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Trois ans après l'attentat de Québec, la loi 21 vue comme un obstacle à la paix sociale

Une foule de manifestants.

Des opposants au projet de loi 21 qui manifestent à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Mélissa Francois

Jean-François Nadeau

Trois ans jour pour jour après l'attentat à la grande mosquée de Québec, la communauté musulmane dit vivre encore des moments extrêmement pénibles qui sont causés notamment par le gouvernement Legault.

Le président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), Boufeldja Benabdallah, dénonce l'adoption rapide de la Loi sur la laïcité de l'État.

Le gouvernement devait réfléchir mille fois avant de faire un geste. Nous aurions souhaité que la loi 21 n'existe pas. Quand le gouvernement a dit qu'il était le gouvernement de tout le monde, avec cette loi, il a pris une minorité en contrôle et rempli une promesse électorale pour la majorité, affirme-t-il.

La Loi sur la laïcité de l'État a été adoptée sous bâillon le 16 juin dernier. Elle interdit le port de signes religieux aux employés de l'État en position d'autorité, y compris les enseignants.

Communauté brimée

Boufeldja Benabdallah estime que la loi brime la communauté musulmane et que c'est en particulier la femme musulmane qui est pénalisée.

Le premier ministre Legault ne les voit pas, ces personnes, mais nous on les voit. On voit leur amertume et leur désolation. Elles avaient un idéal de travail. Cet idéal a été bafoué, lance-t-il.

Boufeldja Benabdallah, en portrait très rapproché, regarde vers sa droite. Il porte des lunettes et une chemise lignée grise et blanche.

Le président du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah

Photo : Radio-Canada

Legault en désaccord

Le premier ministre François Legault ne fait pas la même lecture.

Au contraire, la loi 21 vient éviter un dérapage dans les extrêmes. La loi est très modérée et limite le port de signes religieux pour très peu de personnes. Ne rien faire amène un plus grand risque de dérapage de la part de personnes racistes, affirme-t-il.

Le premier ministre du Québec, François Legault, à la sortie du conseil des ministres le 18 décembre 2019.

Le premier ministre du Québec, François Legault

Photo : Radio-Canada

Inquiétudes

Boufeldja Benabdallah observe néanmoins une plus grande ouverture des Québécois depuis la tuerie de la mosquée.

Ça fait 51 ans que je suis ici et je n'ai jamais vu ça. Les gens viennent vers nous, veulent savoir qui nous sommes. La majorité des gens viennent vers nous, a-t-il dit en entrevue à l'émission Première heure à Radio-Canada.

Il s'inquiète toutefois des contrecoups de la Loi sur la laïcité de l'État chez une minorité de citoyens.

Les gens de notre communauté se demandent toujours pourquoi la police ne nous revient pas avec des résultats. Il y a eu beaucoup de plaintes concernant par exemple des individus qui ont appelé, qui se sont promenés près de la mosquée, une femme qui s'est fait tirer son voile dans un centre d'achats, illustre Boufeldja Benabdallah.

Interventions policières limitées

Même si la tuerie a permis de sensibiliser et de rapprocher la police de la communauté musulmane, les interventions policières demeurent parfois difficiles à faire.

Avant, certains incidents étaient mis de côté parce qu'il n'y avait pas d'infraction criminelle. On parlait d'insultes, d'incivilités. On a sensibilisé notre personnel. Il demeure qu'on est toujours menottés par rapport aux incidents haineux, quand il n'y a pas de crime. Ça demeure difficile d'intervenir, affirme l'agent de liaison avec les communautés à la police de Québec, Jean-François Vézina.

Boufeldja Benabdallah demande que la police fasse davantage de sorties publiques concernant les plaintes pour gestes haineux, même si elles ne mènent pas à des arrestations.

Publiquement, dans les deux dernières années, les services de police sont régulièrement sortis pour des propos haineux tenus sur les réseaux sociaux, pour lancer un message fort que ce n'était pas acceptable, rappelle Jean-François Vézina.

Boufeldja Benabdallah reproche aussi au gouvernement du Québec de ne pas promouvoir le dialogue, comme il s'y était pourtant engagé après la fusillade.

Commémoration citoyenne

Le collectif citoyen 29 janvier, je me souviens organise mercredi un souper commémoratif à l'église Saint-Mathieu de Sainte-Foy. L'événement devrait réunir environ 300 personnes.

Il sera précédé d'une activité portes ouvertes au CCIQ.

Avec les informations de La Presse canadienne

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