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Comment réglementer les mémoriaux de victimes d'accidents en bordure de route?

Croix commémoratives en bordure de route à Halifax.

Une mère endeuillée s'inquiète des limites de temps et de taille que la ville pourrait imposer pour les mémoriaux.

Photo : Radio-Canada

Kassandra Nadeau

La municipalité régionale d'Halifax songe à réglementer l'installation d'éléments commémoratifs de victimes d'accidents de la route près des voies publiques, comme les croix ou les vélos fantômes. Elle sonde présentement la population afin de connaître son opinion. La mère d'une jeune fille qui a perdu la vie dans un accident en 2018 veut s'assurer que la ville n'oublie pas les familles endeuillées dans la mise en place de cette réglementation.

En 2018, la famille de la jeune Kylie Cooper, 15 ans, morte dans un accident sur l'autoroute 2 au nord de la ville, a voulu installer une croix sur les lieux de l'accident.

Mais celle-ci a été enlevée par la ville en réaction à une plainte.

Après l'intervention d'un conseiller municipal et de la famille endeuillée, la croix a été retournée sur le site.

Mais cet incident a sensibilisé la municipalité régionale d’Halifax et l'a incité à mettre sur pied une politique sur les éléments commémoratifs en bordure de route.

Croix commémoratives en bordure de route à Halifax.

Pour Marlene Cooper, mère d'une jeune fille qui a perdu la vie, il n'est pas question de réglementer le deuil.

Photo : Radio-Canada

La ville veut maintenant remédier à la situation. Une de nos inquiétudes par rapport à ces croix commémoratives près des voies publiques concerne la sécurité, explique la porte-parole de la ville d’Halifax, Brynn Budden. Par exemple, elles ne peuvent pas obstruer un trottoir.

La ville a déposé un rapport en juin dernier présentant des exemples de réglementations qui pourraient être mises en place.

On songe par exemple à limiter la grosseur des éléments commémoratifs, ou la durée pendant laquelle ils pourront rester en place.

Croix commémorative en bordure de route.

Une croix de la jeune Kylie a été enlevée à la suite d'une plainte, puis remise à sa place.

Photo : Radio-Canada

Une base de données contenant l’emplacement des croix commémoratives et les coordonnées de proches pourrait aussi être mise sur pied.

Pas de limite de temps au deuil

Marlene Cooper, la mère de Kylie, s'inquiète de ce qui pourrait être déterminé au terme du processus. C'est clair et simple pour elle : on ne peut pas réglementer le deuil.

La mère affirme que chacun vit son deuil d’une façon différente et s'inquiète particulièrement des limites de temps et de taille que la ville pourrait imposer pour les mémoriaux.

Qui peut dicter combien de temps un parent peut être en deuil ? Qui peut créer des règles pour cela?

Marlene Cooper, mère d'une jeune fille qui a perdu la vie dans un accident

La mère ajoute qu'elle le vivrait mal si la croix de sa fille venait à être retirée à cause d'une réglementation de la ville.

Je ne voulais certainement pas me retrouver dans cette situation, mais maintenant que je le vis, je serais dévastée si ma croix était retirée après un an. Et j'ai parlé avec des parents, qui sont ici aujourd'hui. Même si ça fait 11, 12 ans que leurs proches sont décédés, ils tiennent encore énormément à leurs croix, exprime-t-elle.

Manifestation et pétition

Une dizaine de personnes, dont la mère de la jeune Kylie Cooper, se sont présentées devant l’hôtel de ville d’Halifax mardi midi. Elles tenaient à faire entendre leurs voix et partager l’importance qu’ont ces monuments commémoratifs pour eux.

Des manifestants.

Des manifestants veulent se faire entendre sur l'importance des croix commémoratives.

Photo : Radio-Canada / Kassandra Nadeau-Lamarche

Marlene Cooper a aussi lancé une pétition en ligne au courant de la fin de semaine. En quelques jours, elle a récolté plus de 2900 signatures.

Des manifestants.

Si la ville d'Halifax envisage la réglementation de ces mémoriaux, c'est dans une optique de sécurité publique, explique-t-elle.

Photo : Radio-Canada / Kassandra Nadeau-Lamarche

La population a jusqu'au 2 février pour répondre au sondage en ligne. Par la suite, les employés de la ville établiront des lignes directrices et les présenteront au conseil municipal à la fin du printemps. Le conseil pourra alors décider s'il les approuve ou non.

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