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La prison à vie pour avoir tué son présumé agresseur

Yan Dugas en 2016.

Yan Dugas en 2016

Photo : Radio-Canada

Sébastien Tanguay
Jean-François Nadeau

Le jeune Yan Dugas est condamné à la prison à vie pour le meurtre d'un pédophile qui l'aurait agressé. Vu son haut potentiel de réhabilitation, il pourra demander une libération conditionnelle après avoir purgé 12 ans de détention.

Le juge Serge Francoeur a accepté la suggestion commune des avocats de la Couronne et de la défense.

« Ce n'est pas excusable, mais explicable », a-t-il dit avant de prononcer la peine. 

Yan Dugas avait 18 ans, en octobre 2016, quand il a tué Mathias Breton, 73 ans, d'un coup de couteau. Le meurtre a eu lieu dans le logement de la victime, dans le quartier Limoilou.

Les observations sur la peine, mardi matin, au palais de justice de Québec, ont permis de brosser un portrait plus complet du jeune meurtrier et de sa victime.

Enfance difficile

Yan Dugas a très tôt reçu un diagnostic sévère de trouble de déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH).

Il a connu d’importantes difficultés durant son parcours à l'école primaire, parsemé d’intimidation, de harcèlement et d’expulsions à répétition.

Il était plus petit, plus frêle, plus maigrichon que les autres et la violence fut son mécanisme de défense, a décrit son avocat.

Première agression et séquelles

À dix ans, Yan Dugas rencontre un homme dans la soixantaine en jouant au soccer. Une relation de confiance s'établit, l’homme l’invite à boire des bières et à consommer du cannabis chez lui.

C'est à cette période que Yan Dugas aurait été agressé sexuellement pour la première fois.

Il en gardera des séquelles lourdes. Il s’engouffre alors dans une spirale de délinquance.

Il met le feu à des poubelles, fugue, commet des voies de fait. Yan Dugas fait un premier séjour en famille d’accueil à l’âge de 11 ans, suivi d'un séjour d'un mois au centre jeunesse Le gouvernail.

Là-bas, il se sent abandonné et laisse à lui-même. Il tente alors de s'enlever la vie.

Le secondaire ressemble au primaire. « Une catastrophe », a décrit son avocat.

Il se sauve souvent du centre d’accueil où il est placé à 12 ans. À 14 ans, il consomme fréquemment de la cocaïne et des méthamphétamines.

Il subit d'autres agressions sexuelles multiples, perpétrées par différents hommes, au cours de son adolescence. Sa victime, Mathias Breton, ferait partie du nombre.

La victime

Breton est un orphelin de Duplessis, sans famille. C’est un homme apprécié de son voisinage, qui le surnomme M. Canette en raison de son habitude de les ramasser dans le quartier.

Dugas l’a tué d’un seul coup de couteau. Depuis sa détention, il collabore avec les policiers et a un comportement décrit comme exemplaire et sans violence.

Réhabilitation possible

Les deux parties estiment que les chances de réhabilitation du jeune homme sont exceptionnelles. Il a l'appui de plusieurs membres de sa famille, qui étaient présents lors du prononcé de la peine.

Durant l'audience, Yan Dugas a exprimé des regrets pour le geste qu'il a commis. Le juge a aussi tenu compte du fait qu'il a plaidé coupable, en décembre 2019.

Le septuagénaire avait été retrouvé inanimé, un couteau ensanglanté à ses côtés, dans son logement au coin de la 2e Rue et de la 8e Avenue.

Mathias Breton avait déjà écopé d'une peine de six ans d'emprisonnement pour des crimes de nature sexuelle à l'encontre de mineurs.

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Justice et faits divers