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Non, le coronavirus n’a pas été inventé en laboratoire

Des dizaines de publications et vidéos virales prétendent avoir découvert que le coronavirus qui sévit présentement en Chine aurait été créé en laboratoire en 2003, et que cette épidémie viserait à mousser les ventes d’un vaccin. Ces deux affirmations sont fausses.


Un gros plan d'une seringue avec un vaccin.

Des théories conspirationnistes prétendent que le coronavirus aurait été propagé intentionnellement.

Photo : Getty Images / Marian Vejcik

Cette allégation a été popularisée par un adepte du mouvement conspirationniste QAnon, Jordan Sather. Cette théorie s’appuie sur deux brevets, l’un datant de 2003 (Nouvelle fenêtre) et l’autre de 2015 (Nouvelle fenêtre). Pourtant, bien que les deux brevets comportent le mot « coronavirus », il ne s’agit ni du virus de la présente épidémie ni d’une preuve qu’un virus aurait été inventé en laboratoire.

Le terme « coronavirus » ne concerne pas un seul virus, mais plutôt une famille de virus qui, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) (Nouvelle fenêtre), « peuvent provoquer des maladies très diverses chez l’homme, allant du rhume banal au SRAS, et qui causent également un certain nombre de maladies chez l’animal ». Le virus qui sévit actuellement en Chine porte plus précisément le nom de « 2019-nCoV ».

Le premier brevet, datant de 2003, concerne le SRAS, le syndrome respiratoire aigu sévère, qui a causé des centaines de morts à travers le monde de 2002 à 2003. Le virus du SRAS était aussi de la famille « coronavirus ».

La méthode détaillée dans le brevet visait à utiliser la séquence génétique du virus du SRAS afin de détecter les infections qu'il cause. Le brevet ne signifie donc pas que le virus du SRAS a été inventé en laboratoire. En 2013, la Cour suprême des États-Unis a justement interdit ce type de brevet sur du matériel génétique, (Nouvelle fenêtre) en spécifiant qu’il ne s’agit pas d’une invention, mais simplement d’isoler des gènes qui existent déjà dans la nature.

Le second brevet, soumis en 2015, concerne une version atténuée d’une autre forme de coronavirus, responsable de la bronchite infectieuse aviaire. Ce virus s’attaque à la volaille (Nouvelle fenêtre), mais pas aux humains. Le brevet concerne le développement d’une version atténuée du virus existant, afin de mettre au point un vaccin pour la volaille susceptible de développer cette infection.

Un tweet de Jordan Sather, où il affirme que le coronavirus est une « mode » et qu'il existe brevet pour ce virus soumis en 2015 et approuvé en 2018.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un adepte du mouvement conspirationniste QAnon affirme qu'il existe un brevet pour le coronavirus. Son message a été partagé près de 5000 fois.

Photo : Capture d'écran - Twitter

Pas de vaccin pour le coronavirus actuel

La théorie conspirationniste affirmant que le coronavirus a été créé en laboratoire prétend aussi qu’un vaccin existe déjà, et qu’il s’agirait d’un complot pour enrichir des compagnies pharmaceutiques.

En réalité, il n’existe encore aucun vaccin ni remède pour le coronavirus qui circule actuellement en Chine. En entrevue avec Bloomberg (Nouvelle fenêtre), un responsable du National Health Institute (NIH), aux États-Unis, a affirmé qu’un vaccin était en développement et pourrait être prêt d’ici avril.

Non, Bill Gates n’a pas prédit l'épidémie actuelle

Une autre rumeur qui circule sur Internet affirme que la Fondation Bill & Melinda Gates avait prédit l'épidémie actuelle et avait annoncé que cela tuerait 65 millions de personnes. En guise de preuve, les conspirationnistes évoquent une simulation faite en octobre dernier (Nouvelle fenêtre) à l’École de santé publique de l’Université John Hopkins.

En réaction à cette conspiration, l’institution a publié un texte (Nouvelle fenêtre) expliquant le but de l’exercice réalisé en partenariat avec le Forum économique mondial et la Fondation Bill & Melinda Gates. On y explique que la simulation n’était pas une prédiction, mais un exercice pour se préparer à réagir à de futures pandémies. Le virus utilisé dans la simulation était fictif et avait des caractéristiques différentes du coronavirus 2019-nCoV.

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