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Procès de Maurice Johnson : l'épouse de l'accusé témoigne

Image de Maurice et Jacinthe Johnson quittant le palais de justice de Moncton. Couple en manteau.

Jacinthe Johnson, photographiée la semaine dernière quittant le palais de justice de Moncton avec son mari Maurice, a été la dernière témoin à la barre, lundi après-midi.

Photo :  CBC / Pierre Fournier

Radio-Canada

L'épouse de Maurice Johnson, aussi passagère du GMC prétendument impliqué dans la mort de Brady Francis le soir du 24 février 2018, a pris la barre des témoins lundi au palais de justice de Moncton.

Maurice Johnson est accusé de ne pas s'être arrêté sur les lieux d'un accident ayant causé la mort.

Brady Francis, 22 ans, a été retrouvé mort à Saint-Charles, au nord de sa communauté d'Elsipogtog, le 24 février 2018.

Jacinthe Johnson a dit lundi après-midi qu'elle était avec Maurice Johnson la nuit du 24 février 2018, lorsqu'ils ont heurté quelque chose qu'ils pensaient être un chevreuil.

Elle a indiqué qu'ils se sont arrêtés brièvement et qu'ils ont regardé derrière, mais qu'ils sont restés à l'intérieur du camion avant de repartir rapidement. Elle a expliqué qu'elle n'avait pas quitté le véhicule par crainte de voir un chevreuil mort ou blessé.

Lundi après-midi, après le témoignage d'un reconstructeur de collision appelé par la défense, Jacinthe Johnson a raconté au tribunal ce qui, selon elle, s'est passé cette nuit-là.

Témoignage de Jacinthe Johnson

Jacinthe Johnson a déclaré qu'elle et son mari ont décidé, le 24 février 2018 vers 15 h, de se rendre au magasin pour y acheter de l'alcool.

C'est à la coopérative de Saint-Louis de Kent que le couple s'était rendu. Maurice Johnson a acheté de la vodka et elle, de la bière.

Ils sont rentrés chez eux vers 15 h 30, avant de repartir pour une promenade en voiture plus tard en après-midi.

Selon ses dires, Jacinthe s'est emparé de son chien et de quelques bières.

Pendant les six heures qui ont suivi, ils ont conduit vers le campement d'amis communs. Il ont ensuite fait le tour de certains des lieux de chasse préférés de son mari.

Sur le chemin du retour, Maurice Johnson a réagi rapidement, d'après sa femme. Le chien était sur ses genoux et elle n'a rien vu, a-t-elle relaté en cour.

Elle a ajouté que Maurice Johnson lui a dit avoir heurté un chevreuil. Ils ont tous les deux regardé en arrière, mais n'ont rien vu, dit-elle.

Elle a dit au tribunal avoir ensuite demandé à son mari de la reconduire chez elle et de revenir voir le chevreuil, s'il le souhaitait, puisqu'elle ne voulait pas s'arrêter plus longtemps.

Lorsqu'ils sont rentrés à la maison, Jacinthe Johnson est allée dans sa chambre et s'est endormie vers 21 h 30, selon son témoignage. Elle n'a pas entendu ni vu de voiture de police.

Le lendemain matin, elle a vu sur les médias sociaux que la police recherchait un GMC impliqué dans un délit de fuite. Vers 10 h du matin, le couple s'est alors rendu au poste de police, a-t-elle indiqué.

La porte était fermée à clé et personne ne semblait être présente pour ouvrir.

Le couple a alors décidé de retourner à l'endroit où il pensait avoir heurté un chevreuil, mais n'y a vu aucun policier. Il a donc décidé de retourner à la maison et d'appeler le 911.

La police les a rencontrés peu après à leur domicile.

C'est à ce moment que la GRC a pris leur déposition, et qu'elle les a informés de la mort de Brady Francis.

Brady Francis

Brady Francis. (Archive)

Photo : Facebook

Reconstitution de la collision

Plus tôt dans la journée de lundi, un expert en reconstitution de collision a déclaré au tribunal que les dommages subis par le camion de l'accusé et l'emplacement du corps ne correspondaient pas.

Michael Wayne Reade, de Forensic Reconstruction Specialists Inc., basé à Moncton, a témoigné en tant que témoin de la défense.

Lors de l'interrogatoire par l'avocat de la défense Gilles Lemieux, M. Reade s'est vu montrer des photos d'un camion GMC de couleur claire appartenant à Johnson. Ce dernier a identifié des dommages aux phares, à la plaque d'immatriculation avant, où la partie supérieure était pliée, et à la grille du côté passager.

Il y a une fissure dans la grille et une partie de celle-ci est manquante, a-t-il déclaré.

Selon M. Reade, si un piéton avait été heurté du côté passager, comme le montrent les dommages, le corps aurait été propulsé tout droit ou vers la droite, c'est-à-dire vers le fossé dans ce cas.

Il a ajouté que le corps de Brady Francis avait été trouvé sur la voie ouest, du côté opposé à celui où les dommages le suggèrent.

Les preuves ne correspondent tout simplement pas à ce scénario, a-t-il dit à la cour.

Il suppose que le véhicule de Maurice Johnson roulait en direction est avant la collision. Si c'était le cas, il se demande pourquoi les débris et le corps ont été trouvés du côté du conducteur, sur la voie ouest.

Cela n'a aucun sens.

Michael Wayne Reade, expert en reconstitution de collision à Forensic Reconstruction Specialists Inc.

Lors du contre-interrogatoire, le procureur de la Couronne, Pierre Gionet, a contesté les hypothèses de Reade.

Maurice Johnson aurait pu conduire n'importe où sur la route, au milieu de celle-ci ou dans la mauvaise voie, a déclaré Gionet.

Maurice Johnson quitte le palais de justice. (Archive)

Maurice Johnson le 24 janvier 2020 à la sortie du palais de justice à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

M. Reade a également déclaré que le camion ne présentait aucun signe de freinage rapide ou violent. De ce fait, si le camion avait heurté Brady Francis, il l'aurait renversé et aurait endommagé le dessous du véhicule. Il a précisé qu'aucun débris n'a été trouvé sous le camion.

Il n'y avait pas non plus de preuve que le corps de Brady Francis avait été écrasé par un véhicule. Reade a relaté que dans son analyse des blessures des piétons, il n'a trouvé aucune blessure qui pourrait être cohérente avec un corps écrasé par un véhicule.

Le tribunal a entendu précédemment que Johnson et sa femme pensaient avoir heurté un chevreuil, mais qu'ils ont appelé la police le lendemain après avoir vu les informations concernant un délit de fuite.

Dans une déclaration vidéo à la police, Maurice Johnson a déclaré qu'il a frappé ce qu'il croyait être un chevreuil dans un moment d'inattention alors qu'il parlait à sa femme. Il l'a décrit comme étant un flou, mais d'environ 4 pieds de haut.

Lundi, le procureur de la Couronne a avancé qu'il n'est pas nécessaire d'être un expert pour savoir que si vous ne regardez pas la route, vous ne savez pas où vous êtes sur la route. M. Reade s'est dit d'accord avec cette affirmation.

Le procès devant la Cour du Banc de la Reine de Moncton devrait se poursuivre jusqu'à la fin de la semaine.

Avec les informations de CBC

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