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Le renouvellement de l’approbation du glyphosate par Santé Canada contesté en cour

Un tracteur épand du glyphosate sur un champ de blé.

L'épandage de glyphosate est monnaie courante dans les champs de blé canadiens.

Photo : Radio-Canada

Philippe de Montigny

L’organisme Safe Food Matters a demandé à la Cour fédérale de Toronto, jeudi, de revoir la décision de Santé Canada de maintenir son approbation du glyphosate, l’ingrédient actif du Roundup de Monsanto, l’herbicide le plus utilisé au Canada.

En janvier 2019, l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) du ministère fédéral a donné son feu vert aux pesticides contenant du glyphosate. Selon l'agence, ces produits sont sans danger s’ils sont utilisés de manière appropriée.

Des contenants du pesticide Roundup sur une tablette de magasin.

Le pesticide Roundup de Monsanto

Photo : Reuters / Yves Herman

La présidente de Safe Food Matters, Mary Lou McDonald, demande un contrôle judiciaire, notamment parce que l’agence fédérale a refusé d’établir un groupe d’experts indépendants pour revoir l’approbation de l’herbicide. Selon elle, l'ARLA a omis de tenir compte de certaines preuves scientifiques qui confirment les dangers de ce puissant herbicide.

Le glyphosate reste ancré dans certaines cultures et on finit par manger ça. On retrouve des niveaux élevés dans les légumineuses et les céréales, mais ils n’ont pas considéré ceci.

Mary Lou McDonald, présidente de Safe Food Matters

J’espère que notre demande ira de l’avant, lance la présidente.

Mary Lou McDonald.

Mary Lou McDonald, présidente de Safe Food Matters, l'organisme plaignant dans cette contestation contre Santé Canada.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Une évaluation en bonne et due forme, selon Santé Canada

Plusieurs groupes de protection du consommateur, dont Safe Food Matters, affirmaient par le passé que les études examinées au Canada avaient été manipulées par le géant de l’industrie agrochimique Monsanto.

Andrea Bourke, l’avocate du gouvernement, répond que l’évaluation a été menée en bonne et due forme par l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire.

Elle rappelle qu’une nouvelle équipe de scientifiques avait été mise sur pied pour revoir les documents. Ces experts, qui n'avaient pas participé à la réévaluation de 2017, étaient unanimement arrivés à la conclusion qu'il n'y a aucune raison de douter des preuves scientifiques utilisées jusqu'ici, soutient l’avocate.

L’avocate de Safe Food Matters, Andrea Goncalves, affirme que le groupe d’experts de l’ARLA s’est fié sur des données américaines qui datent des années 90, plutôt que sur des informations plus récentes provenant du Canada. L’avocate du gouvernement a même confirmé que certaines études examinées se penchaient sur des tests menés par Monsanto.

Santé Canada, pour sa part, a refusé de commenter puisque l’affaire est devant les tribunaux.

Rachel Parent, fondatrice et directrice de l'organisme Kids Right to Know.

Rachel Parent, fondatrice et directrice de l'organisme Kids Right to Know

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

La jeune militante et fondatrice de l’organisme Kids Right to Know, Rachel Parent, qui a maintenant 20 ans, s’indigne de ce que le Canada n’interdise toujours pas l’utilisation de cet herbicide, alors que plusieurs autres pays ont déjà imposé des interdictions, et des poursuites contre le fabricant Monsanto ont donné raison aux plaignants.

C’est vraiment dommage que, malgré toutes ces preuves, aucune action n’ait été prise pour nous protéger, les consommateurs.

Rachel Parent, fondatrice et directrice de Kids Right to Know

La juge de la cour fédérale Sandra Simpson doit rendre sa décision dans les prochains mois.

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Toronto

Santé