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Charles Émond prend les rênes de la Caisse de dépôt

Pour les entreprises québécoises, « la meilleure défensive, c'est l'offensive », dit le nouveau président.

Charles Émond en entrevue sur un plateau de télévision.

Charles Émond a notamment travaillé pendant 18 ans à la Banque Scotia.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Charles Émond succédera à Michael Sabia au poste de président de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ). La nomination a été entérinée mercredi lors de la réunion du Conseil des ministres.

En poste à la CDPQ depuis un peu moins d’un an, M. Émond en était jusqu’ici le premier vice-président, Québec, Placements privés et Planification stratégique. À ce titre, il supervisait la mise en œuvre de la stratégie d’investissement de la Caisse dans la province ainsi que l’ensemble de ses activités de placements privés.

De passage à En direct avec Patrice Roy, sur les ondes d'ICI RDI, M. Émond a accepté de se prononcer, ne serait-ce que partiellement, sur la vente du réseau RONA à l'américaine Lowe's. La Caisse était alors le principal actionnaire de la chaîne de quincailleries et de magasins de rénovation, avec 15 % des parts.

S'il a soutenu qu'il était difficile de se remettre dans le contexte de la transaction, il a indiqué que ce secteur de l'économie a subi des vents de face; ça n'a pas été facile, d'ailleurs on le voit encore aujourd'hui. Je crois que la Caisse a pris une décision où elle voulait protéger le capital des déposants, avoir un rendement; elle a déjà défendu l'entreprise à plusieurs occasions, mais il semble qu'elle n'ait pas eu la chance d'améliorer la société convenablement.

Faut-il absolument protéger les entreprises d'ici? Cette idée est un peu un faux débat, a avancé le nouveau patron de la Caisse.

Pour moi, c'est une initiative de tous les jours de défendre et d'encourager nos entreprises à croître, à se mondialiser; la meilleure défensive, c'est l'offensive.

Charles Émond, nouveau président de la Caisse de dépôt et placement du Québec

Et s'il a concédé que les sièges sociaux sont très importants, il faut aussi créer de nouvelles [entreprises], entre autres en se tournant du côté de l'économie numérique.

La Caisse de dépôt et placement n'oubliera pas non plus d'aider les entreprises en difficulté, s'est engagé M. Émond, à l'évocation du délicat dossier de Bombardier.

Le géant québécois de l'ingénierie, dont la Caisse détient 30 % des parts de la filière Bombardier Transport, connaît des problèmes de rentabilité depuis plusieurs années. Le Québec était déjà venu à la rescousse de la société en 2016, lui permettant d'éviter la faillite, avait précisé son PDG, Alain Bellemare.

Sans vouloir dire si le gouvernement Legault a mis de l'avant une politique de nationalisme économique pour la Caisse, le patron de la société d'État a répété que les deux mandats de la Caisse, les rendements et le développement économiques, allaient de pair, plutôt que d'être en opposition.

C'est notre cour arrière, on a une relation étroite [avec les entreprises], on a une gamme de services, on connaît intimement cet écosystème, on peut le faire, et on le démontre, a ajouté M. Émond.

Une décennie « différente »

Il ne faut pas s'attendre à ce que les conditions économiques demeurent aussi favorables qu'elles l'ont été au cours des 10 dernières années, a également reconnu le nouveau patron de la Caisse sur le plateau de RDI économie.

Je pense maintenant qu'il y a un consensus, un peu partout, que pour aller chercher du rendement, il faudra travailler encore plus fort; ces actifs sont plus chers, les taux sont bas, il y a énormément de capital qui cherche à trouver les mêmes actifs, alors il faudra être agiles tout en demeurant résilients, a-t-il dit.

Nous serons testés, à un moment ou à un autre.

Charles Émond

Sans affirmer que la récession est à nos portes, M. Émond a rappelé que nous sommes au coeur du plus long cycle économique depuis longtemps.

À preuve, a-t-il soutenu, cette forte croissance du rendement boursier, alors que les profits des entreprises listées sous l'indice boursier S&P sont demeurés stables.

La Caisse « sortira »-t-elle des énergies fossiles? Selon M. Émond, la CDPQ a déjà entrepris un virage pour « verdir » ses placements. C'est une question de rythme. C'est certain que la destination est connue; il s'agit de le faire intelligemment pour les déposants, a-t-il mentionné.

Sur la question d'une possible multiplication des projets structurés à la manière du Réseau express métropolitain, dans lequel participe grandement la Caisse par sa branche CDPQ Infra, Charles Émond a plutôt souligné l'importance de bien livrer ce projet-ci; c'est la priorité.

Le modèle de gouvernance serait « possiblement » exportable par la suite, a avancé le PDG.

« Une belle expérience »

Le premier ministre François Legault a mentionné sur son compte Twitter que M. Émond saura concilier la double mission de la Caisse, soit de faire fructifier les actifs des déposants et de contribuer au développement de l'économie du Québec.

Il avait néanmoins accepté de décrire M. Émond en termes généraux :

C’est un relativement jeune homme – 47 ans –, brillant, qui a une belle expérience, autant une expérience bancaire à la Banque Scotia qu’une expérience en investissement-placement. Il connaît bien l’économie du Québec. Et c’est une personne aussi qui a prouvé qu’elle était capable de gérer du personnel.

François Legault

Maintenant, il y a d’autres candidats que j’ai rencontrés qui avaient aussi de belles qualités, a noté le premier ministre Legault.

Charles Émond devrait entrer en poste dès lundi prochain, puisque M. Sabia avait annoncé qu'il quitterait ses fonctions dès le début de février, même si son mandat – renouvelé en 2017 – n'aurait dû se terminer qu’à la fin de mars 2021.

M. Émond est surtout connu pour avoir travaillé 18 ans à la Banque Scotia, où il a été vice-président exécutif, finances. Il a occupé au sein de la division Scotia Capitaux les postes de chef mondial de la banque d’affaires et des marchés des capitaux, de même que de chef canadien pour les services de financement aux grandes entreprises.

Il siège de plus aux conseils d’administration de Bombardier Transport et de l’Orchestre symphonique de Montréal.

Michael Sabia, quant à lui, se joindra maintenant à l'Université de Toronto en tant que directeur de la Munk School of Global Affairs & Public Policy.

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