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Un vétéran qui a tué sa famille a été « victime de défaillances systémiques »

Lionel Desmond assis, en uniforme et avec son arme en Afghanistan.

Lionel Desmond, caporal à la retraite (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une enquête très médiatisée sur la mort de Lionel Desmond, un vétéran de l’Afghanistan, et de sa famille débute à Guysborough. Le système de santé de la province ainsi que les services sociaux sont visés.

Le vétéran Lionel Desmond souffrait du syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Il a tué sa mère, sa femme et sa fille avant de s’enlever la vie le 3 janvier 2017.

Âgé de 33 ans, Lionel Desmond était un caporal à la retraite. Les médecins ont diagnostiqué chez lui un SSPT à son deuxième retour d'Afghanistan, en 2007.

Le médecin légiste en chef de la province à l'enquête, le Dr Matthew Bowes, a été le premier témoin à être appelé à l'ouverture de l'enquête. Il est aussi la personne qui a obligé la province à ouvrir une enquête en premier lieu.

Le Dr Matthew Bowes a déclaré que Desmond et sa famille ont été victimes de défaillances systémiques qui n'ont pas permis de détecter l'escalade de la violence domestique.

Le médecin légiste mentionne que sa propre enquête a révélé qu'il y avait des problèmes dans le transfert des informations des médecins qui ont traité Lionel Desmond dans différentes provinces. Selon lui, les dossiers détenus par le ministère de la Défense et d'autres agences fédérales n'ont peut-être pas été filtrés jusqu'à ses cliniciens en Nouvelle-Écosse.

Cela a peut-être constitué un obstacle aux soins de santé mentale de M. Desmond, a-t-il remarqué.

Lui-même n'a pas pu obtenir ces dossiers en tant que médecin légiste provincial.

Le médecin légiste a souligné qu'une personne souffrant d'une maladie mentale aiguë peut vraisemblablement éprouver de la difficulté à gérer une bureaucratie supplémentaire.

Je pense que le test ultime d'un système n'est pas de savoir si nous pensons qu'il est raisonnable, mais de savoir comment les clients le vivent réellement, a indiqué M. Bowes.

Et d'après les informations que j'ai pu obtenir, c'est que M. Desmond a eu des difficultés avec ça.

Cauchemars récurrents

Les avocats des médecins qui l'ont vu à Fredericton, à Guysborough et à Antigonish ont déclaré que Lionel Desmond continuait de faire des cauchemars et d’être hanté par des visions 10 ans après son retour de guerre.

D'après M. Bowes, si Lionel Desmond n'avait pas souffert pas de SSPT, de troubles dépressifs majeurs et d'autres maladies, il n'aurait pas tué sa famille.

Il a dit qu'il espérait que cette enquête aura des effets positifs considérables en changeant la façon dont la province gère les services de santé mentale et de violence conjugale.

M. Desmond a montré des signes avant-coureurs [de violence conjugale] qui n'ont pas été détectés par ses cliniciens, a-t-il dit.

Si nous sommes capables de tirer des leçons de la mort de M. Desmond et de sa famille, cela pourrait aider des centaines ou des milliers de personnes qui occupent des emplois stressants.

Il est également essentiel de combler le vide politique qui a permis à M. Desmond d'obtenir un permis de port d'arme, a ajouté M. Bowes.

Le fait qu'une arme à feu ait été placée entre les mains de cet homme est un échec, a-t-il regretté.

Je pense que la plupart des gens seraient d'accord pour dire qu'une personne ayant des problèmes de santé mentale ne devrait pas avoir accès à une arme à feu.

Violence conjugale

Il a également affirmé qu'il se sentait obligé de lancer l'enquête dans le but de prévenir d'autres drames familiaux.

Il ne peut y avoir de discussion sur les morts causées par la violence conjugale à moins que nous ne sachions combien il y en a et où elles se produisent, a-t-il dit.

Et toutes les discussions sur la prévention impliquent de réduire ce nombre - donc si nous n'avons pas de chiffre, nous n'avons pas de point de référence.

Il a toutefois émis des réserves quant à la recommandation d'une enquête sur les décès, comme la portée d’une telle enquête serait limitée à la Nouvelle-Écosse et que les deux institutions essentielles à ce qui s'est passé - le ministère de la Défense et des Anciens combattants - sont au fédéral et ne seraient pas incluses.

Il a dit au juge Warren Zimmer qu'il craignait que les recommandations ne provoquent pas de changements dans ces ordres supérieurs de gouvernement, ce à quoi l’une des sœurs de Lionel Desmond a acquiescé discrètement d'un signe de tête.

Contrairement à une enquête publique dont les conclusions ont un poids juridique, une enquête sur un décès débouche sur des recommandations et ne rejette aucun blâme sur les institutions ou les personnes.

Enquête

Quelques mois après la tragédie, des proches et des membres de sa famille se sont plaints publiquement. Ils soutiennent que Lionel Desmond avait tenté d’aller chercher de l’aide à maintes reprises, mais qu’il n’avait pas reçu l’aide psychologique adéquate à son état.

L’enquête vise à déterminer si Lionel Desmond a eu accès aux services auxquels il avait droit.

Elle vérifie également si les prestataires de soins de santé et services sociaux de la province qui l'ont suivi étaient suffisamment formés pour reconnaître les symptômes du syndrome de stress post-traumatique et les signes de violence conjugale.

Le 3 janvier 2017, Lionel Desmond s’est rendu dans un commerce pour s’acheter un fusil. Il a ensuite assassiné sa conjointe, alors âgée de 31 ans, leur fille de 10 ans, nommée Aaliyah, ainsi que sa propre mère, Brenda, 52 ans.

Il s’est ensuite suicidé avec l’arme en question dans leur domicile, situé à Upper Big Tracadie, en Nouvelle-Écosse.

L’enquête vise aussi à déterminer si Lionel Desmond pouvait ou non acheter une arme.

Puisque les parents de Desmond ont changé d’avocat en novembre dernier, l’enquête avait été ajournée.

Avec les informations de CBC

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