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« On ne sait pas encore quoi faire », déplore une Canadienne coincée en Chine

« Je comprends que ce n’est pas très simple de coordonner un rapatriement, mais si les autres pays peuvent le faire, c'est raisonnable que le Canada fasse la même chose », affirme Meghan Millward.

Deux personnes masquées marchent près d'un gigantesque globe terrestre sur lequel le territoire chinois est peint en rouge.

Deux personnes portant des masques de protection marchent près d'un globe terrestre dans le quartier financier de Shanghai.

Photo : Reuters / Aly Song

Radio-Canada

Une Montréalaise coincée en Chine avec son conjoint et ses deux enfants en bas âge en raison de l’épidémie de pneumonie virale qui secoue la Chine déplore le silence des autorités canadiennes face à leur situation.

Dans une entrevue accordée mercredi à Tout un matin, Meghan Millward affirme être sans nouvelle d’Ottawa depuis qu’elle s’est enregistrée auprès des autorités canadiennes en fin de semaine.

Elle se trouve actuellement avec sa famille dans un petit village situé à une heure de route de Wuhan, épicentre de l’épidémie, sans possibilité de se rendre à l’aéroport de Shanghai, où elle doit prendre un vol de retour vers Montréal.

J’ai appelé à l’ambassade à Pékin et au consulat à Shanghai, mais ils sont tous les deux fermés pour le Nouvel An. Et [quand j’appelle] la hotline, le numéro où on peut appeler 24 h/24 à Ottawa pour les urgences, les gens disent que la meilleure chose qu’on peut faire, c’est juste d’être enregistrés sur le site web et à part ça attendre, relate-t-elle.

Malgré ses nombreux appels, Mme Millward dit n’avoir aucun détail au sujet d’un possible rapatriement des Canadiens en Chine, évoqué pour une première fois mardi par le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne.

Avant aujourd’hui […] il n’y avait pas du tout de plan pour le rapatriement. Après la conférence de presse du ministre [Champagne], ils ont dit qu’il y a probablement quelque chose qu’on va faire, mais on ne sait pas encore quoi, parce il y a encore beaucoup de moving parts [éléments en mouvement, NDLR]. Alors, on ne sait pas encore quoi faire, explique la mère de famille.

Québec travaille avec Ottawa

À Québec, la ministre de la Santé, Danielle McCann, s'est dite bien au fait de la situation et assure que son gouvernement est en contact étroit avec Ottawa pour orchestrer une éventuelle évacuation, sans pouvoir dire quand ni de quelle façon les autorités canadiennes comptent procéder.

Actuellement c’est en discussion, ce n’est pas décidé, mais nous sommes en évaluation de rapatrier des Québécois, a expliqué la ministre McCann.

Mme Girault [Nadine Girault, ministre des Relations internationales] est impliquée et avec le fédéral, c’est elle qui s’occupe de ce volet-là. Évidemment elle va prendre la décision avec le fédéral, a poursuivi Mme McCann.

Questionnée dans les couloirs de l'Assemblée nationale sur le fait que d'autres pays évacuent déjà leurs ressortissants, la ministre québécoise s'est dite convaincue que des décisions vont se prendre dans de très bons délais. C’est une question de jours…, a-t-elle ajouté.

Sentiment d'abandon

Meghan Millward ne cache pas qu’elle se sent abandonnée par son pays d’origine. Oui, bien sûr. Je comprends que ce n’est pas très simple de coordonner un rapatriement, mais si les autres pays peuvent le faire, c’est raisonnable que le Canada fasse la même chose, laisse-t-elle tomber.

Nous, on ne demande même pas un vol nolisé, explique-t-elle, tout en admettant qu’elle le prendrait, le cas échéant. Son objectif est plutôt d’obtenir la permission de prendre l’autoroute pour se rendre à Shanghai. À l’heure actuelle, des barrières installées sur les routes du village l’empêchent d’agir de la sorte.

Si le Canada pouvait faire une entente avec la Chine pour qu’on puisse prendre l’autoroute pour se rendre à Shanghai, le reste on s’en occupe. Et quand on arrive au Canada, on est 100 % d'accord pour entrer en quarantaine immédiatement pour le temps qu’il faut. Bien sûr, on ne veut pas être un risque pour les autres Canadiens, pour les Montréalais, laisse-t-elle tomber.

Mme Millward précise que sa famille n’a pas de problème pour se nourrir, en raison des nombreuses poules élevées dans le village. Elle se plaint toutefois d’avoir les orteils et les doigts gelés à longueur de journée, les maisons du village où elle se trouve n’ayant pas de chauffage.

Tokyo et Washington évacuent des ressortissants

Si des pays comme le Japon et les États-Unis ont évacué mercredi des centaines de leurs ressortissants de Wuhan, et que d’autres, comme la France, s’apprêtent à faire de même, le Canada n’a toujours pas pris de décision à ce sujet, a admis mardi le ministre Champagne.

Toutes les options sont sur la table, a-t-il déclaré quand il a été interrogé sur cette possibilité. Il a tout de même évoqué la possibilité qu’Ottawa envoie un aéronef pour rapatrier ses citoyens ou réserver des sièges sur un avion afin d’assurer l’évacuation de ses ressortissants.

Selon les derniers chiffres officiels du ministère Affaires étrangères, 250 ressortissants canadiens sont officiellement enregistrés auprès de l'ambassade en Chine, et 126 d’entre eux ont fait appel aux services consulaires du ministère.

Nous essayons d’entrer en contact avec chacun d’entre eux et de comprendre leurs besoins, a assuré mardi le ministre Champagne.

La ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, a toutefois laissé entendre mercredi que les autorités canadiennes sont en discussion avec les Américains au sujet d'un rapatriement.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait savoir en début de journée qu’il revenait à chaque pays de décider s’il convient de rapatrier ses ressortissants coincés dans la région de Wuhan.

Si des pays veulent évacuer leurs ressortissants de Wuhan, la position de l’OMS est qu’il revient à leur gouvernement d’en décider, a indiqué un porte-parole de l’agence onusienne, Tarik Jasarevic, dans un courriel envoyé mercredi à Reuters.

Cette version diffère de celle offerte hier par le ministère chinois des Affaires étrangères, à l’occasion d’une visite à Pékin du directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Gebreyesus.

Le ministère affirmait que le Dr Gebreyesus avait profité de cette visite pour déclarer que l’OMS ne recommande pas l’évacuation des ressortissants étrangers.

Avec les informations de Reuters

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