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Les cinq travaux du futur chef du PQ selon le député Sylvain Roy

Sylvain Roy photographié devant un lutrin

Le député Sylvain Roy a présenté cinq enjeux qu'ils jugent prioritaires pour la course à la direction du Parti québécois.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy, a convoqué la presse mardi pour exposer ses attentes face à la future gouvernance du Parti québécois et « mettre en perspective les défis qui guettent le futur chef ».

Alors qu’une course se dessine à la direction de son parti, Sylvain Roy refuse, pour l’instant, d’appuyer quiconque sur la liste.

Je n’appuie personne pour le moment. Je me garde une gêne. Je fais part des enjeux qui sont importants [...] Il est trop tôt, la campagne débute à peine. Je vais attendre pour écouter les gens. Je vais donner la chance à tous les coureurs.

Le député de Bonaventure, et ex-professeur en sociologie, a voulu présenter une « analyse sociopolitique » du contexte ayant mené à la baisse de popularité du Parti québécois, au bénéfice du futur chef. Le Parti québécois s’est effondré, admet-il, c’est un constat et moi je fais un feedback et une analyse de certaines de raisons qui font en sorte que les gens nous ont fuis. Et ce n’est pas pour discréditer qui que ce soit.

Le député de Bonaventure a avoué avoir déjà songé à se lancer dans la course, mais il affirme désormais exclure cette option, préférant mettre son énergie et son expérience au profit de sa région.

Devant la presse, Sylvain Roy a dressé une liste de cinq enjeux prioritaires auxquels le futur chef du Parti québécois devra, selon lui, s'attaquer.

1) La place des régions

Le principal enjeu auquel devra faire face le nouveau chef, soutient M. Roy, est la place qu'occupent les régions dans le développement du Québec.

La stratégie d’occupation du territoire québécois est dramatiquement orientée vers une urbano-centralisation avec des annonces pharaoniques d’investissement. Ce sont des dizaines de milliards qui s’en vont dans les villes.

Sylvain Roy, député de Bonaventure

Le député de Bonaventure a profité de l’occasion pour affirmer que la réforme du mode de scrutin n'est pas un enjeu prioritaire en ce moment dans les régions du Québec. Même s'il n'est pas opposé à cette réforme, Sylvain Roy affirme que plusieurs problèmes auxquels font face les habitants des régions, dont l’accès aux transports et le manque de place en garderie, devraient être résolus avant de tenir un débat sur les mécaniques électorales.

La prochaine gouvernance du Parti québécois devra, selon M. Roy, défendre l’équité sur tout le territoire québécois s’il veut aller chercher une acceptabilité sociale de cette réforme dans les régions du Québec qui, actuellement, ont d’autres chats à fouetter.

Sylvain Roy durant une allocution.

Le député Sylvain Roy ne souhaite pas appuyer un candidat à la direction du PQ à ce stade-ci de la course.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

2) La « tendance à l’usurpation du pouvoir politique »

Le député de Bonaventure met aussi en garde le futur chef contre ce qu'il appelle la tendance à l’usurpation du pouvoir politique.

Selon lui, les fonctionnaires non élus détiennent une grande partie du pouvoir décisionnel au Québec.

Les sous-ministres imposent leur vision et [leurs] directives aux ministres qui deviennent simplement des porte-parole de leur propre ministère, lance M. Roy. Cette usurpation du pouvoir politique anesthésie les capacités de transformation des appareils bureaucratiques pour qu’ils répondent aux besoins de la population.

Cette usurpation crée un cynisme dans la population face à la classe politique à qui on reproche de ne pas livrer la marchandise.

Sylvain Roy, député de Bonaventure

Le prochain chef du PQ devra combattre le cynisme en rétablissant le respect des élus et leur légitimité démocratique, affirme Sylvain Roy. Les élus sont les seuls qui ont reçu l’appui légitime de la population.

3) Le Québec comme nation

Le député soutient qu’un Québec indépendant pourrait établir des liens sociaux progressistes avec plusieurs autres États, dont les pays d’Afrique francophones appelés à connaître une grande poussée démographique.

Un État indépendant s’émancipe souvent avec ses rapports à l’autre et pas seulement dans une dynamique d’exploitation économique, soutient M. Roy.

Sylvain Roy s’est aussi montré en faveur de la tenue d’un référendum dès le premier mandat au pouvoir du Parti québécois.

Fin du premier mandat, référendum!, lance le député. On va arrêter de tourner en rond. Mais, il faut le faire en expliquant et en proposant la nation comme une aventure extraordinaire dans le monde, pas une affaire où on est reclus sur nous-mêmes. Une nation pour l’ouverture sur le monde, pas la fermeture.

4) Le « syndrome de la compagnie d’assurances »

Le député de Bonaventure dénomme ainsi la peur du risque et la peur de décevoir dont a fait preuve son parti, ce qui explique selon lui plusieurs problèmes du PQ au cours des dernières années.

Le Parti québécois, veut éviter les risques à tout prix, soutient-il, [veut] être sur des enjeux consensuels, ne [veut] pas offusquer ou mettre sur la défensive qui que ce soit. Bref, ne pas se positionner de manière claire pour ne pas se mettre à dos des individus.

Il souhaite ainsi au futur chef d’avoir de l’audace, de sortir des sentiers battus et de redorer la légitimité de la classe politique.

Il faut prendre des risques, ne pas avoir peur de décevoir, et avoir le courage de nos décisions.

Sylvain Roy, député de Bonaventure

5) La « cannibalisation de l’innovation et de l’entrepreneuriat par le domaine économique »

Selon le député de Bonaventure, la sphère économique occupe une trop grande place dans le monde actuel.

Le secteur économique doit redevenir une composante et un outil de l’émancipation de la société et non une fin en soi, explique M. Roy. L’économie doit être au service du développement de la nation et non pas le contraire. L’entrepreneuriat social, culturel et environnemental doivent avoir leur place et être valorisés aussi.

Le député de Bonaventure soutient qu’il est encore trop tôt dans la course pour savoir si un candidat aurait la stature pour s’attaquer à ces cinq enjeux qu'il considère comme prioritaires.

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