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Réseaux 5G : au tour de l'UE de poser des conditions à Huawei

De petits drapeaux de l'Union européenne, le logo de Huawei et la mention 5G parmi des composantes électroniques.

L'UE recommande à ses membres « d'appliquer des restrictions pertinentes pour les fournisseurs considérés comme présentant un risque élevé ».

Photo : Reuters / Dado Ruvic

Agence France-Presse

Après le feu vert partiel du gouvernement britannique, l'Union européenne (UE) a ouvert à son tour sa porte mercredi au chinois Huawei pour développer la 5G, à des conditions très strictes, mais au risque de mécontenter les Américains.

L'UE a présenté mercredi à ses États membres un guide de mesures à prendre pour assurer la sécurité des réseaux 5G.

Huawei a aussitôt salué dans un communiqué la décision des Européens, les félicitant pour leur approche objective et basée sur les faits concernant la sécurité de la 5G.

Washington fait pression sur ses alliés pour exclure Huawei, qu'elle soupçonne d'espionnage pour le compte de Pékin : l'Australie et le Japon l'ont écoutée, mais l'UE résiste, même si elle est toujours sous la menace d'une guerre commerciale avec les États-Unis.

En Europe, on accepte tout le monde, mais on a des règles; ces règles sont claires, exigeantes.

Thierry Breton, commissaire européen à l'Industrie

Cette boîte à outils, élaborée par tous les États membres de l'Union en collaboration avec la Commission européenne, contient des recommandations sur ce qu'il convient de faire pour éliminer les risques spécifiques au déploiement des infrastructures de la nouvelle technologie mobile 5G.

Ces recommandations, que les États membres de l'UE ont promis de suivre, ne sont pas contraignantes.

Selon le communiqué de l'UE, il est recommandé afin d'atténuer les risques pour la sécurité de procéder à des exclusions nécessaires [...] pour les actifs critiques et sensibles [...] tels que les fonctions de gestion et d'orchestration du réseau.

Chaque pays et chaque opérateur sont également appelés à avoir plusieurs sources de fournisseurs pour diminuer les risques.

Numéro deux sur le marché des téléphones intelligents, le chinois Huawei s'est imposé dans le développement de l'Internet mobile ultra-rapide 5G face à ses rivaux suédois Ericsson, finlandais Nokia et sud-coréen Samsung.

Thierry Breton en conférence de presse.

Thierry Breton, commissaire européen à l'Industrie, a présenté les recommandations de l'UE mercredi à Bruxelles.

Photo : Reuters / Yves Herman

Huawei évoque des liens forts avec l'Europe

Dans un entretien mardi au quotidien belge L'Écho, Walter Ji, patron de Huawei Europe, jugeait impossible que son entreprise soit exclue de l'UE.

Nous avons tissé des liens forts et posé des fondations solides avec nos partenaires technologiques locaux. Notre technologie est à la pointe et elle représente beaucoup de valeur commerciale aux yeux des opérateurs. Cela n'arrivera pas, avait-il prédit.

Même si M. Breton répète à l'envi que l'Europe n'est pas en retard sur la 5G, en rappelant qu'elle dispose de 50 % des brevets mondiaux dans ce domaine, il paraît difficile pour elle de se passer de Huawei : sur le plan industriel, il dispose d'une avance technologique sur ses concurrents et il est déjà présent dans de nombreux pays.

C'est d'ailleurs ce qu'a expliqué mardi le gouvernement britannique pour justifier sa décision : il a décidé d'intégrer Huawei aux déploiements de la 5G, tout en le maintenant éloigné des équipements les plus risqués, en particulier le coeur de réseau depuis lequel tout est piloté.

Alors qu'il s'apprête à quitter l'UE vendredi, le Royaume-Uni avait jusqu'ici travaillé avec les autres pays européens à l'élaboration de la boîte à outils.

En Allemagne, si la chancelière Angela Merkel plaide pour laisser la porte ouverte à Huawei, son partenaire de coalition social-démocrate est contre.

Dans ce pays, les opérateurs ont actuellement jusqu'à 60 % d'équipements Huawei dans leurs réseaux 3G et 4G, de sources concordantes. Une situation qui rendrait difficile le passage à une 5G sans équipements chinois et qui entraînerait la réinstallation de nouveaux équipements 4G notamment, et donc un surcoût important et du retard dans le déploiement.

Côté français, si une loi prévoit de renforcer le contrôle des équipements de réseaux avant leur installation afin de garantir leur sécurité, aucune disposition ne cible spécifiquement le groupe chinois.

En Espagne, en Italie, en Pologne ou en Grèce, notamment, il est déjà prévu que les opérateurs utilisent Huawei dans leurs déploiements, aux côtés d'Ericsson et de Nokia.

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