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Coronavirus : une ligne d'information pour les passagers du vol CZ311

La Dre Eileen de Villa en conférence de presse.

La médecin hygiéniste en chef de Toronto, la Dre Eileen de Villa.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

Après les critiques d'infirmières, la santé publique à Toronto lance une ligne téléphonique d'information sur le coronavirus 2019-nCoV pour tous les passagers du vol à bord duquel un couple malade est revenu de Chine.

L’Association des infirmières autorisées de l’Ontario a demandé aux autorités de contacter tous les passagers qui étaient dans le même avion que le premier patient torontois atteint du coronavirus et sa femme.

L’homme est arrivé à l’aéroport Pearson le 22 janvier, après s’être rendu à Wuhan, en Chine.

Son épouse, qui était également à bord de l’avion, est elle aussi malade. Un test effectué au Laboratoire de microbiologie de Winnipeg doit confirmer le diagnostic préliminaire posé en Ontario.

La santé publique a décidé de communiquer uniquement avec les passagers qui auraient pu être en contact étroit avec le voyageur infecté, c’est-à-dire ceux qui se trouvaient dans un rayon de deux mètres, soit, grosso modo, trois rangées devant ou derrière lui.

Tout en maintenant cette approche, la médecin hygiéniste en chef de Toronto, la Dre Eileen de Villa, a annoncé, mardi, que tous les passagers de l'appareil peuvent composer le 416 338-7600 (lundi au vendredi, de 8 h 30 à 16 h 30), s'ils ont des questions. Cette ligne est aussi offerte aux résidents en général.

Pour l'instant, le risque pour notre communauté demeure faible, dit-elle, en précisant que la santé publique avait pu joindre depuis le week-end la « vaste majorité » des voyageurs qui étaient assis à proximité du couple malade dans l'avion.

Doris Grinspun, PDG de l’Association des infirmières autorisées de l’Ontario en entrevue.

Doris Grinspun, PDG de l’Association des infirmières autorisées de l’Ontario

Photo : Radio-Canada

Pour sa part, la PDG de l’Association des infirmières autorisées de l’Ontario, Doris Grinspun, a affirmé lundi que la santé publique devrait contacter tous les passagers.

Dans un avion, les gens ne restent pas assis tout le temps. Ils peuvent circuler et tousser. Ils utilisent les mêmes toilettes. Les membres de l’équipage passent d’un passager à l’autre.

Doris Grinspun, PDG de l’Association des infirmières autorisées de l’Ontario

L’Association demande depuis le début d’utiliser le principe de précaution, d’aller plus loin que ce que l’état actuel des connaissances dicte.

Le virus se transmettrait par les gouttelettes de salive. Les autorités de la santé au pays considèrent donc que les personnes qui sont en contact direct avec une personne infectée risquent de contracter la maladie.

Mme Grinspun croit que contacter tous les passagers du vol CZ311 demanderait de la coordination, mais pas énormément de ressources supplémentaires.

Appeler, leur demander, dit-elle : ''Comment allez-vous? Bienvenue au Canada. Comment vous sentez-vous? Êtes-vous au courant?'' Certaines personnes ne le sont peut-être pas, certaines ne comprennent peut-être pas la langue, certains sont des visiteurs.

Doris Grinspun estime que cet appel permettrait d’éviter que d’autres passagers qui présenteraient des symptômes circulent dans la population, au risque de propager le virus.

Elle considère que la ligne d'information pour les passagers est un pas dans la bonne direction, mais maintient qu'il faut faire plus.

Pour sa part, la Dre Eileen de Villa affirme que les passagers du vol qui n'étaient pas assis à proximité du couple peuvent « continuer à vaquer à leurs occupations » et qu'ils doivent contacter leur médecin seulement s'ils ont des symptômes d'infection.

Le professeur Steven Hoffman, spécialisé en santé mondiale à l'Université York de Toronto, affirme lui aussi que le risque d'infection est déjà « très faible » pour les voyageurs qui étaient assis près du couple, donc encore moins élevé pour ceux dont le siège était plus éloigné. Il soutient que prendre du temps pour joindre tous les autres passagers de l'avion signifierait que des « ressources ne seraient pas disponibles pour d'autres choses ».

Selon lui, la santé publique a la bonne approche, soit celle de « s'en tenir à la science » et aux faits.

Des leçons du SRAS?

Bruce England en entrevue.

L'ancien ambulancier Bruce England, qui a souffert du SRAS.

Photo : CBC/Lauren Pelley

L'ambulancier à la retraite Bruce England, qui avait contracté le SRAS à Toronto en 2003, espère que les autorités ont tiré des leçons de cette crise sanitaire et que les travailleurs de la santé sont mieux protégés cette fois-ci.

Il se souvient de ce soir de 2003 lorsqu'il a été transporté à l'hôpital après son quart de travail, parce qu'il n'arrivait plus à bouger, qu'il avait mal partout et qu'il avait des sueurs.

Je n'arrivais pas à sortir du lit, me soulever la tête ou aller aux toilettes, se rappelle-t-il. Je n'en avais pas la force. C'est comme si quelqu'un m'avait frappé avec un madrier.

C'est sûr qu'il va y avoir d'autres patients [du coronavirus]. Je m'inquiète pour les travailleurs de la santé, parce qu'ils sont dans une position vulnérable.

Bruce England, victime du SRAS

Quant aux autorités de la santé publique, elles assurent que des leçons ont été tirées de la crise du SRAS.

Par exemple, la province a mis en place des mesures de détection supplémentaires dans les centres de communication des urgences des hôpitaux afin d'identifier les cas potentiels de coronavirus avant de dépêcher des ambulanciers pour aller chercher ces patients, explique Barbara Yaffe, médecin hygiéniste provinciale adjointe.

Ainsi, les ambulanciers qui ont transporté le premier cas de coronavirus à l'hôpital la semaine dernière à Toronto portaient une tenue protectrice.

M. England, lui, a toujours des séquelles du SRAS, y compris des problèmes respiratoires et des engourdissements aux mains et aux pieds.

Son message pour les autorités? Communiquez avec le public, dit-il, et prenez soin des travailleurs de la santé. Ils sont les employés de première ligne. S'ils tombent malades, soignez-les.

De son côté, le professeur Hoffman de l'Université York se dit « très impressionné de la façon dont le Canada réagit [au coronavirus] », en suivant les « protocoles en place ». D'après lui, il est important de ne pas céder à la « peur ».

Avec des renseignements fournis par Sébastien St-François et CBC News

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Toronto

Santé publique