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Pilotes du Saint-Laurent demandés

Leur rareté commence à provoquer des retards dans l'industrie maritime.

Un bateau, vu de la berge, navigue sur les eaux glacées du fleuve Saint-Laurent.

Les pilotes sont maîtres à bord des navires qui naviguent dans la Voie maritime du Saint-Laurent. Ici, un bateau fraie son chemin dans la glace du lac Saint-Pierre.

Photo : Radio-Canada / Daniel Ricard

Radio-Canada

Il manque d'officiers de navigation dans l'industrie maritime, et plus particulièrement d'officiers capables d'agir comme pilote sur le Saint-Laurent. Une situation qui mène au retard et même à l'annulation de certains contrats de transport.

La pénurie de main-d’œuvre actuelle touche particulièrement les postes d’officiers de navigation et d’officiers mécaniciens dans l’industrie maritimes, explique le directeur général du comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie maritime, Claude Mailloux

Le métier de pilote [du Saint-Laurent] est une spécialisation du métier d’officier de navigation, précise-t-il.

Sur le fleuve, des pilotes locaux embarquent à bord des grands navires pour les guider à bon port dans les particularités de la Voie maritime du Saint-Laurent.

Les zones de pilotages obligatoires s’étendent des Escoumins jusqu’aux Grands Lacs, explique M. Mailloux.

À quelques reprises au cours de la dernière année il y a des contrats de transports qui ont dû être retardés et dans certains cas annulés parce qu’il n’y avait pas assez d’officiers disponibles pour faire fonctionner les navires, regrette Claude Mailloux.

Une industrie en manque de visibilité?

Comme d’autres secteurs, l’industrie maritime peut se tourner vers une relève locale ou des travailleurs étrangers pour soulager la rareté de main-d’œuvre actuelle.

Malgré le fait que le Québec soit doté d’une institution spécialisée pour former les futurs marins, M. Mailloux considère que les carrières maritimes restent invisibles pour beaucoup de jeunes qui doivent faire un choix de formation ou de carrière.

Façade de l'Institut maritime du Québec.

L'Institut maritime du Québec, où les pilotes sont formés, est basée à Rimouski. (archives)

Photo : Radio-Canada / Julie Tremblay

La grande majorité ne côtoie pas [les travailleurs maritimes] dans la vie de tous les jours. Ce n’est pas comme côtoyer un mécanicien automobile, un pharmacien ou un professeur. Ce sont des gens qu’on rencontre dans nos vies quotidiennes, incluant les jeunes qui peuvent se dire en les côtoyant : "Voilà une carrière que j’aimerais faire!", explique Claude Mailloux.

L’Institut Maritime du Québec (IMQ) participe en moyenne à 150 activités par années pour informer les jeunes sur les possibilités d’emploi dans l’industrie maritime, explique la directrice de l’IMQ, Mélanie Leblanc.

L’IMQ a également ajusté sa stratégie de recrutement et s’adresse maintenant aux jeunes dès le primaire avec la mise sur pied de trousses pédagogiques. Le monde maritime, c’est tellement un monde particulier, on ne découvre pas ça à 15-16 ans. Notre objectif, c’est de le faire connaître aux enfants, soutient Mme Leblanc. Un défi qui reste cependant entier.

Les jeunes ont beau border le fleuve, ils ne comprennent souvent pas que ce sont des carrières qui s'adressent à eux.

Mélanie Leblanc, directrice de l’IMQ

La rétention dans l’industrie maritime

Le recrutement de jeunes pour s’inscrire aux programmes de formation nécessite beaucoup d’efforts, mais le vrai problème est la rétention des jeunes dans les programmes et, lorsqu’ils terminent, sur le marché du travail, affirme la directrice de l’IMQ.

L’IMQ commence toujours l'année scolaire avec une nouvelle cohorte de 66 étudiants, sa capacité maximum. Cependant, seulement 55 % de ces étudiants termineront leurs études, indique Mélanie Leblanc. Un taux de diplomation équivalent aux autres écoles de métier, précise-t-elle.

Une fois arrivés sur le marché du travail, la plupart de ces finissants ne choisiront une carrière en mer que pour quelques années, alors que jadis, on en faisait le métier d’une vie.

Par le passé, on voyait des pères de famille qui naviguaient toute leur vie. Aujourd’hui, les nouvelles générations cherchent une nouvelle conciliation travail-famille.

Mélanie Leblanc, directrice de l’IMQ
Mélanie Leblanc sourit à la caméra en uniforme.

Mélanie Leblanc est à la tête de l'Institut maritime du Québec depuis juin 2019.

Photo : Institut maritime du Québec

Des pratiques qui changent pour favoriser le recrutement

Les compagnies maritimes sont conscientes que les temps changent. Mme Leblanc a vu des compagnies adapter les horaires des leurs employés depuis les dix dernières années afin de mieux répondre à la nouvelle réalité.

Avant on parlait des contrats de travail de trois à six mois à bord d’un navire. Maintenant les compagnies ont changé le calendrier de travail. On voit des alternances un "mois/un mois", ce qu’on ne voyait pas du tout avant, raconte la directrice de l’IMQ.

Une foire de l’emploi pour mettre en contacte les élèves et l’industrie maritime débutera mercredi. 30 compagnies participeront à l’événement Rendez-vous maritime - formation et carrières qui se tiendra à Rimouski.

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