•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le besoin de sensibiliser la population à la maladie d'Alzheimer

Les mains d'un homme âgé.

Janvier, mois de l’Alzheimer

Photo : iStock

Radio-Canada

Malgré de grandes avancées au cours des dernières années, la maladie d'Alzheimer reste tout de même méconnue du grand public, mais aussi de certains professionnels de la santé. Plus de 150 d’entre eux sont réunis mardi à Sherbrooke, dans le cadre d’un colloque, afin de réfléchir sur la maladie.

Lise Roy est ambassadrice de la Société Alzheimer de l'Estrie pour sa campagne de sensibilisation. Il y a environ un an, elle a reçu un diagnostic de maladie d'Alzheimer, tout comme sa mère avant elle et son frère.

Il y a beaucoup de préjugés encore, affirme-t-elle. Il y a un gros travail qui s'est fait, c'est certain, en comparaison avec les années 80. Mais il y a encore des gens qui ont peur de la maladie, qui ont peur d'en parler. Ce sont des tabous, c'est parfois banalisé. Alors je pense que donner des colloques comme ça, je pense que ça va aider beaucoup les intervenants pour fonctionner dans leur milieu avec les personnes atteintes.

Lise Roy est ambassadrice de la Société Alzheimer de l'Estrie pour sa campagne de sensibilisation

Lise Roy est ambassadrice de la Société Alzheimer de l'Estrie pour sa campagne de sensibilisation

Photo : Radio-Canada

La directrice générale de la Société Alzheimer de l’Estrie (SAE), Caroline Giguère, explique qu’avec les avancées médicales, les gens vivent plus longtemps, mais pas nécessairement en meilleure santé. Ce type de colloque permet ainsi aux professionnels de la santé de se renseigner sur les meilleures pratiques et façons de faire avec ce type de clientèle, qui ne cesse de grandir.

En Estrie, c’est plus de 7600 personnes environ qui sont atteintes de cette maladie en date de 2020. C’est beaucoup plus que les années passées, et malheureusement, cela va augmenter [...] Beaucoup de gens vont côtoyer des gens atteints de la maladie dans les résidences de personnes âgées, dans les hôpitaux. Certains ont des cours, d’autres qui ont plus ou moins de connaissances dans la maladie, ce qui fait que c’est un défi pour eux de soigner les gens, souligne-t-elle.

Plus on va donner des outils, renseigner les gens sur la façon d’aborder les personnes atteintes dans l’évolution de la maladie, plus ils seront à l’aise de bien les soigner.

Une citation de :Caroline Giguère, directrice générale de la SAE

Une éducation pour le grand public

Le mois de janvier est également celui du mois de la sensibilisation à la maladie d’Alzheimer. Pour l’occasion, la SAE participe à une campagne nationale visant à éduquer davantage sur la maladie, car les tabous sont tenaces soutient Caroline Giguère.

Malheureusement, les gens ont encore la vision de la maladie comme si c’était la démence et des gens qui perdent la tête [...] Souvent, le proche aidant en vient à être gêné d’aller dans des endroits publics parce que les gens ne connaissent pas encore la maladie, ou portent des commentaires qui ne sont pas nécessaires.

Lise Roy connaît cette peur, elle qui a vécu un véritable choc lorsqu'elle a reçu son diagnostic. Les jours et les mois qui ont suivi, elle les a vécus repliée sur elle-même.

Au début, je ne voulais plus voir personne, soutient-elle. Je n'en ai pas parlé tout de suite. Je n'étais pas capable. De honte. Pour moi, c'était comme gênant. J'avais peur de l'opinion des gens, du regard des gens. Parce qu'on considère souvent les personnes qui ont un diagnostic de maladie d''Alzheimer comme inaptes. C'est complètement faux. Nous ne sommes pas inaptes au début de la maladie. On a des pertes, mais on peut continuer à fonctionner.

Je crois qu’il faut continuer à sensibiliser la population que ce sont des personnes entières qui peuvent vivre leur vie avec dignité jusqu’à la fin.

Une citation de :Caroline Giguère

Élargir l'aide médicale à mourir

Lise Roy aimerait pouvoir réclamer l'aide médicale à mourir de façon anticipée. Mais actuellement, la loi stipule que toute personne qui souhaite l'obtenir doit pouvoir y donner son consentement libre et éclairé, non seulement au moment de sa demande, mais aussi au moment où elleva la recevoir. Les personnes atteintes d'Alzheimer sont donc exclues. Un non-sens pour Lise Roy.

Je conseille toute personne apte, ayant l'Alzheimer, de faire cette demande si elle le veut, soutient Lise Roy. Moi, c'est clair que je ne veux pas me rendre à la dernière étape, comme ma mère. Ça, c'est clair.

Le ministère de la Santé se dit ouvert, mais veut attendre la fin des consultations avant de trancher.

La directrice de la SAE soutient de son côté que les connaissances envers la maladie progressent, et qu’il y a davantage d’ouverture et d'espoir. Elle rappelle également l’importance du diagnostic précoce.

Plus la personne le sait dès le départ et qu’elle reste active, dans le sens de faire de l’exercice, bien se nourrir, côtoyer des gens, faire des mots croisés ou aller marcher, c’est bon pour le cerveau.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !