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  • En 1970, le naufrage du SS Arrow dévaste une partie de la Nouvelle-Écosse

    Image de l'épave du SS Arrow

    Le 4 février 1970, le SS Arrow coulait près du littoral de l'île du Cap-Breton.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le 4 février 1970, le pétrolier SS Arrow fait naufrage près d’Arichat et de l’Isle Madame, au sud-est de l’île du Cap-Breton. Cet accident provoque un déversement de pétrole qui a d’importantes répercussions pour la population et l’environnement de la région.

    Un naufrage qui n’aurait pas dû avoir lieu

    Nos pêcheurs ici, qui connaissent la région, et d’autres même, trouvent que c’est assez difficile à comprendre. Comment ce bateau-citerne, ce pétrolier, a pu s’éloigner pratiquement d’un mille et demi de la course qu’il devait suivre pour aller se flanquer sur ce rocher-là?

    A. P. Poirier, curé de la paroisse d’Arichat, 1970

    Le questionnement du curé Poirier, interviewé par le journaliste Jean Ducharme dans cet extrait du reportage qu’il présente à Format 60 le 27 février 1970, est tout à fait légitime. Si toutes les règles de l'art maritime avaient été suivies, nous n'aurions pas à souligner qu’un bateau-citerne rempli de pétrole a fait naufrage dans la baie de Chédabouctou le 4 février 1970.

    Le SS Arrow, battant pavillon libérien, venait approvisionner l’île du Cap-Breton. Mais quelque chose ne tournait pas rond sur ce bateau : le capitaine ne possédait pas de cartes maritimes précises de la région et le radar du navire fonctionnait mal. C’est donc pratiquement à l'aveuglette que le SS Arrow entre dans la baie de Chédabouctou.

    Il frappe le rocher du Cerbère, pourtant facilement identifiable dans la baie, après avoir dévié de sa route. Le navire déverse alors une partie de sa cargaison de pétrole dans la baie. L’accident souille 300 kilomètres de côtes, de même que les eaux de cette partie de l’Atlantique.

    On comprend que les gens, qui habitent les villages près du lieu du naufrage, et qu’interroge le journaliste Jean Ducharme, soient consternés.

    Un mode de vie menacé

    Comme un peu partout en Nouvelle-Écosse et sur l’île du Cap-Breton, les villages près de la baie de Chédabouctou abritent des communautés de pêcheurs.

    Un deuxième extrait du reportage du journaliste Jean Ducharme présenté à Format 60 le 27 février 1970, montre les graves dommages que le déversement de pétrole a eu pour ces communautés.

    Le curé A. P. Poirier l’affirme : si ce naufrage avait eu lieu 20 ou 25 ans auparavant, ça aurait été une catastrophe. À cette époque, la pêche était pratiquement le seul gagne-pain dans cette portion de l’île du Cap-Breton. Cependant en 1970, l’économie s’était un peu diversifiée.

    Mais à Petit-de-Grat, tout près d’Arichat, les 400 travailleurs de l’usine de transformation de poisson sont tout de même très inquiets. S’ils ne peuvent utiliser l’eau de mer, que le pétrole déversé a souillée, pour transformer leurs poissons, l’usine va fermer. C’est une perspective assez angoissante quand on a six ou huit enfants à nourrir, comme certaines personnes interrogées par Jean Ducharme.

    45 ans après le naufrage, du pétrole s’échappe encore...

    Durant l’été 2015, une équipe de Transport Canada repère une nappe de pétrole au-dessus de l’épave du SS Arrow. L’équipe environnementale de la garde côtière doit rapidement tenter de récupérer près de 20 000 litres de pétrole qui dorment dans le réservoir du navire.

    Comme le montre le reportage de la journaliste Rebecca Martel présenté au Téléjournal du 28 octobre 2015, le travail de récupération est compliqué et difficile. L’épave est située à 20 mètres de profondeur et les plongeurs ne peuvent travailler que 45 minutes à la fois.

    Quant aux habitants de l’Isle Madame, ils expriment simultanément de l’inquiétude et de la colère. Ils trouvent incroyable que du pétrole s’échappe de l’épave 45 ans après le naufrage. Par ailleurs, ils espèrent que, cette fois-ci, le nettoyage sera bien fait.

    Il existe toujours une usine de transformation de poisson à Arichat, qui emploie 200 personnes à temps complet ou partiel.

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