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Accusé de corruption, Nétanyahou retire sa demande d'immunité

Les deux hommes se regardent.

Benyamin Nétanyahou se dit victime d'une « chasse aux sorcières », des termes que Donald Trump, qui l'a reçu à Washington, a lui-même déjà employés pour qualifier le procès en destitution dont il fait l'objet.

Photo : Getty Images / Mark Wilson

Agence France-Presse

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, inculpé pour corruption dans trois affaires, a sorti mardi un nouveau lapin de son chapeau en annonçant avoir renoncé à réclamer l'immunité à la Knesset une heure à peine avant un vote du Parlement sur la question.

M. Nétanyahou, qui joue sa survie politique dans les élections du 2 mars, a retiré sa demande juste avant une session parlementaire qui devait porter sur sa demande d’immunité, et depuis Washington où doit être présenté dans la journée le plan de paix américain pour le Moyen-Orient.

Le premier ministre, qui a rencontré lundi son « ami » le président américain Donald Trump, juge historique le projet américain, déjà rejeté par les Palestiniens ayant coupé tout contact formel avec l’administration Trump après une série de décisions jugées favorables à l’État hébreu.

Et ce plan pourrait d’ailleurs être un précieux atout dans sa campagne pour les législatives de mars, d’autant que sa demande d’immunité avait été largement critiquée dans les médias et avait peu de chance d’aboutir, car il ne dispose pas de majorité au Parlement, ce qui a d’ailleurs favorisé ce nouveau scrutin.

J'ai informé le président du Parlement que je retirais ma demande d'immunité. Plus tard, j'anéantirai les allégations ridicules [...] formulées contre moi.

Benyamin Nétanyahou, premier ministre d'Israël

Mais pour l’instant, je ne laisserai pas mes adversaires politiques utiliser cela pour troubler la démarche historique que je mène à Washington, a indiqué M. Nétanyahou dans un communiqué.

Le premier ministre a été inculpé en novembre de corruption, malversation et abus de confiance dans trois affaires.

La loi israélienne prévoit que tout ministre poursuivi pénalement doit démissionner, mais cela ne s’applique pas au premier ministre. S’il peut rester en fonction, Benyamin Nétanyahou ne jouit toutefois d’aucune immunité face à la justice, d’où sa demande initiale au Parlement au début janvier.

Il misait alors sur sa victoire aux élections de mars pour remporter une majorité et ainsi se protéger de la justice.

Les partis d’opposition avaient toutefois convaincu une majorité de députés d’examiner sa demande d’immunité avant les élections, ce qui posait un problème de taille au premier ministre, qui risquait de perdre ce vote crucial.

Le chef du gouvernement, âgé de 70 ans, rejette en bloc les accusations dont il fait l’objet, dénonçant un « coup d’État » juridique pour mettre fin à son règne, le plus pérenne de l’histoire d’Israël avec près de 14 ans au pouvoir, dont la dernière décennie sans discontinuer.

Puisque je n’ai pas eu de procès équitable, puisque toutes les règles de la Knesset ont été bafouées, [...] j’ai décidé de ne pas laisser ce jeu malsain continuer, a argué M. Nétanyahou mardi.

Le principal rival de M. Nétanyahou en vue des législatives, l’ex-chef de l’armée Benny Gantz, était rentré dans la nuit de Washington, où il a discuté lundi avec Donald Trump de son projet pour le Moyen-Orient, afin justement de participer à la session parlementaire devant décider de créer un comité pour étudier et voter la demande d’immunité.

Les citoyens israéliens ont un choix clair : un premier ministre qui oeuvrera pour eux ou un premier ministre occupé avec lui-même, a dit mardi M. Gantz.

Personne ne peut diriger un pays et gérer en même temps trois graves accusations de corruption, malversation et abus de confiance.

Benny Gantz, principal rival de Benyamin Nétanyahou en vue des législatives

L’accusé Nétanyahou doit immédiatement quitter l’arène politique, s’occuper de ses problèmes pénaux et nous laisser nous occuper d’Israël, a de son côté affirmé dans un communiqué Nitzan Horowitz, chef du parti de gauche Meretz.

Sa demande d’immunité retirée, les procédures judiciaires contre M. Nétanyahou pourraient désormais s’accélérer, et un procès pourrait commencer avant même les législatives du 2 mars, selon des journalistes israéliens.

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