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Les prématurés plus susceptibles d'avoir des problèmes cardiovasculaires à l'âge adulte

Deux pieds de bébé.

Une étude du CHU Sainte-Justine s'est intéressée à la santé physique des adultes nés prématurément.

Photo : getty images/istockphoto / SeventyFour

Marie Lépine-Loiselle

Même s'ils sont en bonne santé, les enfants prématurés sont plus à risque d'avoir des maladies cardiovasculaires à l'âge adulte que les enfants nés à terme, selon une étude du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine.

Les chercheurs, dirigés par la néonatalogiste Anne Monique Nuyt et la pédiatre Thuy Mai Luu, ont suivi 206 personnes dans le cadre du projet HAPI, dont l'abréviation signifie La santé des adultes nés prématurément. Les résultats ont été publiés lundi dans la revue Hypertension.

Parmi ces participants, 101 étaient nés avant 29 semaines de gestation, donc très prématurément, et 105 autres étaient nés à terme, c'est-à-dire né à 37 semaines ou plus.

Les participants nés à terme choisis pour l'étude faisaient partie de l'entourage des participants nés prématurément. Soit des amis, soit de la fratrie proche pour pouvoir contrôler l'environnement de façon indirecte, car on sait que l'environnement contribue aussi au risque de haute pression, de diabète et de maladie chronique, explique une des chercheuses qui a dirigé l'étude, Thuy Mai Luu.

Deux femmes et un homme regardent la caméra en souriant.

(De gauche à droite) Les chercheurs et auteurs de l'étude sur la santé physique des jeunes adultes nés prématurément, Anne Monique Nuyt, Adrien Flahault et Thuy Mai Luu.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

L'étude révèle notamment que les enfants nés prématurément ont de 2 à 3 fois plus de risques de faire de l'hypertension plus tard dans leur vie que ceux nés à terme. Ils ont aussi 2 fois plus de risques d'être intolérants au glucose et 3,5 fois plus de risques de souffrir d'une obstruction pulmonaire.

La majorité des enfants prématurés sont en bonne santé, mais ils sont plus à risque de maladies cardiovasculaires, notamment de facteurs de risque de maladie cardiovasculaire comme la haute pression.

Thuy Mai Luu, pédiatre et chercheuse responsable du projet HAPI

Ce sont des jeunes qui ne se sentent pas nécessairement malades. Quand on a de la haute pression, c’est silencieux. Quand on a une intolérance au glucose, c’est silencieux aussi. Sauf que, si on le mesure, on peut le détecter et on peut intervenir précocement pour changer cette trajectoire de risques de maladie chronique, indique la pédiatre.

Les auteurs de l'étude précisent toutefois que les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires ne sont pas nécessairement associés à l'obésité chez les prématurés, contrairement à ce qui était retrouvé chez les adultes nés à terme.

Les prématurés, eux, ont ce risque-là, mais ils ne sont pas nécessairement obèses. Ils sont plutôt faits sur un format plus petit, mais ils sont quand même à risque, souligne la Dre Thuy Mai Luu.

L'étude note également que les participants nés prématurément faisaient moins d'activités physiques que ceux nés à terme. Les chercheurs ne peuvent toutefois pas affirmer que cela est lié au développement de facteurs de risque chez ces adultes. Selon nous, c'est [les facteurs] vraiment lié à leur naissance très prématurée, dit Thuy Mai Luu.

Pour certains, d'ailleurs, effectuer des activités physiques est plus difficile. Du côté respiratoire [...] l'éducation physique, par exemple, ça a toujours été un peu difficile. Mais je fais des 10 kilomètres pour le plaisir et je réussis très bien à les faire de bout en bout, témoigne Michaël Brassard, un jeune adulte né prématurément qui a participé à l'étude.

Tout ce que mes parents avaient entendu dire, c'est : "Elle ne deviendra pas athlète olympique". Eux se disaient : "Ce n'est pas ça notre but, alors c'est parfait pour nous", relate de son côté Camille Girard-Bock, une autre participante au projet HAPI.

Les problèmes de santé des grand prématurés

Sensibilisation et activités physiques

Avec cette étude, les chercheurs espèrent conscientiser les spécialistes de la santé quant aux facteurs de risque qui peuvent toucher les adultes nés avant terme, même si ces derniers ne montrent pas de facteurs classiques, comme l'obésité.

Les médecins de famille pourraient, par exemple, effectuer systématiquement un test auprès des adultes prématurés afin de dépister l'hypertension ou l'intolérance au glucose.

On n’a pas l’impression qu’il y a encore des choses qui puissent nous arriver liées à la prématurité. C’est comme si c’était derrière nous [...] L’étude nous montre que ce n’est pas nécessairement derrière nous. Il faut encore peut-être adapter le suivi de santé par rapport à notre naissance prématurée.

Camille Girard-Bock, une jeune adulte née prématurément qui a participé à l'étude

Les chercheurs espèrent également que cela encouragera les jeunes adultes prématurés à avoir de saines habitudes de vie. Je pense que l’intérêt est d’encourager l’activité physique chez les jeunes, même si c'est peut-être quelque chose qu'ils ne vont pas naturellement faire autant que les autres, dit la pédiatre Thuy Mai Luu.

Avec les informations d'Anne-Louise Despatie

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