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Coronavirus : l'OMS déclare l'état d'urgence de santé publique internationale

Un homme regarde une bouteille dans les allées muni de lunettes de ski et d'un masque.

Un homme fait ses achats dans une épicerie de Pékin, en Chine, muni de lunettes de ski et d'un masque pour tenter de se protéger du virus.

Photo : afp via getty images / NICOLAS ASFOURI

Radio-Canada

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré l'état d'urgence de santé publique internationale en raison du nombre croissant de pays dans lesquels se répand l'épidémie de coronavirus.

En conférence de presse à Genève, en Suisse, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a expliqué que cette déclaration d’urgence sanitaire internationale ne constitue pas un vote de non-confiance envers la Chine qui déploie des efforts jamais vus pour tenter de contenir l’épidémie.

Si ce n’était de la vitesse à laquelle les autorités médicales et sanitaires chinoises ont répondu, a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus, l’épidémie aurait fait beaucoup plus de victimes à l’heure actuelle. Le gouvernement chinois doit être félicité, a-t-il déclaré d’entrée de jeu.

Or, c’est principalement le fait qu’en dépit des efforts déployés, l’épidémie de coronavirus 2019-nCoV ne faiblit pas et continue de gagner du terrain dans le monde.

Notre plus grande préoccupation est la possibilité que le virus se propage dans des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles.

Tedros Adhanom Ghebreyesus., directeur général de l'OMS

Selon le dernier bilan des autorités chinoises, l’épidémie de coronavirus a fait 212 morts au pays, soit 42 de plus que le précédent total. L'épidémie a également fait plus de 1200 contaminations supplémentaires dans la province de Hubei au cours des dernières 24 heures, portant le total national à 8900 cas.

Les autorités chinoises font également état de plus de 12 000 cas considérés comme suspects sur leur territoire, qui abrite la ville de Wuhan où l’épidémie a vu le jour il y a un mois.

En incluant la Chine, environ 9000 cas d’infections sont signalés dans au moins 21 pays et territoires, dont Macao et Hong Kong.

Une mesure administrative

Tedros Adhanom Ghebreyesus s'adresse aux journalistes.

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré jeudi l'état d'urgence de santé publique internationale en raison de l'épidémie de coronavirus qui se répand dans le monde.

Photo : afp via getty images / FABRICE COFFRINI

Selon Cécile Tremblay, infectiologue au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), la déclaration de l'état d'urgence de santé publique internationale par l'OMS ne signifie pas que la situation est devenue hors de contrôle.

C’est surtout pour aider à coordonner et débloquer des budgets pour aider les pays dont les infrastructures de santé sont moins bonnes. Ça ne veut pas dire que le risque pour les Canadiens s’est accentué beaucoup entre hier et aujourd’hui, a précisé Mme Tremblay sur les ondes d'ICI RDI.

Cela constitue également un appel à tous les pays de prendre des mesures dès maintenant pour protéger leur population, a expliqué l'infectiologue du CHUM.

Pas question d'isoler la Chine

Du personnel médical, qui porte une combinaison protectrice, prodigue des soins à un patient.

Le personnel médical d’un hôpital de Wuhan, en Chine, traite un patient atteint du coronavirus.

Photo : Reuters / China Daily CDIC

Malgré la détérioration de la situation sanitaire, l'OMS estime qu'il n'est pas nécessaire de limiter les voyages et les échanges commerciaux avec la Chine et s'oppose même à toute restriction aux voyages, a déclaré M. Ghebreyesus.

Dans un communiqué, l'OMS explique que restreindre la circulation des personnes et des biens pendant une urgence de santé publique peut perturber la distribution de l'aide, en plus d'avoir des effets négatifs sur l'économie des pays touchés.

Plusieurs compagnies aériennes ont néanmoins suspendu ou réduit leurs vols vers la Chine continentale par mesure de précaution.

Depuis jeudi, le nombre de personnes infectées dans le monde a dépassé les 5327 personnes infectées en 2002 et 2003 lors de l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui avait tué 774 personnes.

Dans le centre de la Chine, où la nouvelle épidémie a commencé, plus de 56 millions de personnes sont confinées dans les villes de la province de Hubei, dont la métropole Wuhan, foyer de l’épidémie.

Rapatriement de milliers de ressortissants étrangers

Plusieurs pays, dont les États-Unis, le Japon et la France, organisent des opérations d’évacuation de leurs ressortissants qui se trouvent dans les zones de confinement en Chine.

D'autres pays planifient des opérations similaires. L'Italie a annoncé l'envoi d'un avion jeudi, Berlin prévoit l'évacuation de quelque 90 Allemands dans les prochains jours et le Canada affrétera un avion. L'Australie et le Royaume-Uni envisagent également des évacuations. La Nouvelle-Zélande a annoncé jeudi qu'elle affréterait un avion de 300 places.

Aux États-Unis, 195 Américains arrivés mercredi matin sur une base militaire californienne ont été examinés. Aucun ne présente les symptômes du virus, mais tous y resteront en quarantaine pendant 72 heures.

En revanche, parmi les 206 Japonais rapatriés mercredi à Tokyo, 3 ont été contaminés. Ces trois cas s'ajoutent aux 8 déjà recensés précédemment dans l'archipel.

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