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Aide médicale à mourir : plaidoyer pour un meilleur soutien aux gens atteints d'alzheimer

Le visage de Blandine Prévost dans la maison Carpe Diem, à Trois-Rivières.

Blandine Prévost est venue au Québec pour livrer un témoignage sur l'aide médicale à mourir pour les gens atteints d'alzheimer.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Marilyn Marceau

Atteinte d’alzheimer, la Française Blandine Prévost a décidé, à la dernière minute, de prendre l’avion pour venir livrer un message au sujet de l’élargissement de l’accès à l’aide médicale à mourir au Québec : il faut améliorer l'accompagnement des personnes atteintes d'alzheimer et tenir compte de ceux qui veulent vivre jusqu'au bout de la maladie.

Blandine Prévost a assisté lundi au Forum national sur l’évolution de la Loi concernant les soins de fin de vie organisé par le gouvernement du Québec, à Montréal. Plusieurs organismes et élus y étaient, dont la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann.

La mère de trois enfants vit avec la maladie d’Alzheimer depuis 10 ans. Son diagnostic est tombé à l'âge de 36 ans.

Blandine Prévost a déjà songé à des options comme l’euthanasie, mais elle a choisi de vivre jusqu’à la fin, grâce à l’approche développée par l’organisme de Trois-Rivières Carpe Diem – Centres de ressources Alzheimer.

Ce qui [m’aide] à vivre aujourd'hui, je l'ai trouvé au Québec et je l'ai trouvé dans Carpe Diem, parce que Carpe Diem m'a prouvé que ma vie méritait d'être vécue jusqu'au bout et que surtout, je pourrais être accompagnée dignement en étant sûre que je serais respectée dans ce que je suis.

Blandine Prévost

L’approche développée par Carpe Diem est basée sur la dignité et le maintien de l'autonomie des gens atteints d'Alzheimer.

Blandine Prévost y croit et elle a importé le concept en France. Avec d’autres collaborateurs, elle a mis sur pied les Maisons de Crolles, inspirées de la Maison Carpe Diem de Trois-Rivières.

Maisons avec les montagnes enneigées au sommet, au loin

Les Maisons de Crolles sont situées dans un village près de Grenoble, en France.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Éviter le sentiment de culpabilité

Blandine Prévost craint qu'un élargissement de l'aide médicale entraîne le sentiment d'être un fardeau chez les gens atteints d’alzheimer qui choisiront de vivre.

Si le choix de l'aide à mourir se transforme en autoroute, plus sexy que la vie en établissement, il va falloir vivre avec la culpabilité de faire le choix de vivre.

Blandine Prévost

Blandine Prévost insiste : je suis absolument pas dans le jugement, je ne veux pas dire quoi faire, comment faire.

Le reportage de Marilyn Marceau

Je respecte tout à fait les personnes qui décident que c'est leur solution, je veux juste dire au Québec, il existe aussi des aides à vivre et que cette aide à vivre est née ici à Carpe Diem, à Trois-Rivières, vous avez l'expertise, dit-elle.

Plutôt que d'élargir l'accès à l'aide médicale à mourir, elle aimerait que les soins pour les gens atteints d'Alzheimer soient améliorés.

Vous avez ici au Québec une autre solution que l'aide à mourir et une solution que la France vous envie et c'est une aide à vivre et c'est Carpe Diem et donc, déployez-la!, s’exclame-t-elle.

Le visage des deux femmes ensemble, souriantes.

La directrice de Carpe Diem – Centres de ressources Alzheimer, Nicole Poirier, et Blandine Prévost, à la Maison Carpe Diem à Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Pour écouter l'entrevue de la directrice de Carpe Diem – Centres de ressources Alzheimer, Nicole Poirier, et de Blandine Prévost à l'émission 360 PM, cliquez ici.

Selon elle, l'approche humaine et patiente de Carpe Diem devrait être beaucoup plus utilisée, en France, comme au Québec.

La façade extérieure de la Maison Carpe Diem, en hiver.

La Maison Carpe Diem, à Trois-Rivières, a été mise sur pied en 1995.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

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Mauricie et Centre du Québec

Aide médicale à mourir