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Un kiosque lié à la scientologie crée une onde de choc à l’Université d’Ottawa

Une exposition controversée à l'Université d'Ottawa.

L'exposition d'une branche de l'Église de scientologie a pour objectif « d'éduquer la population au sujet des dangers liés à la médication en psychiatrie ».

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une exposition installée pour la semaine au Centre universitaire Jock-Turcot, à l’Université d’Ottawa, suscite la grogne de certains étudiants. Elle a pour objectif de lutter contre les « violations des droits de l'homme en psychiatrie ».

Ce que l’affichage ne dit pas, c’est que l’organisme lié à cette initiative est une branche de l'Église de scientologie.

Depuis le début de la semaine, des étudiants manifestent leur mécontentement devant le kiosque. Une pétition a également été lancée en ligne pour que l’exposition soit retirée.

Camelia Skaf, une étudiante de l’Université d’Ottawa, affirme avoir été choquée par les propos de l’exposition. Selon elle, il est inacceptable que de telles informations se trouvent sur un campus.

On parle de psychiatrie, on parle de l’effet négatif de médicaments en psychiatrie, de la maltraitance d’enfants qui prennent ces médicaments, comme quoi on invente des troubles mentaux pour vendre de la drogue, décrit-elle.

L’étudiante Emma Copeland ajoute que ce genre de propos peuvent être très dangereux. Des étudiants qui prennent des médicaments pour des problèmes de santé mentale et qui se sentent déjà stigmatisés pourraient voir ça et décider d’arrêter de prendre leur médication. C’est horrible, lance-t-elle.

Camelia Skaf fait remarquer que de nombreux étudiants prennent des médicaments pour soigner des troubles de santé mentale et que ça les aide dans leur vie quotidienne.

L'université se défend

La Commission des citoyens pour les droits de l'homme (CCDH) avait préalablement demandé à l’Université d’Ottawa la permission pour pouvoir s’y installer, ce qui a leur a été accordé.

Le recteur Jacques Frémont écoute une étudiante devant un kiosque.

Le recteur Jacques Frémont est allé rencontrer les étudiants mécontents mardi pour entendre leurs préoccupations.

Photo : Radio-Canada

Dans une réponse officielle par courriel, l'Université d'Ottawa explique que le kiosque sera permis tout au long de la semaine au nom de la liberté académique.

L’Université d’Ottawa connaît l’existence de cette exposition et n’appuie aucunement les positions véhiculées par la Commission des citoyens pour les droits de l’homme, peut-on y lire.

Elle ajoute que l’université appuie et encourage toutefois les débats respectueux, tel qu’énoncé dans sa politique sur la liberté d’expression, mais l’approbation d’une demande d’utilisation temporaire d’un espace universitaire et la tenue d’une activité dans cet espace ne doivent aucunement être interprétées comme une forme d’appui.

L’objectif de l’exposition est « d’éduquer » les gens

De son côté, le président de la CCDH au Québec, Guy Péloquin, croit que ce kiosque a sa place dans une institution universitaire.

C’est l’endroit idéal pour la libre expression, c’est ici que les gens viennent pour apprendre sur un sujet et c’est important que les gens sachent sur la psychiatrie. Ce qui se passe derrière les murs si on veut, affirme-t-il.

Le président de la Commission des citoyens pour les droits de l’homme, Guy Péloquin.

Le président de la Commission des citoyens pour les droits de l’homme souhaite informer les étudiants au sujet de la psychiatrie.

Photo : Radio-Canada

Guy Péloquin accepte la réaction négative de certains étudiants, puisque selon lui, cela fait partie de la libre expression.

Il y a des gens qui ne veulent pas que cette vérité-là sorte et qui ne sont pas d’accord avec ça. [...] C’est complètement légitime. Ils ont le droit de le faire au même terme que nous avons le droit, assure-t-il.

Le Syndicat étudiant de l'Université d'Ottawa (SÉUO) n'a pas pris de position officielle dans ce dossier pour l'instant, mais il s'engage à effectuer un suivi avec l'administration sur l'affichage d'éléments troublants sur le campus. Il ajoute que tous les commentaires ou les plaintes sont les bienvenus et peuvent être envoyés par courriel.

Avec les informations d'Ismaël Sy et Matthew Kupfer de CBC

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