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Procès Trump : la défense expédie ses plaidoiries

Pat Cipollone marche devant Jay Sekulow.

L'avocat personnel de Donald Trump, Jay Sekulow (à gauche), et celui de la Maison-Blanche, Pat Cipollone, arrivent au Capitole pour la dernière journée de la plaidoirie d'ouverture de la défense.

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Sophie-Hélène Lebeuf

La troisième et dernière journée des plaidoiries d'ouverture de la défense, mardi, n'aura même pas duré deux heures. Le procès passera dès mercredi à une autre phase : celle de la période de questions des sénateurs, qui s'étendra sur deux jours.

En début d'après-midi, le conseiller juridique de la Maison-Blanche, Pat Cipollone, avait indiqué que les plaidoiries de son équipe se termineraient avant l'heure du souper. Signe de la certitude des avocats de la défense quant à l'issue du procès, elles ont duré à peine deux heures, tout comme lors de leur première journée de plaidoiries.

En comparaison, les démocrates, qui ont appelé les sénateurs à destituer un « dictateur », ont pris presque la totalité des 24 heures qui leur étaient imparties.

Pour la première fois depuis les révélations explosives du New York Times sur l'ex-conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche John Bolton, dimanche soir, l'avocat personnel du président, Jay Sekulow, a lui-même abordé la question.

Le quotidien new-yorkais a rapporté que l'ex-collaborateur du président affirmait, dans l'ébauche d'un livre à paraître, que ce dernier avait bien instrumentalisé l'aide militaire à l'Ukraine dans le but d'obtenir des enquêtes, notamment sur l'ex-vice-président et candidat à l'investiture démocrate Joe Biden et sur son fils.

Citant son client, qui a déclaré sur Twitter n'avoir JAMAIS dit cela à son ex-collaborateur, Jay Sekulow a minimisé la portée de ce nouveau développement.

On ne peut pas mettre en accusation un président en fonction d'une allégation de sources inconnues.

Jay Sekulow, avocat personnel du président

La veille, les avocats du président avaient notamment mis l'accent sur les Biden, ignorant presque complètement les informations sur John Bolton.

Deux arguments pour le prix d'un

Lundi, la question de John Bolton avait tout de même été abordée, mais très brièvement et in extremis. Un des avocats du président, le constitutionnaliste Alan Dershowitz, avait soutenu que même si les révélations s'avéraient fondées, un tel comportement n'était pas passible de destitution.

Mardi, Jay Sekulow a insisté sur ce tout nouvel argument, qui détonne avec l'argument au cœur du plaidoyer de la défense. Le président et ses alliés ont toujours contesté la thèse selon laquelle Donald Trump a fait pression sur le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, en gelant une assistance militaire de 391 millions de dollars dans le but d'obtenir des enquêtes qui seraient dommageables à ses rivaux.

Dans la foulée des informations sur John Bolton, plusieurs sénateurs républicains ont eux aussi changé leur fusil d'épaule : après avoir rejeté les accusations des démocrates, ils se rangent désormais derrière l'argument d'Alan Dershowitz, selon CNN et le Washington Post.

Les chefs d'accusation retenus contre le président – abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès – doivent être rejetés, a conclu Jay Sekulow. La Constitution l'exige. La justice l'exige.

La barre pour une mise en accusation ne peut pas être placée aussi bas. Danger, danger, danger!

Jay Sekulow, avocat personnel de Donald Trump

Bolton témoignera-t-il?

John Bolton ajuste ses lunettes.

Les révélations présumées de John Bolton ont compliqué le travail des avocats de Trump.

Photo : Reuters / Joshua Roberts

S'adressant aux médias, le responsable de la mise en accusation démocrate, Adam Schiff, a soutenu que le Sénat devait maintenant trancher une question cruciale : Y aura-t-il un procès équitable?

Jusqu'ici, les sénateurs n'ont entendu que des arguments. Un procès équitable implique des témoins, et il implique des documents.

Adam Schiff, responsable de la mise en accusation démocrate

L'attention est surtout tournée vers John Bolton, principal témoin réclamé par les démocrates, qui pourrait témoigner du comportement du président.

Adam Schiff a en outre rejeté du revers de la main deux stratégies qu'étudieraient les républicains : échanger le témoignage de John Bolton contre l'audition d'un témoin que veulent entendre des républicains – comme Hunter Biden, le fils du candidat à l'investiture démocrate – ou le faire témoigner à huis clos.

Au terme des plaidoiries, les sénateurs républicains, eux, se sont réunis pour parler de cette question cruciale.

Le débat et le vote sur les éventuelles convocations de témoins et injonctions de production de documents sont prévus vendredi.

Composé de 53 républicains, 45 démocrates et 2 indépendants alliés des démocrates, le Sénat doit adopter chaque résolution, à la majorité simple, soit 51 élus. Les démocrates espèrent ainsi trouver chez les républicains les quatre voix qui leur manquent pour forcer la convocation de témoins.

Pour contrer le témoignage de John Bolton, la défense risque entre autres d'invoquer le privilège de l'exécutif.

Le procès reprendra mercredi à 13 h avec la période de questions, qui se poursuivra jeudi et durera en tout 16 heures. Les sénateurs pourront poser des questions par écrit, qui seront lues par le juge en chef de la Cour suprême, John Roberts, qui préside le procès. Pendant le procès Clinton, il y en avait eu une centaine.

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