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La BBC supprime 450 emplois dans sa salle de nouvelles

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La BBC, dont on voit ici le siège londonien, souhaite investir davantage dans le numérique.

Photo : Getty Images / Carl Court

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La British Broadcasting Corporation (BBC) a annoncé mercredi la suppression de 450 postes à la rédaction dans le cadre d'un plan de « modernisation » visant à s'adapter aux nouvelles habitudes du public, à l'approche de délicates négociations sur le financement de l'audiovisuel public britannique.

Confronté à l'exode des jeunes auditeurs vers les plateformes numériques, attaqué à gauche comme à droite pour sa couverture politique dans le contexte très polarisant du Brexit, le géant britannique aux plus de 20 000 employés est engagé dans un plan d'économie de 80 millions de livres sterling (près de 140 millions de dollars canadiens).

Et le gouvernement conservateur de Boris Johnson a menacé de réduire son financement.

« Nous devons remodeler BBC News pour la prochaine décennie de manière à économiser des sommes substantielles. »

— Une citation de  Fran Unsworth, directrice de l'information de BBCNews

Les pertes d'emplois liés à ces changements sont évaluées à environ 450, selon un communiqué.

Le groupe souhaite investir davantage dans le numérique, avec une nouvelle version de son application BBC News. Sa rédaction sera réorganisée afin de réduire les doublons entre les différents médias et supports et le nombre de sujets traités va baisser.

Davantage de journalistes seront déployés hors de Londres, pour répondre aux critiques qui accusent la BBC d'être un média déconnecté du grand public. Ces mesures d'économie touchent notamment Newsnight, émission politique phare de la BBC dans laquelle a été diffusée en novembre la longue et désastreuse entrevue du prince Andrew sur ses liens avec le milliardaire pédophile Jeffrey Epstein.

« La BBC doit s'adapter aux changements dans la manière dont le public nous utilise. Nous devons nous adapter et nous assurer de continuer à être l'organisation médiatique la plus fiable au monde, mais surtout, d'être pertinente pour les personnes que nous ne touchons pas actuellement. »

— Une citation de  Fran Unsworth, directrice de l'information de BBC News

Ces mesures vont dans le sens d'un rapport du régulateur audiovisuel britannique, l'Ofcom, qui avait appelé la BBC à s'adresser plus aux jeunes pour éviter de perdre une génération entière de contributeurs à la redevance.

Selon le régulateur, la BBC reste la principale source d'information des Britanniques, et sa réputation de précision et de confiance se maintient. Mais le temps de visionnage chute chez les enfants et les jeunes adultes, là où Netflix progresse.

265 $ par année par ménage

La BBC explique devoir économiser 80 millions de livres sterling d'ici 2022. La moitié a déjà été trouvée, l'autre devant l'être grâce aux mesures annoncées mercredi. Elle doit notamment compenser la suppression de la redevance pour les plus de 75 ans à partir de juin.

Actuellement, 25,8 millions de foyers payent la redevance (154,50 livres sterling, soit 265 $ CA), apportant 3,6 milliards de livres (près de 6,2 milliards de dollars canadiens) à la BBC. Mais le financement du groupe doit être rediscuté en 2022.

Cette échéance arrive dans un moment délicat pour le média public critiqué, à droite comme à gauche, pour son traitement de la campagne des élections législatives du mois dernier. Critiqué pour avoir refusé de répondre à un intervieweur très mordant de la BBC, le premier ministre Johnson envisage une baisse de la redevance et une réduction des amendes pour ceux qui ne la payent pas.

Dans ce contexte, le directeur général de la BBC, Tony Hall, avait annoncé le 20 janvier sa démission, dans les intérêts de l'organisation.

Selon plusieurs médias britanniques, ce départ anticipé a irrité Downing Street. Il permet en effet que le remplacement de Tony Hall soit décidé par le président actuel de l'organisation, David Clementi, et non par le successeur de ce dernier qui doit être nommé par le pouvoir.

Le dirigeant conservateur s'est toutefois défendu de vouloir s'en prendre à l'institution, assurant que la BBC était une institution britannique chérie et non l'ennemi mortel du Parti conservateur lors de la séance hebdomadaire de questions au Parlement mercredi.

À l’interne, la BBC est confrontée à une fronde sur la question de l'égalité salariale. S'estimant désavantagées par rapport à leurs collègues masculins, plusieurs présentatrices l'ont poursuivie en justice.

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