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Accident de travail dans une boucherie : la victime a dû réapprendre à parler et à marcher

Olivier Bouchard vit avec des séquelles physiques et psychologiques depuis qu'il est tombé dans un hachoir industriel à la Boucherie Huot.

Photo : Radio-Canada

Marie-Pier Mercier

Le jeune travailleur qui s'est coincé la tête dans un hachoir en 2016 à la Boucherie Huot de Lévis vit avec des séquelles importantes, au point où il a dû réapprendre à parler et à marcher.

C'est ce qu'Olivier Bouchard a confié lors de son témoignage, lundi, au procès de de son ancien patron et son fils.

Le 10 novembre 2016, l'employé est monté sur une petite échelle pour déposer de la viande dans un hachoir avant de trébucher. Son bras et sa tête sont restés coincés dans le hachoir.

L’ancien propriétaire, Bernard Huot, et son fils Carl Huot sont accusés de négligence criminelle.

Des séquelles physiques et psychologiques

Olivier Bouchard garde d'importantes séquelles, dont deux cicatrices d’une quinzaine de centimètres sur le côté gauche de la tête.

Son premier souvenir après l’accident : se réveiller à l'hôpital. Il y est resté deux mois. Le muscle de son bras a été coupé et il a subi d’importantes blessures à la tête.

Après l’hôpital, il a passé trois mois à temps plein dans un centre de réhabilitation, où il a réappris à parler et à marcher.

Depuis l’accident, Olivier Bouchard vit avec des problèmes de mémoire. Durant son interrogatoire, il affirme ne pas se souvenir d’événements survenus avant le drame.

Ma mémoire me joue des tours. Je ne sais pas ce que j’ai mangé hier.

Consommation de drogue

Questionné en contre-interrogatoire sur sa consommation de drogue, le témoin a répondu je ne sais pas à presque toutes les questions de la défense.

Il affirme toutefois avoir fumé du pot trois ou quatre fois par semaine le soir, dans le passé. Mais je n’ai jamais fumé sur la job, assure-t-il.

Olivier Bouchard soutient aussi avoir des crises d’épilepsie depuis l’accident, n’avoir aucune motivation, avoir des sautes d’humeur et dormir souvent. Comme là, j’ai le goût d’aller me recoucher.

Arrêter le hachoir

La défense a tenté de savoir en contre-interrogatoire si Olivier Bouchard savait qu’il fallait arrêter le hachoir avant d’y mettre de la viande à l’aide d’un bouton d’arrêt.

Pour rendre la machine fonctionnelle, un électricien a dû contourner le dispositif de sécurité qui empêchait l'appareil de fonctionner lorsque son couvercle était ouvert.

En enquête préliminaire, la victime avait affirmé qu’un collègue le lui avait mentionné, mais en audience, lundi, il déclaré ne pas s’en souvenir.

Me Rénald Beaudry, l’avocat de la défense, a voulu montrer des photos du hachoir en question à Olivier Bouchard pour lui rafraîchir la mémoire. La juge Annie Trudel prendra sa décision en délibéré.

La preuve de la Couronne doit se terminer mardi avec le témoignage d’enquêteurs de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). La défense fera, par la suite, entendre les deux accusés.

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