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Sainte-Marie se développera au détriment de l'agriculture

Les nouveaux développements résidentiels de Sainte-Marie vont empiéter sur le territoire agricole.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Marc-Antoine Lavoie

C’est l’agriculture qui devra faire les frais du développement résidentiel et commercial de Sainte-Marie.

Dans la foulée des inondations en Beauce, la Municipalité est sur le point d’obtenir le feu vert pour agrandir sa zone urbaine au détriment du territoire agricole.

La Commission de la protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) a rendu une décision préliminaire le 13 décembre dernier autorisant ainsi la conversion de 85 hectares de terres agricoles en zone urbaine.

Si le verdict final de l'organisme sera dévoilé le 13 février prochain, rien n’indique que la Commission changera son fusil d’épaule d’ici là.

Personne n’est venu critiquer ou contrer la demande, se réjouit le maire de Sainte-Marie, Gaétan Vachon, alors que les personnes intéressées avaient 30 jours pour faire valoir leurs arguments contre la décision, un délai déjà écoulé.

Un mal pour un bien

La zone visée par la décision de la CPTAQ est située à l’est de l’autoroute 73, près du secteur de la Cité Sainte-Marie et du Centre Caztel.

En plus d’une érablière, seulement 10 des 85 hectares sont présentement en culture. Le reste de la zone est boisé.

Richard Provost devant son tracteur.

Richard Provost est le seul producteur agricole à cultiver des terres dans la zone visée par la décision de la CPTAQ.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Le propriétaire de l’érablière et de la terre agricole affirme que l’inondation aura été un mal pour un bien pour la Ville de Sainte-Marie.

Ça a forcé la CPTAQ à accepter qu'il y ait du nouveau développement en zone agricole. Parce qu'en bas, il n'y a plus rien et le monde s'en va à Sainte-Marie, dit le producteur laitier Richard Provost.

Image satellite des zones à démolir ainsi que le secteur visé en zonage agricole.

Les zones à démolir ainsi que le secteur visé en zonage agricole.

Photo : Radio-Canada / Google Earth

Le maire Gaétan Vachon admet que les inondations auront permis d’étoffer les demandes à la CPTAQ, qui avait auparavant toujours refusé de réduire le territoire agricole.

Ça fait 5 ans qu'on travaille parce qu'on savait qu'on aurait une pénurie de terrain. Avec la dernière inondation, il y a eu une nouvelle demande qui a été refaite. On a été capable de l'étoffer, précise M. Vachon.

On a perdu 32 hectares du centre-ville. Les gens vont quitter, c'est tout près de 325 et 350 résidences finales qui vont être démolies.

Gaétan Vachon, maire de Sainte-Marie.

Pour les 15 prochaines années

En plus des résidences et des commerces, la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin souhaite aussi y construire une nouvelle école afin de sortir ses élèves de la zone inondable.

La nouvelle zone urbaine permettra le développement pour les 15 prochaines années.

En ce qui concerne les logements à prix modique, il va falloir l’aide financière, admet le maire, qui voit mal comment les promoteurs pourraient louer leurs nouveaux appartements à rabais sans un soutien gouvernemental.

Le maire de Sainte-Marie, Gaétan Vachon.

Le maire de Sainte-Marie, Gaétan Vachon

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Ce n’est pas le même contexte que d'avoir d’anciennes maisons que tu loues à prix modique. Il y a un ajustement qui va devoir se faire, mais on est à l'affût, mentionne Gaétan Vachon.

Perte nette pour l’agriculture

La zone ciblée par la décision de la CPTAQ ne sera pas utilisée à des fins industrielles. En ce sens, la Ville de Sainte-Marie compte produire une nouvelle demande dans les prochaines semaines pour dézoner de nouvelles terres agricoles.

On a un endroit ciblé pour un 26 hectares. On a un manque du côté industriel. On a vendu tous nos terrains l'an passé, explique le maire.

L'usine Vachon de Sainte-Marie.

L'usine Vachon de Sainte-Marie a subi des dommages importants lors des inondations d'avril 2019.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Le président de l’Union des producteurs de la Chaudière-Appalaches est d’avis que l’agriculture en a assez donné et demande au gouvernement de permettre aux agriculteurs de compenser la perte de territoire cultivable.

En Chaudière-Appalaches, on est sur le moratoire sur les superficies en culture donc on ne peut pas défricher de nouvelles terres. On vient de perdre 10 hectares. C'est une perte nette au niveau de l'agriculture, critique James Allen.

L’UPA assure comprendre les besoins de Sainte-Marie. Elle souhaite donc que le gouvernement du Québec démontre plus de souplesse dans l’application du moratoire sur le développement de nouvelles terres agricoles.

On ne peut pas déboiser rien. Quand on perd 10 hectares, est-ce qu’on pourrait avoir le droit de se prendre 10 hectares dans la même MRC? demande M. Allen.

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