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Le plan de paix de Trump dénoncé dans le monde arabo-musulman

Des centaines personnes marchent dans une rue. Plusieurs brandissent des drapeaux palestiniens.

Des Palestiniens de Bethléem, en Cisjordanie, manifestent mercredi contre le plan de paix du président Trump.

Photo : La Presse canadienne / AP/Mahmoud Illean

Agence France-Presse

Le plan de paix pour le Proche-Orient du président Trump, présenté mardi, a immédiatement été rejeté par les Palestiniens et leurs alliés et accueilli avec circonspection ou de façon positive dans le reste du monde.

Ce plan, favorable à Israël auquel il accorde de nombreuses garanties et notamment un feu vert pour annexer les colonies, ne passera pas a rapidement réagi le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Il est impossible pour n'importe quel enfant, arabe ou palestinien, d'accepter de ne pas avoir Jérusalem comme capitale d'un État palestinien, a déclaré le président Abbas pour signifier l'étendue, selon lui, du refus palestinien de voir Jérusalem devenir la capitale indivisible d'Israël comme l'a proposé le président américain.

Je dis à Trump et Nétanyahou : Jérusalem n'est pas à vendre, nos droits dans leur ensemble ne sont pas à vendre et ne sont pas l'objet de marchandages. Et votre accord, cette conspiration, ne passera pas.

Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne

Le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a formellement rejeté le plan présenté à la Maison-Blanche. Nous n'accepterons pas de substitut à Jérusalem comme capitale de l'État de Palestine, a déclaré à l'AFP Khalil al-Hayya, un haut responsable du mouvement.

Ce plan ne passera pas et pourrait conduire les Palestiniens vers une nouvelle phase de leur lutte, avait prévenu le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, avant même l'annonce du président Trump.

Pour le mouvement chiite libanais Hezbollah, cette proposition n'est qu'une tentative d'éliminer les droits du peuple palestinien, historiques et légitimes.

Le projet de règlement contenu dans ce plan est des plus dangereux. Il vise à se débarrasser du droit au retour [des réfugiés palestiniens], à priver le peuple palestinien de son droit sur ses terres [...] et à créer des tensions sociales et démographiques et de la sédition qui ne serviront que les intérêts de l'ennemi et ses buts expansionnistes.

Communiqué du Hezbollah libanais

L'Iran a jugé que le plan de paix de la honte imposé par l'Amérique aux Palestiniens est la trahison du siècle et est voué à l'échec.

Le plan américain vise à imposer aux Palestiniens un nouveau fait accompli, a commenté président turc Recep Tayyip Erdogan. Même si certains pays arabes leur tournent le dos, nous continuerons de saisir les institutions internationales pour défendre le droit des Palestiniens et de Jérusalem.

Jérusalem est sacrée pour les musulmans. Le plan visant à donner Jérusalem à Israël est absolument inacceptable. C'est un plan visant à légitimer l'occupation israélienne.

Recep Tayyip Erdogan, président de la Turquie, cité par l'agence de presse étatique Anadolu.

La Jordanie a estimé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, que l'établissement d'un État palestinien indépendant sur les frontières de 1967 restait la seule voie pour une paix globale et durable.

Le plan du président Trump se fonde sur une solution à deux États, mais accorde nombre de garanties territoriales à Israël, bien au-delà des frontières existantes au moment de la guerre des Six Jours de 1967.

L 'Égypte a adopté une position prudente, se contentant d'appeler Israéliens et Palestiniens à un examen attentif et approfondi du plan.

L'Égypte appelle les deux parties concernées à un examen attentif et approfondi de la vision américaine [...] et à ouvrir des voies de dialogue, sous les auspices des États-Unis, pour une reprise des négociations, [afin de parvenir à] une paix juste et globale [et] à l'établissement d'un État palestinien indépendant.

communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères

Parmi les alliés des États-Unis, Londres était mardi soir le plus positif, qualifiant le plan de proposition sérieuse qui pourrait constituer une avancée positive.

L'Arabie saoudite a dit apprécier les efforts de Donald Trump. Tout désaccord avec le plan américain doit être résolu par la négociation de manière à faire avancer le processus de paix afin de parvenir à un accord qui consacre les droits légitimes du peuple palestinien, a affirmé le ministère saoudien des Affaires étrangères.

Lors d'un entretien téléphonique avec M. Abbas, le roi Salmane a quant à lui exprimé son soutien inébranlable aux Palestiniens.

Le chef de la diplomatie de l'Union européenne Josep Borrell s'est contenté d'indiquer que l'EU allait étudier et évaluer les propositions avancées, tout en réaffirmant son engagement ferme en faveur d'une solution négociée et viable à deux États.

Cette formule de solution négociée et viable à deux États, acceptable par les deux parties a été reprise par le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas.

La solution des deux États, en conformité avec le droit international et les paramètres internationalement agréés, est nécessaire à l'établissement d'une paix juste et durable au Proche-Orient. [La France] continuera d'agir en ce sens en lien avec les États-Unis, ses partenaires européens et tous ceux qui peuvent contribuer à la réalisation de cet objectif.

Communiqué de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères

La Russie a pour sa part prôné des négociations directes entre Israélien et Palestiniens, afin de parvenir à un compromis mutuellement acceptable.

Nous ne savons pas si la proposition américaine est mutuellement acceptable ou non. Nous devons attendre la réaction des parties, a déclaré aux agences russes le vice-ministre des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov.

À New York, le porte-parole des Nations unies a rappelé que l'organisation internationale s'en tenait aux frontières définies en 1967.

La position des Nations unies sur la solution à deux États a été définie à travers les ans par des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale auxquelles est tenu le secrétariat de l'ONU, a précisé Stéphane Dujarric dans un communiqué.

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