•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La reconnaissance faciale dans la mire des commissaires à la vie privée de l'Atlantique

Reconnaissance faciale

Les gouvernements de l'Atlantique n'ont pas pensé à toutes les implications de cette technologie, selon les commissaires (archives).

Photo : iStock

François Pierre Dufault

Les quatre commissaires à la protection de la vie privée en Atlantique soulèvent des préoccupations par rapport à l'utilisation de la technologie de reconnaissance faciale dans la production des permis de conduire. Ils invitent les gouvernements de la région à « examiner attentivement » les implications de cette technologie en matière de protection de la vie privée.

La production des permis de conduire du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve-et-Labrador est centralisée depuis 2017. Les quatre provinces ont signé une entente avec une entreprise spécialisée dans le secteur de la sécurité numérique, qui produit désormais les permis en Ontario.

Les photos sur les nouveaux permis de conduire sont gravées au laser. Un logiciel de reconnaissance faciale est utilisé dans le but de prévenir les vols d'identité. Ce logiciel compare la photo d'un nouveau permis de conduire avec les photos existantes dans la base de données de chaque province.

Charles Murray, ombudsman du Nouveau-Brunswick.

Charles Murray, ombudsman du Nouveau-Brunswick (archives)

Photo : Radio-Canada

Cette forme d'identification biométrique est très puissante, reconnaît d'emblée Charles Murray, l'ombudsman et commissaire à la protection de la vie privée du Nouveau-Brunswick. Mais [les gouvernements] n'ont pas pensé à toutes les implications de cette technologie. Nous partageons nos données personnelles sans consentement. Et s'il y a une brèche dans le système, c'est presque impossible de régler ce genre de problème.

On peut toujours vous donner une autre carte de crédit si votre carte est compromise. Mais votre visage, c'est autre chose.

Charles Murray, ombudsman et commissaire à la protection de la vie privée du Nouveau-Brunswick

Sur son site Internet, le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard précise qu'un logiciel de reconnaissance faciale est utilisé pour empêcher les conducteurs suspendus ou les fraudeurs d'obtenir un permis de conduire, et que les données de reconnaissance faciale ne seront pas partagées avec des tiers, sauf si une ordonnance du tribunal l'exige.

Malgré tout, la commissaire insulaire à la protection de la vie privée, Karen Rose, juge que le gouvernement provincial n'a pas clairement expliqué aux demandeurs de permis de conduire les raisons pour lesquelles leurs photos sont traitées par un logiciel de reconnaissance faciale et conservées dans une base de données.

La commissaire à la vie privée de l'Î.-P.-É., Karen Rose.

La commissaire à la vie privée de l'Î.-P.-É., Karen Rose (archives)

Photo : CBC/Krystalle Ramlakhan

Bien que [la reconnaissance faciale] soit l'équivalent de la reconnaissance de l'iris ou des empreintes digitales, c'est quelque chose qui peut être fait sans qu'aucun d'entre nous le sache.

Karen Rose, commissaire à la protection de la vie privée de l'Île-du-Prince-Édouard

Les quatre commissaires à la protection de la vie privée en Atlantique disent qu'il incombe aux gouvernements de la région d'informer et de consulter le public sur l'utilisation de la reconnaissance faciale.

Un avocat spécialisé dans la protection de la vie privée, David Fraser, s'inquiète quant à lui de l'utilisation des données de reconnaissance faciale à d'autres fins que la prévention du vol d'identité. Ces images pourraient être comparées à celles de caméras de surveillance pour déterminer si un individu se trouvait à un endroit à un moment précis, laisse-t-il entendre.

L'avocat David Fraser affirme que le processus pour obtenir une interdiction de publier est complexe, coûteux et peut-être même angoissant.

David Fraser, avocat spécialisé dans la protection de la vie privée (archives)

Photo : Radio-Canada / CBC

L'avocat basé à Halifax rappelle qu'en 2011, le bureau du commissaire à la protection de la vie privée de la Colombie-Britannique a dû intervenir pour empêcher la société provinciale de l'assurance automobile de partager sa base de données de reconnaissance faciale avec la police afin d'aider les enquêteurs à identifier des émeutiers après la défaite des Canucks de Vancouver en finale de la Coupe Stanley.

Avec des renseignements de Kerry Campbell, de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Île-du-Prince-Édouard

Prévention et sécurité