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« La fonderie refuse d’abaisser ses profits pour protéger la santé », selon le comité ARET

Une femme accorde une entrevue à la caméra.

Valérie Fournier, porte-parole du comité ARET (archives)

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Thomas Deshaies

Le comité Arrêt des rejets et émissions toxiques de Rouyn-Noranda (ARET) déplore que la Fonderie Horne n’ait pas proposé d’actions concrètes concernant les « concentrés complexes » pour réduire ses émissions d’arsenic.

Il s’agit de l’un des principaux constats du rapport d’une quarantaine de pages que le comité a produit à la suite de l’analyse du plan d’action que la Fonderie Horne a remis au gouvernement en décembre 2019.

Les concentrés complexes sont un des types de matières traitées à la Fonderie Horne. Une partie de ces concentrés contiennent de l’arsenic. En 2018, 63 % de l’arsenic qui est entré à la fonderie provenait des concentrés fournis par 4 des 46 clients. Ainsi, la majeure partie de l’arsenic est attribuable à une minorité de clients.

Ce que le comité ARET comprend : Glencore refuse de réduire sa marge de profit pour protéger notre santé.

Extrait de l’avis du comité ARÊT, 28 janvier 2020

Le comité ARET s’explique mal la raison pour laquelle l’entreprise ne propose pas de réduire, même temporairement, l’utilisation de concentrés complexes. On dirait qu’ils refusent tout simplement de se pencher puis d’analyser [cette possibilité], accuse la porte-parole du comité, Valérie Fournier. Apparemment, ils seraient nécessaires pour la viabilité de l’entreprise, alors qu’ils ne constituent pas la majeure partie de ce qui entre dans l’usine. Pour nous, c’est inacceptable que la fonderie refuse d’abaisser un peu ses profits pour protéger la santé des citoyens.

Le comité suggère d’évaluer une nouvelle technologie

La Fonderie Horne a toujours refusé jusqu’à présent de fournir des chiffres aux médias sur l’ampleur des profits générés par l’utilisation des concentrés complexes. Dans son plan d’action déposé le 15 décembre 2019, elle mentionne que l’utilisation des concentrés complexes est incontournable pour assurer la viabilité de la fonderie, mais n’aborde pas la question d’une réduction des concentrés avec une très forte teneur en arsenic. Un professeur avait proposé de limiter à 2 % la concentration maximale d’arsenic dans les concentrés à la fonderie.

Dans les neuf dernières années, des documents gouvernementaux consultés par Radio-Canada montrent que le pourcentage d’arsenic dans les concentrés varie de 0,01 % à 23 %, mais la forte majorité des concentrés contiennent moins de 2 % d’arsenic.

Dans son rapport, le comité ARET suggère à l’entreprise d’envisager un nouveau procédé, le GlassLock Process, qui permet d’extraire l’arsenic des concentrés complexes, sans pour autant retirer les autres métaux, comme l’or. Ce système est sur le point d’être commercialisé après avoir obtenu des résultats jugés prometteurs dans un projet pilote par l’entreprise.

La fonderie « met en doute l’étude de biosurveillance de 2018 », selon ARET

Le comité ARET interprète certaines sections du plan d’action de la fonderie comme une manière de mettre en doute la légitimité de l’étude de biosurveillance de 2018. Ils font longuement référence à l’étude de 2007 concernant l’arsenic urinaire qui utilisait une méthode qui a été écartée parce qu’elle ne donnait pas le portrait juste de la réelle exposition, soutient Valérie Fournier. Ils laissent très peu de place aux résultats de l’étude de 2018 [dans leur plan d’action].

Le comité citoyen estime que le plan proposé est insatisfaisant, puisqu’il n’y a « aucune certitude sur la réduction ». Même le projet Velox/Phénix, le plus prometteur, n’est pas assuré d’être mis en place, parce que ça va dépendre de la faisabilité technique et économique, regrette Mme Fournier.

Stationnement devant les installations de la fonderie.

La Fonderie Horne a dévoilé son plan d'action pour réduire les émissions d'arsenic dans l'air il y a quelques semaines.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Le comité ARET estime que le gouvernement a le devoir d’exiger l’atteinte d’une norme claire, ce qu’il n’a toujours pas fait à ce jour.

La Fonderie Horne n’a pas souhaité nous accorder une entrevue ou réagir au rapport du comité ARET. Le document du comité ARET s’adresse avant toute chose au ministre de l’Environnement ainsi qu’au comité interministériel et nous laisserons ces derniers commenter le document, a fait savoir l'entreprise par courriel.

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Abitibi–Témiscamingue

Santé publique