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Le coronavirus freine les exportations de homards en Chine

Une serveuse d'un restaurant de Beijing amène un plat de homard vers une table.

La Chine était le principal marché pour les exportations canadiennes de homards vivants, d'août à octobre 2019.

Photo : Reuters / Jason Lee

Radio-Canada

L’expédition et la vente de homards en Chine diminuent considérablement dans la foulée de l’épidémie du coronavirus dans ce pays, qui est un marché crucial pour les exportateurs des Maritimes.

Ce virus entraîne chez les personnes atteintes des symptômes similaires à ceux de la grippe. L'infection peut provoquer dans les cas plus graves une pneumonie, un syndrome respiratoire aigu sévère, une insuffisance rénale et même la mort. En Chine, il a fait 132 morts sur 5974 cas confirmés de contamination, selon le plus récent bilan des autorités du pays au moment d'écrire ces lignes.

Les exportations de homards en Chine ont pratiquement stoppé en quelques jours, selon l’exportateur Stewart Lamont, de l’entreprise Tangier Lobster, en Nouvelle-Écosse. Les consommateurs en Chine fréquentent moins les marchés, les restaurants et les cafés à cause de l’épidémie de coronavirus, explique-t-il.

Les marchés de fruits de mer en Chine, ajoute M. Lamont, sont pratiquement fermés à court terme et le gouvernement limite les déplacements par endroits dans le but de prévenir la contagion.

Deux hommes en combinaison de protection mesurent avec un scanneur la température d'un automobiliste.

À Wuhan, en Chine, les autorités vérifient la température des occupants des véhicules.

Photo : Getty Images / AFP

Le prix de la livre de homard sur les quais a diminué par conséquent de 10 $ à environ 8 $, précise M. Lamont.

D’autres exportateurs connaissent les mêmes difficultés, selon Leo Muise, de l’association Nova Scotia Seafood Alliance. La demande en Chine a beaucoup diminué depuis samedi parce que les gens sortent moins dans les restaurants, dit-il. Ce n’est pas encore une panique, mais c’est préoccupant.

Entre-temps, les exportations en d’autres pays se poursuivent. Stewart Lamont dit avoir expédié du homard vivant en Belgique et en Corée du Sud, mardi.

Un marché considérable pour le homard

La Chine a détrôné les États-Unis, des mois d’août à octobre 2019, à titre de principal marché pour les exportations canadiennes de homards vivants.

Ces exportations ont augmenté à la suite du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine. Les ventes de homards vivants du Canada en Chine ont surpassé celles des États-Unis de 65 millions de dollars durant ces trois mois, selon les plus récentes données de Statistique Canada.

Des caisses de homards sur des palettes à l'aéroport d'Halifax

Les tarifs douaniers que se sont imposés l'un l'autre les États-Unis et la Chine ont rendu le homard canadien plus concurrentiel en Chine.

Photo : CBC

Le Canada a vendu du homard pour 384 millions de dollars en Chine au cours des 10 premiers mois de 2019. Les exportations américaines de homard dans ce pays étaient de 428 millions de dollars durant la même période.

L’entente commerciale conclue récemment par les États-Unis et la Chine n’a pas réduit les tarifs douaniers de 35 % imposés par Pékin sur le homard américain, mais la Chine s’est engagée à acheter des produits agroalimentaires américains d’une valeur de 32 milliards de dollars au cours des deux prochaines années, dont du homard et d’autres fruits de mer.

Des conséquences à l’aéroport d’Halifax

Les vols de l’entreprise Skylease qui transporte habituellement du homard canadien directement en Chine à partir de l’aéroport international Stanfield à Halifax sont aussi perturbés à cause du coronavirus, indique une porte-parole de l’aéroport, Leah Batstone.

La situation peut toucher de deux à trois vols par semaine, ajoute-t-elle, et l’aéroport reste en contact avec tous les exportateurs qui utilisent ses installations.

En période de pointe durant l’année, de sept à huit avions-cargos décollent par semaine à Halifax chargés de homards destinés aux marchés asiatiques, précise Leah Batstone.

La valeur des exportations de homard de la Nouvelle-Écosse par voie aérienne s’élevait à 232 millions de dollars en 2018.

Une situation temporaire

Le ministre des Pêches de la Nouvelle-Écosse a qualifié de temporaire le ralentissement soudain des exportations de homard vers la Chine en raison de l'épidémie du nouveau coronavirus.

Le ministre Keith Colwell en entrevue

Le ministre des Pêches de la Nouvelle-Écosse, Keith Colwell (archives).

Photo : CBC

Keith Colwell a expliqué mercredi qu'il était encore trop tôt pour dire combien de temps durera cette perturbation, alors la province discute avec les gens de l'industrie pour élaborer des plans d'urgence temporaires.

Les autorités chinoises n'ont pas interdit les importations en provenance de la Nouvelle-Écosse, mais les marchés se sont taris cette semaine en raison des efforts du pays pour arrêter la propagation du nouveau virus.

Dans l'intervalle, M. Colwell affirme que l'industrie du homard de la Nouvelle-Écosse est mieux placée pour surmonter la perte du marché chinois en raison du travail qui a été fait pour cibler d'autres marchés en Asie et en Europe.

Il note également que le moment n'est pas si mauvais qu'il pourrait l'être, car de nombreux pêcheurs de homard de la Nouvelle-Écosse réduisent leur travail en février et mars en raison de conditions météorologiques défavorables et imprévisibles.

Malgré tout, M. Colwell précise qu'il n'y a jamais de bon moment pour qu'une province cesse d'expédier ses produits d'exportation.

Peu de risques de contamination au Canada atlantique

Aucun cas de coronavirus ne s'est déclaré pour le moment en Atlantique, et la médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick estime que les risques sont relativement bas.

Dre Jennifer Russell, Médecin-hygiéniste en chef.

Dre Jennifer Russell, médecin-hygiéniste en chef.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Avec l'information qu'on a chaque jour de l'Agence de santé publique du Canada, le risque pour le Canada est bas, indique la Dre Jennifer Russel. Mais ça ne veut pas dire que ça ne peut pas arriver, il y a déjà des cas en Colombie-Britannique et en Ontario. Ces personnes-là sont venues de l'endroit exact de l'éclosion. Ça veut dire qu'il faut prendre les mesures qu'il faut au niveau provincial et fédéral, précise-t-elle.

Les autorités sanitaires continuent de suivre l'évolution de la situation.

Avec les renseignements de Paul Whithers, de CBC et de Michel Corriveau

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