Ville Reine.

La présidente par intérim du Conseil national sino-canadien pour la justice sociale, Amy Go, estime ainsi qu’une communication en plusieurs langues doit être faite, mais pas seulement adressée à la communauté chinoise.

Une femme en entrevue.

Amy Go est la présidente par intérim du Conseil national sino-canadien pour la justice sociale.

Photo : Radio-Canada

Dans l’immeuble où je vis, il y a une affiche sur le coronavirus en deux langues seulement. Mais je vous le garantis, dans mon immeuble, j'ai entendu de l'espagnol, des langues d'Europe de l'Est... Pourquoi seulement le chinois et l'anglais? se demande-t-elle.

Selon elle, les autorités publiques doivent travailler avec les médias multilingues pour que les personnes âgées à la maison qui ne lisent pas ou ne parlent pas anglais puissent aussi comprendre que nous ne vivons pas dans la panique ou dans la peur.

Le groupe médiatique Sing Tao, auquel A1 Chinese Radio appartient, est en effet la source d’information de la grande majorité de la population chinoise du Grand Toronto selon son directeur, Anson Wong.

Un homme en entrevue.

Anson Wong est le responsable de la radio chinoise de Toronto A1 Chinese Radio et animateur d'une de ses émissions l'après-midi.

Photo : Radio-Canada

Je fais cela depuis près d’une vingtaine d’années, donc j’ai une relation très forte avec mes auditeurs, explique Anson Wong, qui anime également une émission à A1 Chinese Radio. Ils me font confiance et savent que ce que je leur dis est crédible.

Les services de santé publique de Toronto disent travaillent activement à la traduction d’informations en plusieurs langues afin de garantir que les faits soient communiqués au public, et font appel à des prestataires de traduction établis.

Même chose à l’hôpital Sunnybrook, qui a recours à son réseau d’interprètes dans des langues aussi diverses que le mandarin, le russe et le tagalog — ce qui est assez courant pour notre population de patients et pas seulement pour le nouveau coronavirus, explique Craig DuHamel, de l'équipe de communication de l’hôpital.

Le Ministère de la Santé de l’Ontario, quant à lui, travaille de toute urgence à la traduction en plusieurs langues des fiches d'information sur le nouveau coronavirus 2019, notamment à l'intention de la communauté chinoise de la province, qui seront ensuite affichées sur le site de la province, affirme le directeur des communications du ministère, Travis Kann.

Nous collaborons également avec les médias ethniques pour nous assurer que le ministère communique des informations exactes à une grande variété de médias, affirme le porte-parole.

Le ministère compte organiser, en début de semaine prochaine, une table ronde avec les médias de diverses communautés ethniques afin de donner un aperçu des efforts déployés par la province pour détecter et contenir le nouveau coronavirus de 2019.

La lutte contre la désinformation

La médecin hygiéniste en chef de Toronto, Eileen de Villa, a appelé mercredi à la prudence et à visiter des sources crédibles et fondées sur des preuves pour s'informer sur le coronavirus.

Malgré les meilleurs efforts des agents de santé publique pour que les gens obtiennent une information correcte, les fausses nouvelles continuent de se multiplier, et d’alimenter la stigmatisation de la communauté chinoise.

Une femme parle en conférence de presse.

La médecin hygiéniste en chef de Toronto, Eileen de Villa, accompagnée du maire de la ville et de représentants de groupes sino-canadiens, dénonce la désinformation qui entoure le nouveau coronavirus lors d'une conférence de presse.

Photo : Radio-Canada

Le maire de Toronto, John Tory, a réitéré que cette situation de santé publique est sous contrôle grâce au professionnalisme et à la rigueur de notre personnel.

Il est important, dit-il, de faire en sorte que les fausses nouvelles ne triomphent pas, et qu’elles ne fassent pas obstacle aux faits et aux conseils médicaux des professionnels.

Le risque d’infection pour le reste de la population est faible, a-t-il tenu à rappeler.

Une main agite un petit drapeau du Canada alors qu'un homme portant un masque marche dans l'aéroport.

Un voyageur portant un masque arrive à l'aéroport Pearson de Toronto le 26 janvier 2020 (archives).

Photo : Reuters / Carlos Osorio

Les gens qui croient aux théories du complot vous diront que [le gouvernement] ne dit pas la vérité, illustre Michael Gardam, directeur du personnel à l’hôpital Humber River. Moi qui travaille dans ce milieu, je peux vous dire que le gouvernement dit la vérité.

Je pense que ce qui alimente la peur est le fait qu’on n’a pas encore toutes les réponses sur la méthode de transmission du virus, admet-il.

Anson Wong, de la radio chinoise de Toronto A1 Chinese Radio, a aussi entendu beaucoup d’histoires circuler sur les réseaux sociaux. Sa station tente tant bien que mal de remettre les points sur les « i ».

« Je veux éduquer notre audience pour que, lorsqu’ils voient un clip vidéo en ligne, qu’ils pensent au moment où cela a été pris. »

— Une citation de  Anson Wong, animateur et gérant de la radio chinoise de Toronto

Une vidéo a circulé de gens qui tombent raides sur le sol, mais après on a su que c’était une vidéo d’il y a plusieurs années. C’est une formation journalistique basique, mais que le public n’a pas, car ils n’ont pas cette responsabilité et pourtant ils ont aussi ce pouvoir [de remettre en question l’information].

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