•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des dirigeants métis veulent une réforme du Ralliement national des Métis

Un homme au micro, l'index levé.

Le vice-président du Ralliement national des Métis, David Chartrand, rejette des allégations qu'il qualifie « de fumées et de miroirs conçus pour distraire d’une entente conclue en coulisses négociée entre les dirigeants ».

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les représentants des Métis de l’Ontario, de l’Alberta et de la Saskatchewan dénoncent un « dysfonctionnement » et un manque de transparence de leur organisme national, le Ralliement national des Métis, et réclament une réforme de ses structures de gouvernance.

Les présidents des trois organismes métis régionaux – le Ralliement national en compte cinq, avec ceux du Manitoba et de la Colombie-Britannique – se sont réunis pendant deux jours la semaine dernière. Ils ont discuté des moyens de coopérer et de négocier plus directement avec le gouvernement fédéral, ce qui a pour effet de contourner leur organisme national.

Ils ont aussi discuté de leurs préoccupations concernant la gouvernance du Ralliement national des Métis, insistant sur le fait qu'il n'y a pas eu de rencontre du conseil des gouverneurs depuis plus de 14 mois, malgré des demandes répétées.

Dans une résolution, ils demandent aussi plus de transparence dans les audits financiers et exigent des limites sur les sommes dépensées pour les consultants.

Les présidents régionaux réclament la mise sur pied d’un groupe de travail qui se penchera sur une réforme du Ralliement national des Métis ou sur la création d’une nouvelle structure nationale pour mieux représenter les intérêts des gouvernements métis.

Selon eux, le Ralliement national des Métis « est devenu de plus en plus dysfonctionnel et ne rend plus de comptes à ses membres et aux citoyens métis ».

Leur résolution indique également que, jusqu'à la publication du budget fédéral 2020, ils continueront à travailler sur les négociations entourant le financement fédéral par le biais du Ralliement national des Métis, car ces pourparlers sont déjà en cours.

Mais ils veulent par la suite négocier directement avec Ottawa en ce qui concerne l'avenir des programmes, des services et de leur financement. Ils souhaitent veiller à ce que l’argent soit versé aux particuliers et aux gouvernements métis sans attribution au RNM.

Des personnes debout et assises.

Audrey Poitras, présidente de la Nation métisse de l'Alberta, Glen McCallum, président de la Nation métisse de la Saskatchewan, et Margaret Froh (debout de gauche à droite) posent avec les aînés métis Norma Spice, Joseph Poitras et Noram Fleury à Ottawa en juin.

Photo : Nation métisse de l'Alberta

Le vice-président du Ralliement national des Métis, David Chartrand, rejette ces allégations qu'il qualifie de fumées et de miroirs conçus pour distraire d’une entente conclue en coulisses négociée entre les dirigeants.

Définir l'identité métisse

Selon David Chartrand, le vrai problème concerne la façon dont les dirigeants de la Nation métisse de l’Ontario identifient les Métis.

La semaine dernière, M. Chartrand a fait parvenir à la présidente de la Nation métisse de l’Ontario, Margaret Froh, une lettre l'informant de la suspension de son organisme, qui ne peut plus participer à la gouvernance du Ralliement national des Métis.

La présidente des Métis de l’Alberta, Audrey Poitras, soutient que le Ralliement national des Métis ne détient pas l'autorité pour suspendre un membre, une décision qui ne peut être imposée que par l'assemblée générale.

Les préoccupations concernant l’identification des Métis en Ontario remontent à août 2017, lorsque le gouvernement provincial et la Nation métisse de l’Ontario ont annoncé conjointement que des travaux d'historiens avaient permis d'identifier six nouvelles communautés métisses dans la province.

La question de l’identité des Métis est délicate et fondamentale. La Constitution canadienne de 1982 reconnaît trois groupes autochtones au pays : les Premières Nations, les Inuit et les Métis.

Selon le Ralliement national des Métis, un Métis est toute personne d’ascendance européenne et autochtone qui s’identifie comme Métis, se distingue des autres peuples autochtones, est issue de la Nation métisse historique et est acceptée par la Nation métisse.

David Chartrand ne croit pas que les nouvelles communautés acceptées par la Nation métisse de l'Ontario soient légitimes.

Elles ne font pas partie de nous et ne l’ont jamais été, dit-il. Il n’y a aucun lien historique d'aucune sorte et aucun argument pour dire qu’elles font partie de notre nation.

David Chartrand croit que le fait de permettre à ces nouvelles communautés de faire partie de la Nation métisse pourrait miner son intégrité en inondant les nations métisses decentaines de milliers, voire de millions, de personnes qui ne sont pas des [leurs].

En novembre 2018, David Chartrand a fait connaître ses préoccupations lors d’une assemblée générale, qui a adopté une résolution plaçant l'organisme ontarien en probation.

La résolution voulait qu’un comité externe examine le registre des membres de l’Ontario, mais la Nation métisse de l'Ontario a refusé.

La présidente, Margaret Froh, a déclaré que le registre appartient à son gouvernement et contient une grande quantité d’informations personnelles sensibles.

La Nation ontarienne a embauché un expert en histoire pour mener son propre examen des dossiers. Ces travaux devraient permettre de répondre aux préoccupations soulevées par M. Chartrand et d’autres, selon Mme Froh.

Elle a également qualifié d’absurdes les inquiétudes de M. Chartrand concernant l’ajout de milliers ou de millions de nouveaux citoyens par l’Ontario.

Le registre de sa province ne compte qu’environ 20 000 membres, souligne-t-elle.

Audrey Poitras, la dirigeante des Métis de l’Alberta, affirme qu’elle ne voit pas de problème avec le registre de l’Ontario et ne pas comprendre les préoccupations de David Chartrand. Elle continue de réclamer une rencontre du conseil des gouverneurs pour en discuter.

Ce que nous voulons, c’est la transparence et la responsabilité, dit-elle. Si quelqu’un fait quelque chose de mal, nous en parlons et nous le réparons.

Avec des informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !