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Le Manitoba s’oppose à une compensation de 75 000 $ pour un ancien gardien de prison

Dans un stationnement qui se trouve devant un édifice du gouvernement, des voitures garées.

Le 17 janvier, le Manitoba a déposé une requête à la Cour du Banc de la Reine demandant au juge de réduire le montant accordé à un ancien employé par la Commission des droits de la personne.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le ministère de la Justice du Manitoba s’oppose à une compensation de 75 000 $ accordée par la Commission des droits de la personne à un ancien gardien de prison ayant été harcelé au travail en raison de son homosexualité.

Le 17 janvier, la province a déposé une requête à la Cour du Banc de la Reine du Manitoba demandant au juge de réduire le montant accordé à l’ancien employé en décembre ou de renvoyer l’affaire à l’arbitre pour que l’indemnisation soit reconsidérée.

L’employé, que nous appellerons T. M. en raison d’une interdiction de publication de son identité, avait déposé une plainte auprès de la commission alléguant qu’il avait subi du harcèlement continu en raison de son orientation sexuelle alors qu’il travaillait comme agent des services correctionnels au Centre manitobain de la jeunesse.

T. M. a commencé à travailler au Centre en tant que conseiller en 2002. Il est ensuite devenu agent correctionnel. Il prévoyait continuer de travailler au Centre jusqu’à sa retraite, mais a démissionné en 2017.

Après une audience de trois semaines, l’arbitre Sherri Walsh avait estimé que la province avait failli à son devoir de maintenir un cadre de travail respectueux et sécuritaire pour T. M.

Dans une décision écrite de 36 pages, publiée le 19 décembre 2019, Sherri Walsh a accordé 75 000 $ à T. M. pour dommages et intérêts.

Elle a également ordonné à la province d'offrir une formation sur le harcèlement et de désigner un conseiller ou une conseillère respectueux en milieu de travail pour le personnel du Centre.

« Erreur de droit »

La province soutient que le montant de la compensation n’est pas justifié. Elle demande à voir des preuves de précédents pour ce type de décision.

Selon le ministère de la Justice du Manitoba, l’arbitre Sherri Walsh a commis une erreur de droit « en accordant un montant injustifiable de dommages-intérêts pour atteinte à la dignité, aux sentiments et au respect de soi », peut-on lire dans la requête déposée par la province en cour le 17 janvier.

En ce qui concerne l’exigence d’offrir une formation, le ministère de la Justice du Manitoba indique que la province a déjà mis en place une formation obligatoire pour tous ses employés, ce qui comprend la prévention du harcèlement, l’inclusion et la diversité.

T. M. déplore la démarche de la province et affirme que le ministère de la Justice ne comprend pas ce qu’il a subi.

C’est très blessant. C’est comme si quelqu’un nous mettait un couteau dans le dos. J’essaie d’avancer. J’essaie de recommencer ma vie, dit T. M.

Il espère que la décision de l’arbitre sera maintenue par la cour.

Avec les informations de Caroline Barghout

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