•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les lacs des Rocheuses perdent leur couleur

Un lac entouré de montagnes et de grands sapins.

La couleur exceptionnelle du lac Louise en Alberta attire des milliers de touristes chaque année.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Bascaron

La couleur émeraude presque surréelle des lacs des Rocheuses pourrait disparaître à cause de la fonte des glaciers, selon les hypothèses de recherche en cours de deux biologistes américains.

Janet Fischer et Mark Olson, professeurs de biologie au Franklin & Marshall College, en Pennsylvanie, étudient la couleur des lacs de cette chaîne de montagnes depuis presque 14 ans.

D'émeraude à brun vert

Ces couleurs changent au fur et à mesure que les glaciers rétrécissent et les lacs perdent en quelque sorte leur bleu si profond. [Cette couleur] se transforme en un bleu plus transparent et, ultimement, possiblement en un brun vert, explique Mme Fischer.

Trois photos juxtaposées d'un lac au milieu de montagnes. Les photos permettent de voir que le lac devient de plus en plus transparent de 2014, 2015 à 2017.

Ces trois photos prises par les biologistes montrent à l'oeil nu la transformation de la couleur du lac Zigadenus dans le parc national Banff.

Photo : Mark Olson

Cette couleur émeraude qui attire des foules de touristes chaque année est due à une fine poudre de sédiments appelée farine glaciaire. Lorsque le glacier fond, les particules de roches broyées sont emportées dans les lacs et restent en suspension dans l’eau. C’est la réflexion de la lumière sur ces particules qui donnent à l’eau des lacs cette couleur particulière.

Nous avons vu des changements de couleur considérables dans six des huit lacs que nous mesurons régulièrement depuis sept ans. Ils perdent de leur opacité à un rythme de 3 à 15 %, observe Mme Fischer.

Fonte de glaciers

L’hypothèse de travail des biologistes est que les petits glaciers à la source de ces lacs rétrécissent un peu plus chaque année, ce qui entraîne de moins en moins de farine glaciaire dans le lac.

Deux personnes sont dans un canot gonflable. La femme porte un gilet de sauvetage et pagaie. L'homme est de dos et tient un câble à la main.

Janet Fischer et Mark Olson étudient les lacs des Rocheuses depuis 2006.

Photo : Sybil Gotsch

Le changement n’est cependant pas qu’esthétique. Cela a des conséquences sur la transparence du lac et donc, la vitesse à laquelle la lumière pénètre l’eau, ce qui modifie la croissance des algues et le réchauffement de ce lac, note Mark Olson.

La structure du lac est fondamentalement transformée, ce qui compromet les organismes vivants de ce système.

Mark Olson, biologiste

Les chercheurs ont installé des capteurs dans cinq lacs des parcs nationaux Banff et Yoho, nourris par de petits glaciers. Ces mesures horaires leur permettront d’observer l’influence des précipitations, par exemple, sur l’opacité de ces plans d’eau et leur résistance sur le plan écologique, à savoir leur capacité à retourner à la normale.

Appel à la mobilisation

Janet Fischer et Mark Olson croient cependant que leur recherche sera applicable à d’autres lacs plus emblématiques comme le lac Louise ou le lac Moraine. Leur source d’eau étant un glacier plus vaste, la fonte pourrait entraîner temporairement plus de farine glaciaire et plus d’opacité du lac. Finalement, ces champs de glace vont rétrécir au point où ils se comporteront comme les lacs dans lesquels nous observons une réduction de la turbidité, explique M. Olson.

La recherche des deux Américains se veut aussi un appel à la mobilisation contre les causes de la fonte des glaciers.

C’est un rappel visuel que nos actions ont des conséquences.

Janet Fischer, biologiste

Ils espèrent transformer leur recherche en documentaire pour sensibiliser le grand public.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !