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Aluminium et ACEUM : Chrystia Freeland reçoit une délégation du Saguenay−Lac-Saint-Jean

Un groupe de personnes debout dans les couloirs du parlement canadien.

Marc Asselin, maire d'Alma, et à sa droite Josée Néron, mairesse de Saguenay, au sein d'une délégation du Saguenay−Lac-Saint-Jean, venue défendre l'industrie de l'aluminium du Québec.

Photo : Radio-Canada

Au terme d'une rencontre, élus et représentants syndicaux disent avoir obtenu de Chrystia Freeland la promesse qu'elle discutera avec les États-Unis et le Mexique des enjeux et périls que pose le nouvel accord de libre-échange pour l'industrie de l'aluminium au Québec.

Le maire d'Alma, Marc Asselin, s'est dit rassuré au sortir de cette rencontre qui a réuni, mercredi, la ministre Freeland avec une délégation du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Désormais vice-première ministre, Chrystia Freeland avait négocié l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) et elle en a conservé la responsabilité après être passée des Affaires étrangères aux Affaires intergouvernementales, au début du second mandat de Justin Trudeau.

Elle [Chrystia Freeland] s'est engagée à rediscuter de cette problématique-là, pour nous, a expliqué Marc Asselin en conférence de presse.

Selon M. Asselin, Mme Freeland comprend mieux les enjeux auxquels fait face l'industrie québécoise de l'aluminium dans le contexte de l'ACEUM, maintenant qu'elle a écouté les arguments de la délégation. Les élus et représentants syndicaux se disent conscients qu'il n'est pas question de renégocier l'ACEUM; ils espèrent plutôt qu'Ottawa parvienne à arracher, aux Américains et aux Mexicains, une entente parallèle au sujet de l'aluminium.

Nous ne sommes pas contre la ratification de l'entente, a déclaré la mairesse de Saguenay, Josée Néron.

Mais la délégation réclame des garanties fermes, comme l'a expliqué Alain Gagnon, président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida, qui dit assister, déjà, à une baisse des commandes dans les usines qu'on a.

Cette baisse s'explique par l'achat, par le Mexique, d'aluminium produit en Russie et en Chine, affirme le chef syndical d'Arvida.

En vertu de l'ACEUM, de l'aluminium fabriqué en Chine, par exemple, peut être considéré comme de fabrication nord-américaine s'il a subi en sol nord-américain une transformation, même mineure. Cet état de fait permettra aux pays signataires (notamment le Mexique, qui ne produit pas d'aluminium) d'acheter à moindre coût de l'aluminium de la Chine et de l'utiliser dans la production d'automobiles, entre autres industries.

La délégation du Saguenay–Lac-Saint-Jean martèle que cette brèche dans l'ACEUM peut lui causer du tort. Et elle s'est rendue à Ottawa armée d'une étude qui détaille l'impact qu'aurait l'annulation de sept projets d'agrandissement d'alumineries dans la région.

Commandée par des élus municipaux et des syndicats d'alumineries du Québec, cette étude évalue à des milliers de dollars les pertes potentielles de l'industrie de l'aluminium si cette brèche n'est pas colmatée.

Les dix prochaines années, ça va être désastreux si on n’a pas une protection majeure pour l’aluminium.

Alain Gagnon, président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida (Unifor)

J'ai déjà des entreprises, des PME, qui songent à déménager au Mexique pour profiter d'acheter de l'aluminium à bas prix, a déclaré Christian Fillion, directeur général de la Société de la Vallée de l'aluminium. De l'aluminium à bas prix dont l'empreinte carbone excède celle de l'aluminium fait au Québec, qui est le plus vert du monde, a rappelé M. Fillion.

Pas d'engagement formel

Ce qu'il est important de retenir de madame la ministre [Freeland], a déclaré le maire d'Alma, c'est que les revendications qu'on demande concernant la provenance de l'aluminium comme tel, au niveau canadien, soient regardées de plus près et soient rediscutées, avec cette entente. Alors de ce côté-là, je pense que je suis rassuré.

La délégation d'élus et de représentants syndicaux n'a toutefois obtenu aucun engagement formel de la part de Chrystia Freeland.

Au cabinet de cette dernière, on qualifie de productive la rencontre tenue mercredi avec les représentants du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Notre gouvernement a toujours été là pour l’industrie et les travailleurs de l’aluminium. Nous allons continuer d’appuyer et de défendre le secteur de l’aluminium et ses travailleurs. Le nouvel ALENA est un bon accord et les trois pays devront respecter l’entente et ses exigences.

Extrait de la déclaration transmise à Radio-Canada par l'attachée de presse de Chrystia Freeland

Un accord et des compromis

Déjà ratifié par les États-Unis et le Mexique, l'ACEUM doit encore l'être par le Canada. Mercredi, les députés fédéraux ont adopté une motion en vue du dépôt d'une loi qui permettra la mise en oeuvre de l'ACEUM.

Les députés du Bloc québécois ont voté contre cette motion, parce qu'ils estiment que les compromis consentis durant les négociations de l'accord ont été faits sur le dos du Québec. Deux députés bloquistes, Alexis Brunelle-Duceppe et Mario Simard, étaient d'ailleurs présents lors de la conférence de presse de la délégation.

Et selon François Legault...

Au Québec, l'industrie de l'aluminium représente près de 10 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects.

Dans les couloirs de l'Assemblée nationale, mercredi, le premier ministre du Québec, François Legault, a réitéré son appui à l'ACEUM, comme il l'avait fait en décembre dernier.

Écoutez, l'entente n'est pas idéale, mais c'est important de la ratifier rapidement, a déclaré M. Legault, qui considère par ailleurs qu'on ne perd rien dans le dossier de l'aluminium par rapport à la situation qui avait lieu avant. Le premier ministre fait ainsi référence à l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), créé en 1994 et que viendra remplacer l'ACEUM.

En vertu de ce qui a été négocié dans le cadre de l'ACEUM, 70 % des matériaux utilisés dans la construction d'automobiles en Amérique du Nord doivent être issus de l'Amérique du Nord. Dans l'ALENA, cette proportion était de 62,5 %.

Or, en ce qui a trait à l'acier, une spécification a été apportée dans l'accord : tous les procédés de construction doivent être régionaux, c'est-à-dire effectués en sol nord-américain. Seulement voilà : aucune protection de ce genre n'a été prévue pour l'aluminium.

La mairesse de Saguenay affirme que, durant la rencontre avec la ministre Freeland, des précisions ont été apportées quant aux mécanismes prévus dans l'ACEUM pour que la traçabilité de l'aluminium soit possible. Les processus qui seront mis en place visent justement à s'assurer que le 70 % soit interprété de la même façon par les trois pays, a dit Mme Néron.

Avec les informations de La Presse canadienne

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