•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

10 ans après leur arrivée, 85 % des immigrants habitent toujours au même endroit

Des personnes dont on ne voit pas le visage sont assises et tiennent dans leurs mains un drapeau canadien.

Parmi les réfugiés parrainés par le gouvernement, 61% restent établis dans leur lieu d'arrivée initial, selon l'étude de Statistique Canada.

Photo : Reuters / Mark Blinch

Abdoulaye Cissoko

Les réfugiés sont-ils plus enclins à quitter leur destination initiale que les immigrants économiques? Une étude de Statistique Canada, publiée mardi, révèle que, même si nombre d'entre eux n'ont pas la possibilité de choisir où s'installer au Canada, ils ne sont pas plus portés que les immigrants économiques à quitter leur lieu d'établissement initial.

L'étude démontre même que, dans les trois villes qui constituent des portes d'entrée au Canada, à savoir Toronto, Montréal et Vancouver, le taux de rétention des réfugiés et des immigrants économiques est identique.

L'enquête révèle ainsi que plus de 85 % des immigrants, toutes catégories confondues, résidaient toujours au même endroit 10 ans après leur arrivée.

Des personnes tirant des sacs et des valises.

Dans les petites villes, les réfugiés ont même tendance à rester plus longtemps que les autres immigrants, indique l'étude.

Photo : The Associated Press / Charles Krupa

Dans les régions métropolitaines de plus de 500 000 habitants, comme Winnipeg, les trois quarts des réfugiés et des immigrants économiques vivent toujours dans la ville où ils se sont installés initialement une décennie après leur arrivée au Canada.

Dans les petites villes, les réfugiés ont même tendance à rester plus longtemps que les autres immigrants.

« Cinquante-huit pour cent des immigrants de classe économique étaient restés dans ces villes 10 ans après leur arrivée, alors que le taux de rétention pour les réfugiés parrainés par le gouvernement est de 61 %, et de 69 %, pour ceux parrainés par le secteur privé », souligne l'économiste principal de Statistique Canada, René Morissette.

Toutefois, les auteurs de l'étude ne disent pas ce qui explique cette réalité. Selon M. Morissette, ce n'était pas l'objectif.

« On pense souvent que, lorsque les réfugiés arrivent dans une petite ville ou une ville moyenne, ils vont la quitter en plus grand nombre que les autres catégories d'immigrants. L'étude répond donc à la question de savoir si cela est vrai ou non », précise-t-il.

« C'est un mythe »

L'adjoint exécutif et responsable des communications à l'Accueil francophone, Wilgis Agossa, dit ne pas être surpris par les résultats de l'enquête.

Il affirme que le fait que les réfugiés parrainés par le gouvernement canadien ne choisissent pas initialement leur lieu d'établissement ne fait pas d'eux une catégorie plus mobile que les autres.

D'après lui, il s'agit beaucoup plus d'un mythe que d'une réalité. Il arrive, certes, que les réfugiés partent s'installer ailleurs, mais c'est également le cas chez les immigrants économiques.

Wilgis Agossa.

Wilgis Agossa.

Photo : courtoisie de Wilgis Agossa

« Certains réfugiés viennent à Winnipeg puis, par la suite, vont à Ottawa ou dans d'autres villes, mais plusieurs d'entre eux reviennent aussi. C'est une sorte de magasinage pour un meilleur train de vie », indique-t-il.

Il ajoute qu'il y a des réfugiés qui décident de s'installer dans une autre ville que celle que le gouvernement a choisie pour eux parce qu'ils y ont de la famille.

L'emploi et l'épanouissement, facteurs clés de la rétention

Les réfugiés envoyés dans les petites communautés manitobaines finissent-ils par s'installer à Winnipeg? « Pas forcément », répond Wilgis Agossa.

« Je sais qu'il y a des groupes dans la région de La Broquerie et de Steinbach. Ce sont des localités où ils peuvent avoir la plupart des services dont ils ont besoin. On constate donc qu'il y en a qui s'y plaisent et qui s'intègrent dans leur milieu », fait-il remarquer.

Au bout du compte, c'est l'emploi et l'épanouissement qui déterminent le choix ou non de s'établir quelque part, selon lui.

« Si ces conditions sont réunies, les réfugiés, et les nouveaux arrivants en général, décident de s'installer définitivement dans leur destination initiale », note Wilgis Agossa.

L'étude de Statistique Canada a examiné les immigrants qui étaient âgés de 20 à 54 ans au moment de leur arrivée au Canada, entre 2000 et 2014.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Manitoba

Immigration