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Montréal maintiendra les opérations de recyclage même si Tiru se retire

Au centre de tri de Montréal, des ballots à l'extérieur.

Les ballots de papier s'accumulent depuis des mois dans les cours des centres de tri, faute de débouchés pour les vendre.

Photo : Radio-Canada

Face à un arrêt possible des activités des centres de tri du Groupe Tiru, la mairesse Valérie Plante assure que le traitement des matières recyclables se poursuivra à Montréal avec d’autres entreprises prêtes à prendre la relève.

Face à la fermeture possible des opérations dans les centres de tri des arrondissements de Lachine et de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, si aucune entente financière n’intervient pour maintenir les activités du Groupte Tiru, la mairesse Plante a expliqué lundi que des démarches sont en cours à la Ville et qu’il n’est pas question de mettre fin à la collecte des matières recyclables, et encore moins de les envoyer dans des sites d’enfouissement.

Si ce n’était pas Tiru, sachez que, pour nous, dès la semaine passée, on a commencé à travailler sur des plans de rechange. Nous aurons des opérateurs pour compenser si c’était le cas, a assuré Valérie Plante en conférence de presse, lundi.

Elle a ajouté, sans nommer quiconque, que beaucoup de gens ont levé la main pour assurer le traitement des matières recyclables à Montréal, et elle a précisé que, si Tiru devait mettre un terme à ses activités, il y aurait malgré tout une période de transition pour permettre à la Ville et au nouvel opérateur de s’organiser. Mais quoi qu'il arrive, on va faire face à la musique, on va être prêt, a assuré la mairesse.

Et si la Ville exploitait elle-même ses centres de tri?

Un bac de recyclage en gros plan et, en arrière-plan, un camion de recyclage.

Les deux centres de tri exploités par Tiru traitent chaque année 160 000 tonnes de matières recyclables.

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Interrogée sur la possibilité que la Ville de Montréal récupère à son compte les opérations de collecte et de traitement des matières recyclables, la mairesse Plante a expliqué que ce ne serait pas possible à court terme, même si l’idée est intéressante.

Si, demain matin, Tiru n’était plus dans les installations, on ne sera pas capable de pouvoir y mettre, par exemple, des opérations entièrement Ville. C’est clairement un modèle qui nous intéresse, mais on a besoin de se donner le temps nécessaire pour voir comment ça pourrait fonctionner, a expliqué la mairesse Plante.

Rappelons que le Groupe Tiru, qui gère des centres de tri de matières recyclables au Québec, menace de fermer ses installations de Saguenay, de Châteauguay et de deux arrondissements montréalais.

Tiru est aux prises avec la décision de la Chine de resserrer ses critères de qualité sur les matières recyclables qu’elle importe et avec une chute de 50 % des prix du papier recyclé sur les marchés internationaux. L'entreprise roule à perte depuis des mois, alors que les ballots de matières s’entassent dans la cour de ses centres de tri. La situation est telle qu’il en coûte actuellement 60 $ à Tiru pour disposer d’un ballot de matières recyclables.

À Montréal, les deux centres de tri exploités par Tiru traitent chaque année 160 000 tonnes de matière recyclable.

La Ville, qui a versé 29 millions de dollars pour les opérations de recyclage il y a un an et demi, refuse d’injecter de nouveaux montants pour assurer ce service. Montréal se tourne aujourd’hui vers le gouvernement du Québec et les entreprises qui produisent ces matières pour repenser le système de production et de traitement des matières recyclables.

Le temps où on envoyait notre recyclage en Asie et qu’il disparaissait par magie, c’est fini. Nécessairement, il faut qu’on repense nos façons de faire.

Valérie Plante, mairesse de Montréal
Une chargeuse déplace des montagnes de matières recyclables dans un hangar.

Les matières recyclables s'accumulent dans les centres de tri du Québec.

Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau

La crise mondiale qui frappe le secteur du recyclage ne cesse de s’aggraver avec la fermeture des marchés chinois et indiens aux matières en provenance de l’étranger. Une occasion, soutient la mairesse de Montréal, pour repenser nos façons de faire.

Repenser le système

Il faut absolument qu’on sorte des sentiers battus. On ne peut plus faire comme avant, a déclaré la mairesse Plante, pour qui le but ultime est d’arriver à transformer nous-mêmes nos matières au Québec et au pays.

La réduction des déchets à la source est aussi l’un des enjeux principaux pour y parvenir.

C’est pourquoi la Ville de Montréal souhaite inclure les grandes entreprises de papier et d’emballage dans les discussions qu’elle réclame avec les gouvernements et les acteurs du milieu pour repenser l’ensemble du système de récupération et de mise en valeur des matières recyclables.

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