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Élargissement de la consigne : les centres de tri veulent faire partie de la solution

Des tessons de verre séparés par couleur, dans des boîtes au centre de tri de Récupération des Basques.

Récupération des Basques est un organisme à but non lucratif. (archives)

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

La décision de Québec d'élargir la consigne à toutes les bouteilles et canettes est loin de faire l'unanimité auprès des entreprises qui exploitent des centres de tri au Bas Saint-Laurent et Gaspésie. Elles craignent d'être écartées de ce nouvel écosystème de la bouteille et perdre ainsi d'importants revenus.

Chaque contenant de verre déposé dans les bacs bleus de la Gaspésie et de l'est du Bas-Saint-Laurent représente des revenus pour les deux centres de tri situés à Grande-Rivière et à Mont-Joli.

La Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles de la Gaspésie (RITMRG) réussit à écouler la totalité du verre recyclé grâce à un projet pilote réalisé en collaboration avec Éco Entreprise Québec.

Le verre transformé sur place est vendu à la Ville de Grande-Rivière qui l'utilise dans son mélange d'abrasif pour les routes.

Bacs de verre recyclé

Bacs de verre recyclé

Photo : Radio-Canada

Pour la directrice de la Régie, Nathalie Drapeau, l'annonce du gouvernement du Québec, met un frein aux projets de développement actuels.

Tant à Grande-Rivière qu'à Mont-Joli, on déplore l'absence d'information quant au rôle des centres de tri dans cette nouvelle organisation de la consigne.

En effet, ce sont les entreprises qui produisent des boissons qui ont le mandat de proposer un modèle au gouvernement du Québec.

Elles devront présenter, avant janvier 2021, un plan pour la mise sur pied d’un réseau efficace de récupération des contenants couvrant toute la province. Selon le scénario que Québec privilégie, ce réseau serait constitué de 400 points de récupération chez des détaillants et dans des centres de dépôt.

Je demande au gouvernement qu'au lieu d'envoyer ça dans les grands centres, qu'on puisse gérer ce verre ici, parce que pour que ce soit intéressant l'économie circulaire, ça prend un rayon d'action très court. On doit faire partie de la solution.

Dominic Bouffard, président, Groupe Bouffard

Je vois mal comment, sur le plan environnemental, on pourrait accumuler des boîtes de bouteilles pour les envoyer ailleurs, ajoute Nathalie Drapeau.

Nathalie Drapeau prône elle aussi pour la transformation du verre sur place au lieu de laisser la liberté aux entreprises de proposer leur propre modèle.

Moi, j'aurais aimé ça avoir le plan de match complet.

Nathalie Drapeau, directrice, Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles de la Gaspésie

Dominic Bouffard partage ces craintes, mais il ose espérer que les embouteilleurs se tourneront vers les centres de tri existants en raison de leur expertise.

De l'argent de plus dans les Basques

La municipalité de Trois-Pistoles, dans la MRC des Basques.

Trois-Pistoles.

Photo : Radio-Canada

Le directeur de Récupération des Basques mentionne pour sa part que ce changement pourrait se traduire par de nouveaux revenus même si le verre traité au centre de tri de Notre-Dame-des-Neiges est déjà vendu à une entreprise de la Montérégie.

Bien sûr, la quantité de verre traité par Récupération des Basques diminuera avec l'entrée en vigueur de la nouvelle consigne. Cependant, note Vincent Lauzier, des milliers de bouteilles nouvellement consignées se retrouveront quand même dans le recyclage. C'est d'ailleurs déjà le cas avec les bouteilles de bière que plusieurs citoyens déposent dans le sac bleu au lieu de les rapporter dans les commerces.

Récupération des Basques récupère donc ces bouteilles consignées et va les reporter dans une épicerie de Trois-Pistoles. L'organisme à but non lucratif touche ainsi le montant de la consigne.

Je suis à peu près certain qu'avec la nouvelle consigne on va faire plus de revenus.

Vincent Lauzier, directeur, Récupération des Basques

Les changements annoncés, que l'Assemblée nationale devra d'abord approuver, feront passer le nombre contenants recueillis de 2,4 à 4 milliards par année, prédit le gouvernement.

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