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La très lente renaissance de Red Deer

La rue principale à Red Deer, avec un local à vendre.

Le centre-ville de Red Deer tente d'attirer de nouveaux commerces dans les locaux vides.

Photo : Radio-Canada / Bryan Labby

Radio-Canada

Longtemps associée au pétrole et à l’agriculture, Red Deer tente de se relever d'une récession qui ne l’a pas épargnée.

Le chemin sera long, pour la mairesse Tara Veer. Il faudra courir un marathon, et pas un sprint, dit-elle. Pour elle, la seule façon d'envisager une embellie économique est d’accepter de se diversifier rapidement. Elle voit la nouvelle université comme un pas dans la bonne direction, tout comme la capacité de la ville à attirer des manifestations sportives majeures telles que les Jeux d’hiver du Canada et une partie des matchs du Championnat mondial junior de hockey.

D'ici là, Tara Veer reconnaît que la Ville doit faire face à de nombreuses difficultés, dont un grand nombre fermetures d'usines et de commerces.

La mairesse de Red Deer, Tara Veer.

Tara Veer tient à ce que sa ville diversifie ses activités économiques rapidement, pour espérer connaître une embellie.

Photo : Radio-Canada / Bryan Labby

Cela a exacerbé les défis auxquels nous faisons face en tant que communauté.

Tara Verr, mairesse de Red Deer

Le conseil municipal vient d’approuver un fonds destiné à revitaliser le centre-ville, afin d’attirer plus de gens du coin d’une part, mais aussi des voyageurs d’un jour ou de quelques heures, désireux de profiter de la situation géographique idéale de Red Deer, située entre Calgary et Edmonton.

Ces bonnes intentions ne suffisent pas pour McLevin Industries. L’entreprise familiale de sidérurgie et de métallurgie, fondée en 1917, est presque aussi vieille que la ville. Or l'ancienneté n’est pas gage de pérennité.

Depuis 2014, les recettes ont chuté de 40 %, et l’entreprise a dû abolir 19 postes. Les propriétaires actuels, la troisième génération de McLevin, avouent travailler gratuitement depuis quelques années déjà.

Depuis 2014, nous suivons le plan B : nous restons ici, faisons de notre mieux et voyons ce qui va se passer, admet Linda McLevin.

Notre sentiment, c’est qu’il n’y a pas de lumière au bout du tunnel.

Linda McLevin

Le social touché de plein fouet

Les fermetures d’entreprises ont pour effet de dégrader l’atmosphère sociale, selon la mairesse. Il y a moins de quiétude au centre-ville en raison des problèmes liés à l’itinérance et au centre d'injection supervisée.

La banque alimentaire est débordée, selon la directrice adjointe, Alice Kolisnyk.

La banque aide plus de 50 familles par jour et doit faire face à des problèmes comportementaux qui sont les conséquences de la crise. Les gens sont plus stressés, notamment parce qu'ils ne peuvent pas nourrir leur famille, et certains s’en sont déjà pris aux membres de l’équipe et aux volontaires, explique Alice Kolisnyk.

Aux Services familiaux du Centre de l’Alberta, la directrice, Judy Scott, explique que la demande des familles touchées par la crise a explosé.

Et, comme un problème ne vient jamais seul, l'organisme risque de perdre des fonds alloués à des services tels que les visites à domicile et le soutien aux compétences parentales. Une vingtaine d’employés pourraient également perdre leur travail d’ici la fin de mars, selon Judy Scott.

Un marché immobilier en demi-teinte

En 2019, il y a tout de même eu plus d'espaces industriels occupés que d'espaces vides, pour la première fois depuis 2014.

Ce bilan en demi-teinte n’est pas suffisant pour les professionnels du marché immobilier. Il n’y a pas grand-chose qui fait pencher la balance vers l’optimisme. Globalement, quand on voit ce que les gens pensent du marché, c’est assez négatif pour la suite, explique Brett Salomons, de l’agence immobilière Salomons Commercial.

Plusieurs compagnies pétrolières ont fermé boutique et ont déménagé en Colombie-Britannique, aux États-Unis ou ailleurs en Alberta.

Pour Brett Solomons, une combinaison de plusieurs facteurs a mené à cette situation : un manque de capacité pipelinière, le changement climatique ainsi que ce qu'il définit comme des « politiques fédérales anti-albertaines » mettant de la pression sur la principale industrie de la province.

Globalement, la confiance en l’avenir est à un niveau plus bas que jamais.

Brett Salomons

Le taux d'inoccupation des bureaux du centre-ville est de 15 %, alors que celui pour les espaces industriels vient de descendre sous les 10 %, ce qui ne s'était pas produit depuis plusieurs années.

Le parc industriel Edgar, le plus grand de la ville avec près de 300 000 mètres carrés, n'est pour sa part rempli qu'à 85 % de sa capacité.

Un immeuble blanc situé dans le parc industriel Edgar.

Le parc industriel Edgar, d'une superficie de presque 300 000 mètres carrés, a un taux de vacance de 15 %, alors que pour les autres espaces industriels, ce taux se situe à 10 %.

Photo : Radio-Canada / Bryan Labby

Du côté des particuliers, entre l’été 2017 et la fin de 2019, le prix moyen d’une maison est passé de 334 000 $ à 290 000 $. C'est une chute de 13 %.

Un espoir tout de même

DataCan fait un peu figure d'exception à Red Deer. L’entreprise qui fabrique des équipements de surveillance pour l’industrie pétrolière et gazière a embauché une vingtaine d’employés depuis 2018 et vient d’ouvrir un bureau au Texas. Son succès vient de la répartition géographique de ses clients, qui sont dispersés partout dans le monde, ce qui a aidé l’entreprise à échapper à la récession qui a touché la province.

James Wright, l’un des cofondateurs de DataCan est formel : pour que Red Deer s’en sorte, les gens doivent croire en l’industrie. Car, s’ils ne le font pas, les choses pourraient se corser ici, et cela serait facile de réallouer en Alberta, au Texas, au Dakota du Nord ou au Colorado des sommes qui auraient pu être injectées dans l'économie de la région, conclut-il.

Avec les informations de Bryan Labby

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Affaires municipales