•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des commémorations pour briser les préjugés, 3 ans après l'attentat de la grande mosquée

Boufeldja Benabdallah, président du Centre culturel islamique de Québec lors des commémorations de l'attentat du 29 janvier en 2020

Boufeldja Benabdallah, président du Centre culturel islamique de Québec a insisté sur l'importance du partage et du dialogue de la soirée.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Turgeon

Radio-Canada

Le Centre culturel islamique a ouvert ses portes à la population en cette journée de commémorations, trois ans après la fusillade à la grande mosquée de Québec.

Une soirée a également eu lieu à l'église Saint-Mathieu à Sainte-Foy avec des témoignages, des discours et un repas.

Le président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), Boufeldja Benabdallah a insisté sur l'importance du partage et du dialogue.

La guérison n'est pas un chemin en ligne droite et il est normal encore à ce jour d'éprouver une profonde tristesse.

« On ne guérit pas facilement. Le jour où on va guérir, c'est le jour où on va nous considérer tous des citoyens à part entière. Que ce fils qui a perdu son père, on ne lui dise pas qu'il est le fils d'un immigrant, mais qu'il est un citoyen », a-t-il affirmé, déclenchant les applaudissements de la foule.

Le grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui, a été le premier à prendre la parole.

« Le racisme, la discrimination la haine, le mépris, l'indifférence, on a connu ça », a-t-il affirmé, après avoir témoigné de sa solidarité avec les familles des victimes.

Ne croyez jamais personne qui tente de vous rabaisser, soyez toujours fier de qui vous êtes, de votre origine, de votre culture, de vos valeurs. Soyez fier de qui vous êtes. C'est ce qu'on célèbre dans cette commémoration.

Une citation de Le grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui

Le maire Régis Labeaume, qui a qualifié de « mauvais rêve » la soirée fatidique de janvier 2017, a parlé des questions qui l'assaillaient quelques heures après le drame.

« Comment on va s'en sortir? Comment on va se sortir de ce drame-là? Je ne voyais pas d'issue », a raconté M. Labeaume. Mais le lendemain, tous étaient mobilisés, s'est-il remémoré.

Dans la douleur, le rassemblement collectif du 28 janvier 2017 aura été un moment de beauté, insiste le maire.

« On s'en est sortis, collectivement, parce qu'on s'aimait. Ce n'est pas démodé l'amour, en passant. »

Devoir de mémoire

Pour le premier ministre François Legault, il était inimaginable de croire que pareil événement ait pu se produire il y a trois ans.

« J'essaie de me mettre à votre place et je ne peux pas imaginer le sentiment d'horreur, d'injustice que vous avez pu ressentir », a-t-il confié.

On a un devoir de vigilance, de mémoire. On est ici pour se rappeler que le Québec n'est pas à l'abri de cette haine.

Une citation de François Legault, premier ministre du Québec

Ouvrir les portes et les coeurs

Plusieurs activités ont été organisées toute la journée dans la capitale. Les organisateurs souhaitaient recevoir la population pour répondre aux questions et discuter.

Pour le co-porte-parole du comité citoyen organisateur des commémorations du 29 janvier à Québec, c'est l'occasion de parler de vivre-ensemble, mais aussi de rappeler qu'il reste beaucoup de travail à faire.

Le racisme et l'islamophobie, c'est aussi des personnes qui s'appellent Mohammed ou Kadiatu qui ont leur CV qui valent moins cher que s'ils s'appelaient Pierre ou Isabelle, estime Sébastien Bouchard.

Il souligne que l'islamophobie existe encore et qu'il faut la nommer et la dénoncer. M. Bouchard ajoute d'un autre côté que les 15 000 personnes qui se sont déplacées au lendemain de l'attentat du 29 janvier ont démontré qu'il y avait aussi une ouverture d'esprit à Québec.

L'enfer des réseaux sociaux

Un survivant de la fusillade qui a fait six morts et de nombreux blessés estime que, dans la vie de tous les jours, au travail, dans ses activités, il ne voit pas beaucoup la haine.

Ahmed Cheddadi précise toutefois que sur les réseaux sociaux, c'est complètement différent. Quand je rentre là, c'est un tout nouveau monde, dit-il, c'est comme si je vis dans deux mondes.

Il déplore qu'il y ait une minorité de gens qui est très visible en ligne et qui nuit au vivre-ensemble.

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

En cours de chargement...

Infolettre ICI Québec

Une fois par jour, recevez l’essentiel de l’actualité régionale.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre d’ICI Québec.