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Un détecteur de cannabis utilisé sélectivement par les policiers sur les routes

L'agent de la PPO tape sur le clavier de l'appareil.

Un agent de la Police provinciale de l'Ontario entre des données dans un Dräger DrugTest 5000.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Presque deux mois après le début de l’utilisation du Dräger DrugTest 5000, la Police provinciale de l’Ontario (PPO) affirme qu'elle ne se sert pas de l'appareil pour tous les conducteurs soupçonnés d'avoir consommé de la marijuana. Elle réserve plutôt le test aux nouveaux conducteurs, aux jeunes de moins de 21 ans et aux chauffeurs de camions commerciaux.

À droite un agent de la police et à gauche, une femme qui utilise un dispositif pour recueillir la salive.

Un agent de la PPO obtient un échantillon de salive pour l'appareil de détection de THC Dräger DrugTest 5000.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Pour ce groupe de conducteurs, c’est tolérance zéro et c’est un choix stratégique d’utiliser l’appareil auprès de cette population.

Une citation de :Cynthia Savard, Police provinciale de l’Ontario

L’agente Savard ajoute cependant qu’un conducteur qui échoue au test de dépistage par la salive de l’appareil Dräger ne fera pas face à des accusations criminelles. Son permis de conduire sera suspendu pour trois jours.

À droite l'appareil DrugTest 5000 de la compagnie Dräger accompagné, au bas à gauche, de l'alcootest du même fournisseur.

L'appareil DrugTest 5000 de la compagnie Dräger accompagné, au bas à gauche, de l'alcootest du même fournisseur.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Les récidivistes risquent des suspensions plus longues et d’autres conséquences comme la participation obligatoire à un programme de traitement, entre autres.

Un appareil inutile?

La criminologue et professeure à l’Université d’Ottawa Line Beauchesne ne croit pas que les autorités devraient investir dans ces appareils qui coûtent environ 6000 $ chacun.

La professeure Line Beauchesne en entrevue au Téléjournal Acadie le 4 avril 2019.

Line Beauchesne, professeure de criminologie à l’Université d’Ottawa

Photo : Radio-Canada

L’appareil détecte la présence de THC dans la salive et ne nous dit pas si la personne a des facultés affaiblies […] Tout ce que ça nous dit c’est que la personne en a pris dans les jours ou les semaines passées même, si c’est un usager régulier, par exemple.

Une citation de :Line Beauchesne, criminologue, Université d’Ottawa

Selon Mme Beauchesne, les autorités devraient plutôt former tous les agents pour qu’ils puissent faire passer le test de sobriété normalisé sur le terrain à un individu soupçonné de conduire avec les facultés affaiblies.

C’est quelque chose que je trouve très mystérieux, ajoute la criminologue. Ce ne sont pas tous les policiers qui ont la formation pour faire passer le test de réflexe sur le bord de la route, qui, selon moi, demeure le meilleur moyen pour déterminer si une personne a les meilleurs réflexes pour conduire.

Le 27 août 2018, la ministre fédérale de la Justice de l'époque, Jody Wilson-Raybould, avait approuvé le premier appareil de dépistage de drogue en bordure de la route afin de soutenir la police dans la lutte contre la conduite avec les facultés affaiblies par la drogue.

En juin 2019, un deuxième appareil a aussi été approuvé par le ministère de la Justice du Canada. Le SoToxa de la compagnie Abbott est de plus petite taille et effectue le même genre de diagnostic que l'appareil de la compagnie Dräger à l'aide d'un échantillon de salive pour détecter la présence de THC. La PPO envisage maintenant de s’en procurer.

Gros plan sur l'écran de l'appareil sur lequel on peut lire en anglais « Analyse complétée ».

Le Dräger DrugTest 5000 est utilisé pour évaluer la présence de THC dans l’organisme à l'aide d'un échantillon de salive.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

L’Association canadienne des chefs de police (ACCP) indiquait dans un communiqué lors de l’annonce de la ministre de la Justice que l’appareil autorisé représente un excellent point de départ.

L’ACCP ne cesse de rappeler aux gens que ces appareils ne représentent qu'une seule partie de la solution, peut-on lire dans le communiqué. Cet appareil est un outil qui s'ajoute aux épreuves de coordination de mouvements et aux experts en reconnaissance des drogues qui demeurent essentiels à la détection de la conduite avec facultés affaiblies par la drogue.

Selon les chiffres de la PPO, 23 Dräger DrugTest 5000 sont répartis aux quatre coins de la province.

Dans l’Est ontarien, on trouve quatre appareils, dans des centres d’inspection du ministère des Transports de l’Ontario, dont deux le long de l’autoroute 401, entre Kingston et la frontière avec le Québec.

La Police provinciale indique aussi pouvoir transporter l'appareil pour l'utiliser sur les lieux d'un accident ou d'un barrage routier du programme RIDE.

L'appareil de détection ne fonctionne cependant que dans un environnement où la température est de plus de 5 degrés Celsius.

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