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Coronavirus : le syndicat des douaniers veut plus de protection aux aéroports

Plusieurs personnes attendent dans le corridor vitré menant aux douanes de l'aéroport international Pearson de Toronto; on voit une pancarte bilingue annonçant les douanes.

Le corridor menant aux douanes de l'aéroport Pearson de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Philippe-Vincent Foisy

Radio-Canada

L’annonce des premiers cas de nouveau coronavirus au Canada —  l’un confirmé et l’autre présumé positif – relance la question des procédures de détection et de protection en place dans les grands aéroports du pays. Le Syndicat des douanes et de l’immigration demande plus de mesures pour protéger ses membres qui sont « aux premières lignes » du flot de passagers qui arrivent chaque jour de Chine et d'ailleurs.

Les patients en question ont récemment voyagé dans la région de Wuhan, foyer de l’épidémie en Chine. Le couple a atterri à l’aéroport international Pearson de Toronto mercredi dernier, et ce n’est que le lendemain que le mari a contacté les urgences.

Les autorités de santé publique notent qu’ils portaient des masques pendant le déplacement et qu'ils sont rentrés chez eux dans un véhicule privé, minimisant tout risque de contact. 

Lors d'une conférence téléphonique lundi, la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, a précisé que le couple avait déclaré dès son arrivée à l'aéroport qu’il avait visité Wuhan.

Ils ont donc tous deux été interrogés par un agent des services frontaliers, pour déterminer si leurs symptômes correspondaient au nouveau coronavirus. Au moment d'arriver, le mari n'avait qu'une faible toux. On leur a expliqué quoi faire s'ils se sentaient malades dans les 14 prochains jours.

Jean-Pierre Fortin, président national du Syndicat des douanes et de l'immigration (SDI), n'est pas surpris de voir ainsi des premiers cas émerger, et surveille la situation de près. Il souligne que les agents frontaliers sont exposés chaque jour à des contacts avec de possibles voyageurs malades.

Depuis plusieurs jours, le syndicat encourage fortement tous ses membres à porter le masque et les gants en tout temps, et pense que cette mesure devrait devenir obligatoire. On dit à nos agents de ne prendre aucune chance, même si le niveau est quand même bas à l'heure actuelle.

Imaginez-vous le nombre de personnes qu'un agent peut voir en une journée, que ce soit à Montréal, Toronto, Vancouver : ce sont des milliers de personnes qui passent par les douanes, donc on veut s'assurer que ce soit sécuritaire.

Jean-Pierre Fortin, président du Syndicat des douanes et de l'immigration

Ce n’est pas la seule demande du SDI, qui souhaite aussi que l’Agence des services frontaliers trouve un moyen de ralentir le flot de passagers qui arrivent, directement ou indirectement, de Chine. Habituellement, quand les gens vont sortir de l'avion ils vont immédiatement aller aux bornes électroniques pour se dédouaner. Nous, ce qu'on demande à l'Agence, c'est de peut-être les regrouper et qu'on puisse les observer : ce serait une mesure de sécurité supplémentaire. Regarder s’il y a des gens qui toussent, qui ont des sueurs froides...

Un homme aux cheveux blanc-gris, en veston, assis dans un studio de télévision.

Jean-Pierre Fortin, président national du Syndicat des douanes et de l'immigration, surveille de près la situation du nouveau coronavirus.

Photo : Radio-Canada

Une telle mesure soulève aussi des enjeux de sécurité, reconnaît M. Fortin, mais les discussions pour trouver un compromis doivent se poursuivre au plus vite, selon lui. On ne voudrait pas mettre tous ces passagers dans des espaces clos où le virus pourrait se propager, mais ce qu'on demande c'est qu'on puisse simplement ralentir les voyageurs.

Du côté de Montréal on est en train de trouver un endroit spécifique à l'aéroport, qui ne serait pas dans le trajet habituel des voyageurs. C’est un peu à l'extérieur de l'endroit où les avions font débarquer les passagers.

Personnel de santé en appui

Le syndicat demande par ailleurs à ce que les bornes électroniques soient désinfectées de façon régulière.

Si la situation devait prendre de l'ampleur, les douaniers aimeraient aussi voir l’ajout, pour les appuyer, de médecins de Santé Canada en personne dans les trois grands aéroports. Parce que c'est eux qui ont l'expertise et qui vont être capables de poser certains diagnostics de nous aiguiller, note Jean-Pierre Fortin.

Nous allons maintenir et renforcer les mesures aux frontières, y compris la présence d'agents de santé publique à Vancouver, Toronto et Montréal, a annoncé la Dre Tam lundi, sans toutefois donner de nombre précis.

L’Agence des services frontaliers n’était pas immédiatement disponible lundi pour réagir à ces demandes. Dans un précédent courriel à Radio-Canada, elle déclare toutefois :

La santé et la sécurité des agents et du personnel de l’Agence des services frontaliers du Canada sont de la plus haute importance pour l’Agence. Nous travaillons en étroite collaboration avec les experts de Santé Canada pour confirmer que des mesures appropriées sont en place, y compris l’examen des procédures opérationnelles normalisées pour traiter les voyageurs qui peuvent présenter des symptômes de maladie.

Si un agent doit se trouver à proximité d’un voyageur potentiellement infecté pendant une période prolongée ou être en contact physique avec les sécrétions d’une personne malade, l’équipement de protection individuelle approprié est facilement accessible et utilisé conformément aux procédures opérationnelles standard existantes.

Jean-Pierre Fortin note pour sa part que la collaboration avec l'Agence a été bonne jusqu'ici, et espère recevoir bientôt des nouvelles.

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