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Conflit Coastal Gaslink : des Wet'suwet'en portent plainte contre la GRC

Le grand chef Stewart Phillip en conférence de presse.

Le grand chef Stewart Phillip, président de l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique, demande au premier ministre John Horgan de rencontrer les chefs héréditaires de Wet'suwe'ten.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Radio-Canada

Des chefs autochtones et l'association des libertés civiles de la Colombie-Britannique demandent à la commission civile d'examen des plaintes de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de se pencher sur la mise en place des points de contrôle dans le nord de la province.

Nous avons de sérieuses préoccupations concernant le pouvoir discrétionnaire de la GRC sur le territoire, explique la directrice de l'association des libertés civiles, Harsha Walia.

Les Wet'suwet'en se sentent naturellement assiégés.

Une citation de :Harsha Walia, directrice de l’association des libertés civiles de la Colombie-Britannique

La plainte présente des témoignages faisant état du caractère arbitraire du traitement des personnes essayant d’entrer sur le territoire de Wet'suwet'en par les agents de la GRC.

Irina Ceric est professeure à l'Université polytechnique de Kwantlen. Elle affirme être de ceux qui ont été refoulés par les autorités. Un jour, je n'ai pas pu entrer, et un jour, j'ai pu y entrer, a-t-elle témoigné en conférence de presse.

Défier les points de contrôles

Des opposants au pipeline Coastal Gaslink ont établi un troisième campement à environ 500 mètres d’un point de contrôle de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), ce qui permet aux militants d’accéder au territoire sans être interrogés ou refoulés par les policiers.

Une campement improvisé près d'une forêt enneigée.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des militants en train de pelleter de la neige, de couper du bois et d'élever les murs d'une cabane dans le nouveau campement.

Photo : Facebook/Wet'suwet'en sur le territoire Gidimt'en)

Les manifestants se disent défenseurs des terres et soutiennent les chefs héréditaires des Wet'suwet'en, qui tentent de freiner la construction d’un pipeline gazier sur leurs territoires traditionnels.

Bien que Coastal GasLink ait signé des accords avec 20 conseils élus des Premières Nations le long du tracé, ceux-ci affirment que le projet ne peut se réaliser sans leur consentement.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, la porte-parole du clan Wet'suwet'en Gidimt'en, Molly Wickham, exhorte les manifestants à rester au campement et à en assurer l'approvisionnement.

Venez nous soutenir sur cette ligne de front, dit-elle.

Des gens construisent un campement en bois.

Molly Wickham (à gauche) et la chef Dtsa H'yl pendant la construction du nouveau campement situé à 27 kilomètres sur la route de service Morice Forest.

Photo : (Facebook)

Mme Wickham est l’une des 14 personnes arrêtées il y a un an par la GRC. La Couronne avait finalement abandonné toutes les accusations contre le groupe.

Une injonction accorde aux autorités le droit d'arrêter toute personne qui entrave le travail de Coastal GasLink.

Selon Molly Wickham, la construction de campements n'entrave d'aucune façon l'ordonnance de la Cour suprême de la Colombie-Britannique. Les chefs héréditaires et leurs alliés resteront sur cette terre pour toujours.

Nous avons le droit d'être sur notre territoire.

Une citation de :Molly Wickham porte-parole du clan Wet'suwet'en Gidimt'en

Qu'est-ce que Coastal GasLink?

Le projet Coastal GasLink prévoit la construction d'un gazoduc de 670 km reliant la région de Dawson Creek, dans le centre-est de la Colombie-Britannique, aux environs de Kitimat, dans le nord de la côte.

Le coût du pipeline est estimé à 6,6 milliards de dollars, et sa mise en service est prévue pour 2023.

Source : Coastal GasLink

En quête d'une solution

Coastal GasLink a refusé de commenter l'affaire, affirmant que son objectif était de trouver une solution pacifique au conflit. La compagnie énergétique a temporairement retiré ses employés des terres litigieuses après l'avis d'expulsion remis par des Wet’suwet’en le 5 janvier.

Le premier ministre John Horgan a récemment nommé l’ancien député fédéral Nathan Cullen comme « agent de liaison » entre les parties en conflit.

Des manifestations en soutien aux opposants du pipeline ont eu lieu ailleurs au pays, notamment dans la région de Toronto, où des groupes autochtones se sont rassemblés devant les bureaux de la GRC à Etobicoke.

Avec les informations de Timothé Matte-Bergeron et Betsy Trumpener

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